10 mauvaises raisons d’aller voir « L’Amour dure trois ans »

Il est sympa, Frédéric Beigbeder. Dans le genre, je veux dire. Et par genre, j’entends dandy télégénique à tendance plus ou moins sulfureux qui surjoue un peu son rôle pour montrer que l’esprit Canal n’est pas mort et qu’on peut, avec panache, élégance et costume Tom Ford impeccablement coupé, déblatérer des histoires de cul ou des blagues un peu crade pour faire sursauter le téléspectateur d’un petit rire gêné. Dans le genre, Beigbeder n’est pas plus agaçant qu’un Ariel Wizman, en somme. Au moins sent-on chez lui un soupçon de bourgeois désolé de n’être pas capable d’autre chose que de papillonner et mondaniser.

Donc, lorsqu’il a commencé, il y a quelques semaines, à vanter par voie médiatique son film L’Amour dure trois ans, qu’il désignait, au détour de son émission Le Cercle (car le monsieur est aussi présentateur sur Canal Plus, ce qui n’est pas anodin), comme « le meilleur film de Frédéric Beigbeder » (logique, hein, puisque c’est le premier) (Frédéric Beigbeder est le lol), je me suis dit que ce serait peut-être sympathique. D’autant que la critique semblait suivre (pas seulement celle du Cercle) et qu’il y avait un casting apparemment intéressant : JoeyStarr, Frédérique Bel, Jonathan Lambert, Nicolas Bedos… Voila au moins qui rendait curieux. Pourtant, et  en dépit même de leur attrait, certains des atouts du film le plombent, quand d’autres éléments, plus problématiques, le coulent carrément. Il y a donc (tu sais comme j’aime les listes), après visionnage, dix mauvaises raisons d’aller voir le meilleur film de Frédéric Beigbeder.
1) Louise Bourgoin a des seins et n’a pas peur de s’en servir
Nan mais là, c’est plus possible. J’aime beaucoup Louise Bourgoin. J’ai longtemps trouvé qu’elle avait été la meilleure miss météo depuis des années sur Canal Plus. Mais là, il faut qu’elle fasse quelque chose. Qu’elle prenne des cours de comédie. Qu’elle se fasse un peu torturer par un réalisateur sadique qui aura envie de la diriger d’une main de fer. Qu’elle essaye de faire un bon gros rôle dramatique qui tâche. Bref, quelque chose. Depuis qu’elle fait du ciné, j’ai l’impression de la voir jouer sans cesse le même rôle, mais avec un nom et un costume différents. Sa seule composition est celle de cette fille qui mène une vie un peu greluche de miss météo, qui sait qu’elle est jolie mais qui s’en fout parce qu’elle est cool et rock’n’roll. En 2008, ce personnage de fille cool était sympa quoiqu’un peu facile pour son premier film La fille de Monaco. En 2010, ce personnage de fille cool était plutôt intéressant et donnait une vision assez décalée du personnage d’Adèle Blanc-Sec. En 2011, ce personnage de fille cool était complètement à côté de la plaque dans le de toute façon très raté Un heureux évènement (le genre de film dramédie à la française, où tu sais jamais si tu dois rigoler, pleurer ou être stressé) : franchement, dans la catégorie fille douce qui découvre avec surprise qu’elle est moyen faite pour la maternité gnangnan, elle n’était pas très crédible. Une ou deux répliques du film étaient un peu provoc’, mais elles auraient été d’autant plus savoureuses dans la bouche d’une fille ayant une aura beaucoup plus niaise (voir Louise Bourgoin jurer comme un charretier = aucun intérêt, aucun effet de surprise ; voir Isabelle Carré ou Deborah François dire des saloperies = beaucoup plus drôle)…
Bref, Louise Bourgoin cherche encore un vrai premier rôle à succès pour la porter au firmament des actrices populaires, mais pour l’instant, elle joue toujours la même chose. A ce jour, sa seule composition à peu près intéressante était dans le mésestimé L’Autre Monde, de Gilles Marchand (pas un excellent film, mais tous les acteurs y sont plutôt bons). Dans L’Amour dure trois ans, elle nous refait le numéro habituel de « Louise Bourgoin, mais hors d’un plateau de Canal Plus », et comme dans chaque film, elle nous montre un peu ses seins. Elle pense peut-être que ça la valorise comme « actrice pas pudibonde qui prend des risques », et que ça va donner au public l’impression qu’elle a joué dans l’équivalent moderne des Valseuses ?
2) Gaspard Proust est moche (ce qui est un vrai problème pour un beau gosse)
Nan mais sérieux, ils sont allés le chercher où, ce gars-là ? Dans une pub pour le Saint-Albray ? A chaque fois que je le voyais à l’écran, causer avec ses manières affectées de jeune intello bourgeasse mondain, je me disais la même chose : « Bon, sérieusement, qu’est-ce qui s’est passé ? Louis Garrel n’était pas disponible, c’est ça ? Sûrement occupé à tourner son 56ème film de Christophe Honoré… ». Encore une fois je vois les critiques de ciné crier au génie et je ne comprends pas. Si ce jeune homme est un alter ego à peu près correct du Beigbeder raffiné et tête-à-claques qu’on voit à la télé, il est nettement moins convaincant en fêtard mondain un peu trashos qui sniffe de la coke dans les nichons de la barmaid des Bains-Douches. Quand il est crédible en Beigbeder-like (écrivaillon bobo prétentieux qui vit dans un 70 mètres carrés en plein Paris et flâne en citant du Michel Legrand histoire de rappeler que, quand même, il vaut un peu mieux que le trentenaire de base qui n’a vu que des films de Michael Bay au cinéma), j’ai envie de le baffer, et quand il n’est pas crédible, j’ai encore plus envie de le baffer (j’aurais peut-être pas dû aller voir un film de Frédéric Beigbeder, moi, je me découvre une animosité insoupçonnée). Ses dents de traviole et ses yeux bovins lui donnent un air d’ado mal dégrossi qu’on aurait pu voir dans Les Beaux Gosses. Mais à part ça, tout le monde le trouve formidable. Bon.
3) C’est un roman adapté par son auteur, et ça se voit
La première demi-heure est un peu longue à démarrer. La faute à une voix off omniprésente qui déblatère les bons mots un peu immatures de Frédéric Beigbeder, qui font pourtant si bonne impression sur les plateaux de Michel Denisot ou de Thierry Ardisson. Du coup, et c’est l’autre point qui ralentit un peu le rythme, cette première partie du film est très parlée, et donc… très écrite. Cela sent en permanence le bon mot, la formule littéraire, la citation un peu tape-à-l’oeil, la phrase un peu ampoulée : bref, le contenu du bouquin casé dans le film parce que c’est dommage de gâcher. Mais en vrai, c’est un peu trop.
4) Frédérique Bel a besoin d’un vrai rôle
Okay, encore une transfuge de Canal Plus… J’aime bien Frédérique Bel, et Dorothy Doll me manque un peu. Mais là, c’est un peu léger. Je veux dire, je lis ici ou là que le personnage de Frédérique Bel est dingue, extravagant, scene stealer… alors qu’en vrai elle ne fait rien de particulier. Ce qu’on sait de dingue ou de sulfureux sur son personnage vient essentiellement de ce que les autres personnages disent d’elle. Cathy (le nom de son personnage) n’a en réalité droit qu’à trois scènes sans grand intérêt. Frédérique Bel méritait mieux.
5) Jonathan Lambert ne veut pas toujours BAISER
Le seul personnage à peu près sympathique du film. Cocu, trahi, moqué, il porte peut-être la seule morale intéressante du film : en dépit de ses galères, des évidences et du pessimisme ambiant, c’est le seul à ne pas se prendre la tête et à choisir le bonheur plutôt que le nihilisme bobo. Le personnage n’est malheureusement pas assez creusé, laissé largement en périphérie de l’intrigue principale dans son rôle pas très glamour du copain un peu nul mais qui a la chance d’être en couple.

6) Tout Canal Plus est au casting
Il est évidemment mignon de glisser des clins d’oeil (le personnage principal, écrivain, obtient le Prix de Flore – un prix littéraire créé par Beigbeder). Et en un sens, c’est rigolo de voir, brièvement, Louise Bourgoin donner la réplique à Ariane Massenet. Et puis depuis toutes ces années qu’on apercevait PPDA ou Claire Chazal au cinéma à faire des faux JT ou de fausses interviews lorsque l’intrigue du film avait un retentissement médiatique, il était temps que Le Grand Journal valide, enfin, son institutionnalisation par une incursion dans un film. Sauf qu’ils jouent tous comme des pinces à linge, c’est gênant. Si Beigbeder voulait faire un film, était-il obligé de faire son casting parmi ses copains qui le salarient l’accueillent gentiment sur leur antenne entre deux chroniques sur France Inter ? Un peu d’ouverture à d’autres « familles » du cinéma n’aurait-il pas été, sinon rafraîchissant, au moins surprenant ? Je te jure qu’à un moment j’ai eu peur de voir surgir Pauline Lefèvre à l’écran…

7) JoeyStarr est à la mode

J’aime de plus en plus JoeyStarr. En tant qu’acteur, il explore des choses intéressantes, relativement crédibles par rapport à son aura de brute épaisse qu’on n’a pas trop envie de contrarier de peur d’y perdre des dents, mais tout de même subtiles, avec d’autres facettes. Au regard du vingtenaire / trentenaire qu’il affichait joyeusement dans les médias, il a mûri de manière finalement agréable. C’est qu’à quarante piges, fortune faite, crédibilité professionnelle construite et valises posées, la rébellion de banlieue semble bien loin, et il a raison de ne pas continuer à faire comme s’il vivait encore dans une cité pourrave du 9-3. Ne plus avoir la hargne de ses vingt ans ne signifie pas qu’on n’a plus rien à dire, plus rien à exprimer, plus de rébellion à mener. JoeyStarr est en train de réussir cette transition et c’est bien. Son rôle de Jean-George, pas trop mal écrit, apporte sa petite « surprise », et même si on sent à dix kilomètres que le réalisateur a voulu faire un « coup », ce n’est pas désagréable. Ce que je crains, en revanche, c’est que JoeyStarr (très probable futur César du meilleur acteur dans un second rôle pour Polisse) ne devienne l’acteur « à la mode », accessoire branchouille qu’on colle dans son film au casting 100% blanc tellement clean et ultra bright, pour montrer que le héros est de gauche et a un pote au phrasé viril qui fleure bon la banlieue difficile. J’espère qu’il saura bien choisir ses projets à l’avenir pour éviter de tomber dans cet écueil.

8) C’est une comédie romantique hollywoodienne de base

Ils se rencontrent, se plaisent immédiatement, ne peuvent pas être ensemble, mais se retrouvent ensemble quand même. Puis ils s’aiment, mais il lui ment une fois, et son petit mensonge devient énorme. Elle s’en aperçoit, le quitte, il la supplie, lui fait une déclaration débile, prend conscience du fait qu’il est prêt à se battre pour elle, et la récupère sans avoir besoin de rien faire de plus. Tu as reconnu le scénario de 27 Robes ? Perdu, c’est (aussi) celui de L’Amour dure trois ans, qui fait cela avec beaucoup plus de clâsse et de bavardages nihilistes. Mais aussi avec l’inévitable (et insupportable) scène du mec dégoûté de l’amûûûûr : souvent, dans ces films, le héros, dégoûté d’avoir perdu l’amour de sa vie, croit bon de propager la bonne parole au monde entier, y compris aux gens de son entourage qui sont heureux et dont il est évident qu’ils n’ont ni envie ni besoin d’entendre ça, pour leur avouer l’horrible vérité : l’amour ne dure pas / l’amour est une illusion / l’amour c’est caca / l’amour c’est pour les niais / l’amour c’est une invention capitaliste pour booster la croissance (rayer les mentions inutiles). Bon, ok, mais en vrai ? Dans la vraie vie ? QUI fait ça ? Qui gâche le mariage de ses meilleurs amis en hurlant ce genre de trucs face à toute l’assistance ? Même au fond du trou sentimental, je ne connais personne qui fasse vraiment de son cas une généralité et qui ressente le besoin d’entraîner les autres dans sa désillusion digne d’une adolescente qui vient de faire larguer par son premier boyfriend au collège. La scène du mariage m’a assez profondément gonflé.

9) Frédéric Beigbeder ne fait pas de caméo

Déjà très présent en filigrane dans son film, le réalisateur n’a pas cédé à cette classique tentation narcissique consistant à faire une apparition clin d’oeil au spectateur dans son film. Il l’avait fait dans 99 Francs, de Jan Kounen, mais ça ne servait pas à grand’chose dans l’intrigue, en fait (comme la plupart des caméos), et ça avait même un petit côté branling médiatique. Du coup, il s’est abstenu, ou il n’a pas pensé à le faire. Mais je crois que ce n’est pas plus mal.

10) Nicolas Bedos a un micropénis

J’ignore si c’est juste parce que le rôle est ingrat et pas très bien écrit, mais les débuts de Nicolas Bedos au cinoche sont un peu décevants. Je m’attendais à ce que, sans ses costards noirs et avec son regard de cochonne, il arbore un corps de bonnasse qui roule un peu des mécaniques. Bah en fait non. Tout maigre et scoliosé dans des polos trop petits, il n’offre pas l’opposition « beau gosse riche » dont le héros, ado un peu attardé et écrivain vaguement tocard au début du film, aurait eu besoin. Dommage, mais à surveiller quand même. De toute façon ça ne peut pas être pire que le bilan ciné de Valérie Lemercier depuis Palais Royal ! (qui remonte quand même à 2005, ça commence à faire long, pour une actrice comique, sans rôle drôle).

9 réflexions au sujet de « 10 mauvaises raisons d’aller voir « L’Amour dure trois ans » »

  1. En faite, on voit beigbeder quand gaspard proust doit choisir un pseudo (film noir et blanc). Belle critique même si je suis complétement pas d'accord avec toi. Je trouve que ce film, c'est du beigbeder et j'aime bien cet auteur. Mais bravo pour l'article.

  2. @studio de l'étrange : ah, c'est lui le bolchevik ? Bon, bah je retire ce que j'ai dit, alors. Il y a bien un caméo, et il est discret. Moi j'y avais surtout vu un clin d'oeil à ses sympathies communistes (cf. campagne de Robert Hue en 2002). 🙂

    Je ne reproche pas vraiment à Beigbeder d'avoir des velléités de réalisateur, hein. Je me demande juste, au final, si tout ça est bien « utile », dans le sens où je me demande ce que son film apporte au schmilblick, que son roman n'avait pas déjà apporté. Si c'est juste pour caser du bon mot (et pas besoin d'avoir vu son film pour savoir qu'il en est capable) ou caster ses potes de Canal, j'ai du mal à comprendre la démarche artistique finale. D'autant que sa mise en scène n'est pas d'une originalité folle.

  3. T'as vraiment écrit « branling médiatique », avec un L ?
    Mais dis, on peut y aller quand meme si on aime les trucs nian nian (j'assume, 27 robes avec une soupe sous un plaid, ca le fait…)

  4. 1/ Pour Louise Bourgoin je suis plutôt d'accord, bien que L'autre Monde est un véritable navet mais est-ce qu'elle y peut quelque chose si elle est magnifique et que les réalisateurs se servent de ca chez elle plutôt que de son jeu d'actrice?
    2/ Gaspard Proust a une bonne gueule, il a l'air perdu, blazé, il est drôle, tu ne connaissais pas Gaspart Proust ou quoi? Il plait aux filles en tout ca je pense que c'est le principal.
    3/ Certes et je trouvais l'expérience intéressante, j'ai été ravie de retrouver les mots de Beigbeder a travers le film, c'est ce que je voulais voir du Beigbeder et c'est ce que j'ai vu.
    4/ Frédérique Bel a besoin d'un vrai rôle? Ouais pas certaine, je pense que l'on pourrait se passer d'elle dans le monde du cinéma, ou même se passer d'elle simplement mais ca c'est ce que pense.
    5/ Ouais ouais ok si tu veux, je suis pas persuader que creuser le personnage apporte grand chose au film…
    6/ Certes, on a pas dit que c'était un bouquin Beigbeder adapté par Beigbeder? Bein alors ouais normal quoi et le contraire m'aurais déçu, c'est ce qu'on veut en allant voir ce film non? Voir du Beigbeder.
    7/ Il est a la mode depuis longtemps sauf que là il est même tendance, apprécié de tous, enfin depuis le temps que j'attendais ce moment!
    8/ C'est vrai, film de forme basic mais après tout c'est la forme du roman qui est conservé, même si mensonge et trahison sont rajoutés. C'est une histoire de relations humaines a la base, ici avec un peu d'humour ce n'est pas d'une originalité dingue mais c'est agréable, ca détend, tout simplement ca fait du bien.
    9/ Oui en effet on le voit, mais c'est fait discrètement et avec délicatesse. Ce que j'aime bien c'est que dans le livre c'est Marc qui s'avère être Beigbeder alors que dans le film c'est le contraire, j'ai trouvé ca sympa.
    10/ C'est vrai je m'attendais a voir Bedos dans un rôle de beau gosse et je trouve agréable que ce ne soit pas le cas. Et puis c'est clair le plus bel homme du homme ne concurrencera pas un écrivain, c'est comme ca.

    Pour finir je rajouterais que j'ai trouvé agréable d'avoir un peu de littérature dans un film sur grand écran, dès le départ ca commence juste très fort avec Charles Bukowski, il est certain que Beigbeder est influencé par ce génie même si il reste plus correct, moins dingue en fait plus conscient donc plus ennuyeux. J'aime cette façon de vouloir médiatiser la « bonne » littérature que certains arrivent a ne pas connaitre, ouais ouais c'est vrai, il y a des gens qui ne connaissent pas Bukowski mais qui savent qui est Marc Lévy! Dingue hein? Fou? Alala merci Beigbeder pour cette intervention sur Lévy ce type est un piètre « écrivain » je sais pas si je peux employer ce mot a son égard mais je trouve pas celui que je recherche. Une petite intervention de plus sur Musso et la jouissance était assurée.
    Et puis il y a eu la gueule de Nicolas Rey, un écrivain qui a reçu le prix de flore, tu me diras que ouais encore un pote a Beigbeder, peut-etre mais son passage est drôle et tellement juste, lui aussi aurait très bien pu être l'auteur de l'amour dure trois ans, puis nous le retrouverons en pleine ivresse, femme sous le bras, il est certain que les deux sont des amateurs de Bukowski, il suffit de lire pour comprendre, et ca fait du bien.

  5. @Katie : je te préviens, j'adore en mettre des tartines ! 😉 Je vais donc répondre point par point, parce que je suis un mec relou.

    1/ Effectivement, les réalisateurs doivent finir par prendre un malin plaisir à lui confier des rôles de filles légères nichons à l'air. Mais je préfère imaginer qu'elle est libre de choisir ses rôles aussi, qu'elle pourrait mettre le hola sur les seins, qu'elle devrait varier un peu son registre avant de louper le virage de la trentaine et des rôles où ses seins ne seront plus nécessaires… J'avoue que, depuis le temps, je finis par aller voir ses films en partie pour voir s'il y aura un plan sur ses seins, tellement c'est récurrent (et donc caricatural, à force). C'est le Bingo Nichons !

    2/ Je ne connaissais pas Gaspard Proust, non. C'est le genre de gars auquel il est, médiatiquement, tout à fait possible d'échapper jusqu'à présent. Il n'est tout simplement pas mon genre, mais je sais, oui, que les filles craquent sur les intellos hétéros sensibles peignés comme Jean-Louis Borloo.

    3/ Je ne dis pas que les bons mots sont désagréables, mais à quoi sert la transposition au cinoche alors que le livre se suffisait, de ce côté-là ? Mon problème, c'est que je ne vois pas ce que le film fait de plus que mettre à l'oral des phrases qui étaient déjà présentes sur papier. Je ne vois pas, ici, de vraie valeur ajoutée, autre qu'orale, à être passé par le média cinéma. Il aurait pu adapter l'histoire et mettre en scène ce que les mots n'avaient pas forcément permis de creuser. Là, j'ai eu l'impression d'un téléfilm mais avec une voix off qui parle bien.

    4/ Oui, Frédérique bel pourrait se faire une place de choix dans le cinéma français, où la plupart des actrices de son âge sont tellement sérieuses voire au bord de la dépression visuelle. J'ajouterai même qu'elle est très jolie mais qu'elle a une beauté atypique, une « gueule », comme dirait l'autre, ainsi qu'une vraie fibre comique. Et ce rôle-là, dans L'Amour dure trois ans, la sous-utilise.

    5/ C'est un second rôle à qui on a collé une personnalité sans lui coller une vraie intrigue, une vraie situation dans laquelle évoluer et réagir aux choses. C'est dommage, c'est tout.

    6/ cf. point n°3

    7/ Certes. Souhaitons qu'il sache bien s'adapter et faire son chemin, car l'étape suivante, lorsqu'on a du succès, c'est soit l'accalmie (cf. Tautou, Elmaleh, Testud) (dans des genres très différents, hein), soit l'omniprésence médiatique et l'overdose du public qui finit par vous détester gentiment (cf. Mélanie Laurent, Clovis Cornillac…), soit la retombée progressive dans le tout venant (cf. Le Bihan, Deutsch). On n'est jamais vraiment parvenu à la fin.

    8/ J'adore les comédies romantiques, tu sais. Mais là, j'ai l'impression que c'est une comédie romantique qui ne s'assume pas, qui se cache derrière son aspect « film d'auteur avec casting classieux ». Non pas que ça me gêne vraiment, hein.

    9/ En même temps, j'en arrivais à ma neuvième raison, comme tu le vois, je commençais à sécher un peu.

    10/ On est plutôt d'accord là-dessus. Mais je pense que Nicolas Bedos est davantage fait pour les rôles principaux ou pour les one man show. Il a trop de verve et il est trop « attention whore » pour le genre de rôle qu'on lui a confié dans le film.

    Bon, au final, j'ai trouvé ça léger mais pas hyper marquant. Je pense que Beigbeder doit prendre le risque, une prochaine fois, du scénario original, ou de l'adaptation du bouquin de quelqu'un d'autre. Apporter sa vision, son ton, à une oeuvre extérieure, plutôt qu'apporter sa vision à une oeuvre qui était déjà la sienne et qui, a priori, avait déjà son propre ton. Mais ce n'est qu'un avis, hein. 😉

  6. 1/ Bon bein ouais tu as raison, même moi étant une nana je réagis comme toi.
    Mais là je dois avouer que Beigbeder n'a pas été très originale, il a demandé a Louise Bourgoin de jouer Louise Bourgoin, elle dit même avoir réécrit certain de ses dialogue a sa manière c'est pour dire.
    2/ Proust est drôle mais tellement pas Beigbeder malgré ce que celui-ci crois. En fait Beigbeder a choisi Proust a cause de son nez et de son menton, ouais ca fait un peu Beigbeder mais en moins laid quand même. Et je crois que Proust a vraiment prit ce rôle a la légère lui très pessimiste et pas du tout du genre a la comédie romantique c'était comme un défie de jouer ce rôle mais j'ai pas l'impression qu'il saisisse bien le côté intello bobo du film. Proust est pour le coup inattendue dans le casting.
    3/ Certe le film n'apporte pas grand chose au livre après faut-il réellement un but pour réaliser, ceux qui ne connaissaient pas le livre partent a la fnac l'acheter car celui-ci a été réédité, on parle encore et encore de Beigbeder et il est encore et encore médiatisé. Je précise que Beigbeder a plutôt le don de m'agacer, j'aime ses bouquins c'est vrai mais le personnage me fatigue, avec son image de riche bobo parisien jet set, et ca veut se prendre pour un Bukowski, n'empêche qu'il sait écrire alors tout de même respect.
    4/ Frédérique Bel, je suis désolée c'est pas possible. Et franchement entre Elisa Sednaoui et Louise Bourgoin, tout de suite elle parait encore moins belle que ce qu'elle est.
    5/ C'est justement le mec que j'en ai marre de voir, c'est peut etre pour ca que de ne pas trop le voir ne m'a pas déranger. Lui et Frédéric Bel ne jouent pas, ils surjouent et me fatigue.
    6/ Ca m'aurait vraiment saouler de voir Pauline a l'écran, sa coupe de cheveux est bien trop atroce (ouais reflexion de nana, mais je savais pas quoi dire).
    7/ C'est un risque a prendre, mais lui même dit être content d'avoir jouer dans quelque chose de plus léger, dans un rôle plutôt drole. Beigbeder a recruté Joey Starr après la première de Polisse au festival de canne. Puis j'aime bien voir Joey Starr convertie en petit bobo, mais oui il y a toujours le risque de disparaitre vite, de saouler le public…
    8/ Mais c'est ca en fait et c'est pour ca que je l'aime bien parce que vraiment j'aime pas les comédies romantique.
    9/ Sujet clos
    10/ Certe mais là il n'a pas non plus un grand rôle, c'est juste quelques apparitions, une participation je dirais, qui fait parler du film et déplacer les gens un peu comme pour Valérie Lermercier.

    En fin de compte on s'en sort pas trop mal, notre désaccord n'est pas complet.

  7. Ha Ha ^_^
    La plupart des points sont très certainement valides (même si effectivement, Beigbeder fait un caméo). Le problème principal que je trouve au fim, c'est qu'il est assez foutraque, foutraque à en lasser parfois. Mais de là découle sa qualité, c'est qu'il évite assez bien le formatage de la comédie française, et ça c'est appréciable. Je ne suis ni franchement emballé, ni profondément déçu, mais disons que je lui trouve du charme, finalement.

  8. @David Tredler : Oui, comme une conversation mondaine avec un écervelé sympathique, c'est léger et vite oublié, mais somme toute pas désagréable à mener.

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