Le cas du lit-mezzanine

(Ce truc veut dire « Bienvenue », nan ?)

L’inspiration fluctuante, si tu es lecteur/trice régulier/ère de ces lieux, on peut dire que tu connais. En ce moment, je suis en plein doutage, car comme tu le sais peut-être, ma vie s’apprête à changer. Dans quelques semaines, je vais être coupé du monde et de l’Internet mondial pendant des jours déménager de mon clapier pour régulariser ma situation matrimoniale. Entendre par là que je vais emménager avec l’Homme. Enfin bon, si ça te fait plaisir de m’adresser les félicitations de rigueur et des chèques pour ma future dot, ne te gêne surtout pas, mais en vrai y’a pas de quoi se gondoler : pour emménager ensemble, encore faudrait-il qu’on ne vive pas déjà très concrètement ensemble, hein.

Mais cette fois-ci, c’est le grand bond en avant de l’émancipation parentale, de la confiance pré-nuptiale et de la grandiloquence de l’adultage (je ne comprends plus ce que j’écris, merci de reprendre la lecture dans quelques lignes) : car ça y est, cette fois c’est un appart’ de grand, avec des vrais meubles pas Ikea et pas récup’ familiale dedans (on va essayer, quoi), trouvé tout seul (ou presque), sans caution parentale et sans piston, où on va payer le loyer à deux. Vu d’ici, ça donne le vertige. Et toi, frère Skippy, ne vois-tu pas la question de l’argent venir s’insinuer dans l’amour et l’eau fraîche de mes émois sentimentalo-immobiliers ?
Si, probablement. Je ne me voyais pas devenir épouse de banlieue avant mes 35 ans, mais il paraît que nous sommes une génération en avance sur les tendances (j’ai lu ça dans une revue du web d’un site dont je ne me souviens plus).
Mais le vrai enjeu de cette nouvelle cohabitation est en contradiction avec ces riants objectifs de vie adulte , car crois-le ou non (mais c’est mieux si tu le crois) : y’a une mezzanine dans la piaule. Nan, pas une vraie mezzanine style loft en duplex trop stylé genre j’ai un loft en duplex dans un ancien atelier d’artiste de Belleville. Nan. Un lit-mezzanine.
« Studio coquet avec chambre indépendante et espace cosy »
Ouais, le truc que tu as supplié tes parents de t’offrir pour ta chambre quand tu avais quinze ans (parce que tu étais convaincu que tu réussirais à aménager en-dessous un espace salon/bureau cosy comme dans le catalogue Ikea, et que ça te donnerait ainsi l’impression de posséder ton premier micro-studio indépendant de la maison familiale) (malheureux) avant de bien déchanter et d’exiger, avant tes dix-huit ans, qu’on t’en débarrasse. Il faut dire que, de deux choses l’une (voire, dans les pires cas, de deux choses les deux) (pfff…) : soit c’est trop bas en-dessous et tu te cognes la tête dès que tu te lèves de ton bureau / canapé pliant-mais-cosy-pour-les-invités, soit c’est trop haut et du coup, tu fais des crises d’angoisse et des nuits blanches à force de dormir à 23 centimètres de ton plafond (et de craindre l’instant où, mal éveillé et les yeux collés, tu te cogneras le front en émergeant de ton oreiller)…
La bonne nouvelle, c’est que la mezzanine généreusement proposée par mon futur nouveau propriétaire n’est pas trop haute. Vu qu’il y a plus de trois mètres sous plafond, c’est pas demain la veille que je vais me choper la bosse des maths. Et comme il y a une autre pièce (en plus de la chambre) (dingue), je ne serai pas obligé de zoner dans le cagibi bas de plafond aménagé sous la mezzanine.
En gros, on s’en fout, de la mezzanine. Mais bon, à l’approche des trente ans (j’ai un peu de marge, hein, mais bon), est-il bien raisonnable de grimper dans son lit chaque soir via une pseudo échelle de secours, et surtout d’en descendre, le matin, l’œil collé et la jambe flageolante, pour baisser le volume sonore du réveil-matin qui te balances un peu violemment une chanson d’Enrique Iglesias une interview de François Bayrou ?
Et surtout, ce truc va-t-il s’écrouler pendant notre sommeil ?
Il me paraît donc évident que d’ici la fin de l’année 2011, je me serai soit cassé un pied en tentant une manœuvre audacieuse sur l’échelle (genre descendre les yeux fermés pour simuler un sommeil réparateur à 8h du mat’), soit encastré la tronche dans l’espace cosy sous la mezzanine en emportant oreillers, couette, Homme et matelas dans ma chute. Ces perspectives hantent mes nuits alors que je ne suis même pas encore dans le nouvel appartement… Je te l’avoue sans détour et sans honte : entre l’appart’ avec lit-mezzanine et la maison d’American Horror Story d’Amityville, je ne sais pas où j’aurais le plus peur de vivre…

5 réflexions au sujet de « Le cas du lit-mezzanine »

  1. Moi comme d'hab je suis d'accord avec Pirouette et donc…je dis non, itou !
    Après, j'ai bcp d'entrainement avec ce genre de lit donc je peux faire des cascades rocambolesques la dessus…ca egaye n'importe quelle soirée !

  2. @Pirouette : Je crois (mais je n'y étais pas) que DJ Mehdi est tombé d'une vraie mezzanine, tu sais.

    @Jungle Ju : Et si je créais un dressing géant en-dessous ?

    @Cacahuète : « cascades rocambolesques », hein… ? Et sinon, concrètement, est-ce que ça veut dire que ça grince quand on nique ?

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