Mohombi viole les 90’s

Bon, les gars, je veux pas passer pour un réac, hein. Après tout, on en a vu d’autres avant. Mais là, c’est pas possible. POURQUOI ? Quelle peut bien être l’utilité artistique, même d’un point de vue « pédagogique » (pour faire découvrir les Cranberries à un public né après 1995, par exemple ?), de se livrer à un tel massacre ?

Mohombi, pour rappel, c’est ce chanteur qu’on serait plus ou moins en droit de confondre avec Taio Cruz ou avec Pitbull, qui fait du single dance à vocation essentiellement macumbesque. Qu’il veuille expérimenter des choses pour donner à son art une dimension plus intéressante, pourquoi pas. Mais là, NON. Comment prendre un fleuron du rock pop des années 90 et en faire une soupe R’n’B pseudo bogossifiante ? Demandez à Mohombi !
Je peux comprendre la tentation d’aller piocher dans d’anciennes chansons. Les samples ont permis de donner naissance à quelques-uns des meilleurs titres dance et électro de ces dernières années. Un peu plus tôt dans l’année, on a eu droit à une reprise douteuse du ‘Show Me Love’ de Robin S. par Jason Derüüüüüülo, dans le même genre. Mais bizarrement, reprendre un morceau dance dans un autre morceau dance, ça passait un peu mieux (comme quoi il y a bien un peu de snobisme / guerre de chapelles musicales dans la réaction épidermique que suscite ce truc) (sans que cela n’empêche la reprise de ce pauvre Jason d’être complètement inutile, néanmoins).
A la limite, que tu confrontes une mélodie au challenge d’un genre musical un peu plus putassier, je peux aussi le comprendre (même si l’intérêt musical n’est pas des plus grands) : quand tu pousses l’idée jusqu’au bout, ça te donne un truc du genre Urban Renewal l’album de reprises de Phil Collins pondu en 2001 par quelques rentiers du R’n’B américain (Montell Jordan, Brian McKnight, Kelis, Lil’Kim et autres), qui présentait au moins l’intérêt (relatif, certes) d’être une démarche d’album-concept, et qui nous avait valu ce grand moment de solitude :

Après tout, pourquoi pas.

Mais là, c’est à peine mieux que Kate Ryan profanant reprenant France Gall (et pourtant y’avait du niveau). Évidemment, il est fort probable que Dolores O’Riordan et ses potes n’y soient pas pour grand’chose. Mais bon, pour la forme, boycottons cette horreur et allons nous laver les oreilles sur la chaîne des Cranberries qui, contrairement à un tas d’artistes des 90’s/début 2000’s, ont pris la peine de mettre des versions en résolution décente de leurs clips sur une vraie chaîne dédiée en ligne.

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