Rentrée des séries 2011 : les survivants

Mes tomates vertes, alors que le mois d’octobre est maintenant bien entamé, avec les jours qui raccourcissent et la fin du beau temps (sauf pour ces enfoirés de la Côte d’Azur, comme d’hab), il est temps de faire le bilan (provisoire) (mais bon, ne va pas croire que j’aurai de nouveau le courage d’en faire un dans trois mois, hein) de la rentrée des séries. Parce que oui, en octobre, tout le monde, ou à peu près, à repris le téléchargement visionnage en streaming de ses séries US préférées. Et en a adopté de nouvelles, si jamais sa vie sociale est suffisamment vide. Mais il y a eu du vide à faire au passage, tout de même.

Les nouveautés déjà jetées par leur diffuseur
The Playboy Club
Pas jeté par moi, mais par son diffuseur NBC. Dommage, dans la mesure où c’était une des rares nouveautés série de la rentrée à fort quota LGBT, avec Amber Heard et Sean Maher, deux acteurs out. Pour le reste, je ne vais pas commenter, j’ai pas regardé de toute façon.
How To Be A Gentleman
Kevin Dillon (Entourage) fait un premier comeback en sitcom. Il devra en faire un autre. Le petit frère de Matt se plante rapidement avec cette histoire, annulée au bout de trois épisodes diffusés (et neuf tournés), de deux mecs que tout oppose mais qui vont s’entendre, se compléter pour être plus forts face à l’adversité, et accessoirement devenir potes. Andrew Carlson (David Hornsby, le mari d’Emily « Bones » Deschanel dans la vraie vie) tient une rubrique sur l’élégance dans un magazine, mais se retrouve obligé, à cause de nouveaux actionnaires, de ré-orienter sa rubrique vers un public plus jeune et plus beauf (traduction : parler de cul, de meufs et autres loisirs de mecs, et plus de codes vestimentaires ou de règles de vie en société). Ce challenge professionnel intervient en même temps que ses retrouvailles avec un ex-camarade de lycée qui avait plus tendance à le martyriser qu’autre chose, mais qui veut faire amende honorable. C’est un peu light comme pitch, et pas super drôle, mais ça aurait mérité de petits ajustements avant de dégager des grilles de programme…
Les nouveautés qui vont vivre au moins une saison
Ringer
Sept ans après la fin de Buffy contre les vampires, Sarah Michelle Gellar, l’icône de ma génération (avec Britney Spears) (ma mère les confond), est de retour avec cette série aux accents hitchcockiens (du moins sur le papier). Elle y incarne Bridget Kelly, ex-strip-teaseuse témoin d’un meurtre mafieux, et la sœur jumelle de celle-ci, Siobhan Martin, une riche femme mariée. Alors que le mafieux contre qui elle doit témoigner souhaite la supprimer, Bridget s’enfuit en douce chez sa soeur jumelle, dont tout le monde semble ignorer l’existence. Siobhan, quant à elle, n’a rien dit non plus à son entourage de l’existence de Bridget. Alors que les deux soeurs se retrouvent et semblent tisser des liens, Siobhan disparaît en mer, laissant Bridget seule face à une opportunité toute simple qui lui sauve apparemment la mise : prendre la place de sa sœur jumelle, sans que personne ne s’en aperçoive. Mais Siobhan ne menait pas une vie si claire que cela…
La série est assez étrange, avec un climat très stylisé (c’est diffusé sur CW, la chaîne des séries avec des gens beaux et riches dedans) auquel on peut avoir du mal à accrocher, mais comme c’est avec Sarah Michelle Gellar, on se force à un minimum de mauvaise foi et on laisse sa chance au produit, au moins pour une saison.
New Girl
J’ai un peu de mal avec Zooey Deschanel, sorte de sosie hype de Katy Perry à propos duquel tout le monde s’acharne à crier au génie dès qu’elle fait un truc depuis deux ou trois ans (500 jours ensemble, qui ne m’a fait ni chaud ni froid alors qu’apparemment c’est ZE film de l’année 2009, ou She and Him, son groupe rock-folk qui pue la haïpe à dix kilomètres, ou encore son blog Hello Giggles). J’ai un peu de mal à accrocher à cette série, également : on y cause de trois mecs en colocation, qui se retrouvent soudain affublés d’une coloc, Jess (Deschanel, donc), qui vient de se faire larguer un peu salement par un hétéro naze. On ne sait pas trop si la série se veut hilarante ou poétique, si le point de vue est celui des garçons ou de la fille, s’il y a un « enjeu » dans l’intrigue, mais apparemment ça marche pas mal et son diffuseur, la Fox, a décidé de lui laisser une saison pour s’installer.
Suburgatory
Mélange de « suburban » et de « purgatory », Suburgatory suit un père célibataire cool de New York (Jeremy Sisto, l’inoubliable Billy de Six Feet Under) qui décide de migrer avec sa fille ado vers une banlieue chicos. Deux mondes se rencontrent alors. Supposés être dans un rejet permanent de la banlieue, les citadins sont donc censés avoir du mal à s’adapter à ce milieu plouc, fait d’air pur, de résidences proprettes et de familles de gros beaufs replets engoncés dans leur richesse et leur superficialité. Le père, George, découvre la place à la fois inconfortable et enviable de père célibataire chez les desperate housewives, tandis que sa fille Tessa fait la douloureuse expérience d’être différente au lycée (comme toute bonne héroïne de série) (on pourrait croire que venir de Manhattan fait de vous une personne cool dans un lycée de banlieue, mais en fait non) (pas de bol). Dit comme ça, on dirait une série qui aurait été refusée par MTV. Et c’est vrai que dans les faits, c’est ce dont ça a l’air. Heureusement, les scénaristes ont eu l’inspiration de quelques bonnes répliques (« That’s so lame that your mum died, beeyotch »), et Jane Levy joue à merveille de sa ressemblance avec Emma Stone.
2 Broke Girls
Très old school dans sa conception (deux personnages principaux que tout oppose, des allers-retours de décors entre appartement et boulot, un éclairage dégueulasse, des rires enregistrés, un réalisme inexistant), mais un auteur, Michael Patrick King (Sex and the city), et deux actrices bien castées : bonnes dans leurs rôles, mais également capables d’une bonne alchimie entre elles (et pourtant, à les voir comme ça, on n’aurait pas dit). Dommage que les seconds rôles soient pour le moment assez minables (et limite racistes). On ne sait pas trop comment on va réussir à durer comme ça, mais pour le moment on rigole bien.
Les séries dont on a regardé le pilote et qu’on a envie de dégager vite fait
Twentysomething
Deux crétins (un gars et une fille) dans la vingtaine, qui vivent comme des branleurs ratés dans un appart’ pourri et qui ne décollent pas de leurs jobs crasseux dans des rades minables depuis qu’ils ont sauté la case études 1/ s’aperçoivent qu’ils sont jaloux que toute leur promo de lycée se pose et ait du fric et pas eux, et 2/ se font jeter par leur proprio parce qu’ils déglinguent leur habitat à force de faire des fêtes et de gerber partout. Oh la la, ta gueule… A la fin du premier épisode, personnellement, je me foutais complètement de savoir s’ils allaient retrouver un toit. Ce n’est pas parce qu’on caste des faces de loosers qui se la jouent gros nerds asociaux/outkasts qu’on fait du Little Miss Sunshine, les gars.
Terra Nova
Euh, lol, c’est donc ça le gros projet ultra-coûteux qui va coûter un bras à la Fox s’il se plante ? Il faudra m’expliquer comment Steven Spielberg, qui réalisait Jurassic Park il y a près de vingt ans, a pu se retrouver producteur exécutif d’un truc aussi bof-bof, avec des effets spéciaux de jeux vidéos et des dinosaures tout moches. Le pitch ? Avant de rejoindre le projet Terra Nova (en gros, comme la Terre est devenue inhabitable en 2149, on envoie les humains au compte-goutte sur la planète Terre du passé, mais dans une dimension parallèle à l’époque des dinosaures pour redémarrer une civilisation « propre ») (euh… re-lol ?), la famille Shannon est un peu dans la mouise : monsieur est en prison (mais pas madame) pour avoir frappé un policier du « contrôle de population » qui venait contrôler sa maison (oui, en 2149, on n’a pas le droit d’avoir plus de deux enfants, car on manque déjà assez d’air comme ça) (mais les Shannon, relous ambitieux, en ont pondu trois), et madame se débrouille avec les enfants. Comme elle est médecin, elle est recrutée pour le très sélectif projet Terra Nova, avec ses deux enfants (mais sans la troisième, dont on ne sait pas trop où elle est, mais bon, il vont l’embarquer quand même dans un sac à dos). Monsieur s’évade de sa prison de haute sécurité et intègre en douce le projet ultra-sélectif en entrant par une porte de service (mais bien sûr). Outre le scénario improbable (pour ne pas dire ridicule) au possible, la série semble ne s’intéresser qu’à ce qui se passe après l’arrivée sur « Terra Nova » (relations entre les gens, anciennes expéditions arrivées sur place avant les autres, cohabitation avec les dinosaures)… Mais rien de pertinent sur 2149 : comment la technologie permettant le projet Terra Nova a-t-elle été développée ? Si on ne fait que des allers-simples vers Terra Nova, comment y a-t-on construit une base militaire et des maisons en dur au milieu des territoires de dinosaures sans se faire bouffer ? Comment a-t-on réussi à y envoyer des gens dans des proportions gérables, s’il n’y a pas de communication entre le monde de 2149 et Terra Nova ? Comment est-on promu dans le progamme Terra Nova si on a violé la loi consistant à n’avoir que deux enfants ? Entre ses trois ans et le jour où on la retrouve dans son sac à dos, où était Zoé ?… Bref, dans les années 90, ça aurait été novateur et on lui aurait pardonné ses approximations, mais en 2011, Terra Nova est juste trop débile pour moi…
Revenge
Petit souci de charisme pour cette série d’ABC dont aucun personnage n’est attachant, et dont l’intrigue (une sorte de variation sur le thème du Comte de Monte-Christo) (quinze ans plus tard, méconnaissable, je reviens pour me venger de ceux qui ont causé ma disgrâce et continuent de se gaver impunément), bien que convenue, ne semble pas très crédible. Dommage, car les méchants, eux, ont l’air particulièrement retors (Madeleine Stowe, très très vilaine).
Secret Circle
Encore des ados surnaturels. Après les vampires et les loups-garous, voici les sorcières. Sérieux, les gens, matez-vous l’intégrale de Buffy et foutez-nous la paix. Depuis Twilight et sa ridicule parodie involontaire (?) sortie cet été sous le titre honni de Teen Wolf, ou encore les Neuf Vies de Chloe King, je sature complètement de cette tendance relou destinée aux adolescents fossilisés devant MTV. J’étais un adolescent fossilisé devant MTV il y a dix ans, je ne suis plus la cible. Et franchement, ces jeunes héros neuneus qui mettent dix piges à comprendre qu’ils ont un truc surnaturel et qui ont besoin d’une scène dramatique et tremblotante de « révélation surprise » face à un autre ado mystérieux qui, lui, maîtrise grave le surnaturel, bah ça me soûle. Je n’ai absolument rien à battre de savoir ce que va devenir la pauvre Cassie Blake.
Awkward
Non, rien à faire… Les séries MTV ont du mal à prendre. Ici, malgré une bande-annonce assez prometteuse, pas vraiment de trucs drôles à se mettre sous la dent, ni de dépassement des clichés éculés sur les lycées américains, qui semblent n’être qu’une lutte permanente pour être populaire ou, a minima, se faire remarquer. Vous avez pas un bac à préparer, les gars ?
Wilfred
Ovni bizaaroïde pas très drôle avec Elijah Wood, qui joue un dépressif sur le point de se suicider qui, après s’être vraisemblablement raté, se découvre le don de parler avec le chien de sa voisine, lequel se met à lui prodiguer des conseils pour vivre une vie plus spontanée et plus conforme à ses désirs. Pour la commodité de tous, le chien apparaît sous les traits de Jason Gann dans un costume de carnaval. Okkkaaaayyy…
Les séries qui reviennent
Outre les habituelles séries médicales et autres joyeusetés que je ne regarde pas (Grey’s Anatomy, House, etc.) (et c’est pas cette année que je vais commencer), il y a…
Happy Endings
L’air de rien, on a réussi à recycler Elisha Cuthbert, qui peinait un peu depuis 24. La série est vraiment sympa, sans pour autant se la jouer ni proposer quoi que ce soit de culte : elle est juste bien écrite. Il n’y a pas vraiment d’enjeu et on ne sait pas trop où ça va, mais on aime bien l’esprit de groupe qui règne ici, proposant une variation assez réussie et pas trop redondante du pourtant vu et revu groupe de Friends. Pas un charisme de malade du côté des acteurs, mais une vraie écriture et une ambiance bon enfant très attachante.
Desperate Housewives
Je crois que je suis la seule personne que je connaisse qui pourra se vanter un jour de s’être enfilé les huit saisons sans broncher. L’audience n’est plus au rendez-vous, le chant du cygne est bien triste, mais sur moi, ça continue à marcher.

Modern Family
Si tu ne connais pas encore (vraiment ??) Modern Family, malgré les appels du pied de toutes les cérémonies américaines de récompenses qui te crient « Mais si, vas-y, c’est trop bien ! »… bah je ne sais pas trop quoi dire pour te convaincre, en fait. La saison 3 peine un peu à démarrer, il n’y a pas vraiment de fil rouge ni d’intrigue supposée nous porter à travers les semaines (à part peut-être le second projet d’adoption de Mitchell et Cameron), mais chaque épisode continue à faire le job. Je continue à adorer chaque personnage, avec une petite préférence pour Manny et pour Alex, les deux enfants trop mûrs et incompris de la lignée. Et Stella, le formidable bouledogue français inexpressif de Jay. 
Glee
Bon, ce n’est plus aussi tendance qu’il y a encore un an, et la saison 2 a fait un peu de mal à la hipness de Glee (ça et le matraquage médiatique et musical, probablement), mais la saison 3 est assez prometteuse, avec un vrai enjeu : que faire de tous ces lycéens qui, rappelons-le, sont en terminale et seront donc bacheliers à la fin de la saison (et devront donc, au moins pour une partie d’entre eux, partir) ? Une échéance qui pousse, pour le moment, les scénaristes à introduire progressivement de nouveaux personnages, plus jeunes, dans une intrigue générale un peu bordélique, en espérant que tout se goupille bien d’ici le printemps prochain, et que les personnages sur le départ auront droit à une sortie décente.

How I Met Your Mother
Le seul truc plus honteux et encore moins hype que regarder Ugly Betty en avril 2010, c’est très probablement de regarder HIMYM (et son raccourci grotesque) en octobre 2011. Mais bon, c’est pas comme si j’avais du goût, non plus…
Me restent à essayer : Pan Am, Person of interest, Up all night, American Horror Story, Switched at Birth… D’autres ?

2 réflexions au sujet de « Rentrée des séries 2011 : les survivants »

  1. C'est dommage, dans 'New Girl', il y avait Damon Wayans Jr, qui jouait Coach dans le pilote (bon potentiel : le seul à ne pas avoir une vague envie de se taper l'héroïne), mais il a dû quitter la série dès l'épisode 2 car 'Happy Endings' a finalement été reconduite…

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