Hiiiiiiiiiii (traduction : les Scissor Sisters reviennent)

Aaaah, voila une parfaite manière de débuter l’année. Après avoir laissé presque quatre ans entre les albums Ta-Dah (2006) et Night Work (2010), les Scissor Sisters n’auront finalement laissé qu’un an et demi s’écouler avant de revenir. 2012 marque donc le retour du groupe new yorkais sur nos écrans, et peut-être enfin sur la bande FM.

Je me navre que les Scissor Sisters n’aient pas davantage de succès, à un niveau mainstream je veux dire. Le positionnement culturel du groupe est clairement gay, allant chercher ses références et l’essence de ses sons dans la pop, l’électro et le glam rock les plus putassiers, les plus underground et les plus queer. A priori, pas de quoi conquérir le panier de la ménagère qui achète du single de Christophe Maé ou de l’album d’Adele en passant devant le rayon musique de son Carrouf. Mais il y a tellement plus à attendre de ce groupe, tellement de réussites musicales obtenues en trois albums, tellement de trouvailles visuelles dans leurs clips, que c’est vraiment dommage que le grand public ne les connaissent pas.
Si une Lady Gaga peut devenir une icone pop omniprésente et reconnue par les médias dits « traditionnels » en mettant de la culture queer dans tous ses clips, en clamant son engagement dans tous les combats pédés de la décennie et en se mettant en scène comme une catin peinturlurée sur tous les plateaux télé de la planète, pourquoi les Scissor Sisters ne pourraient-ils pas en faire autant ? Ils sont arrivés avant, quand on y pense…
Il est fort probable que le groupe de Jake Shears se contente parfaitement de son statut hybride de groupe pop underground qui vend très bien ses places de concerts mais ne passe pas trop à la radio. Capable de s’auto-virer de sa maison de disques après avoir pondu un album qu’il estimait « trop mauvais pour être vendu  20 dollars », Jake Shears ne semble pas vraiment se préoccuper de son confort ou de plaire à de grands pontes de l’industrie. Une indépendance d’esprit en mode rock’n’roll un peu facile, peut-être, mais finalement pas tant mise en avant que ça par le groupe, qui ne communique pas beaucoup sur son indépendance créative. Mais celle-ci n’en est pas moins réelle. En faisant un peu ce qu’ils veulent, sans se demander s’ils en vendront des caisses, s’ils passeront sur MTV ou si la censure les attend au tournant, les Scissor Sisters n’étaient a priori pas bien partis pour que moi, basse groupie à pop mainstream, réussisse à entendre parler d’eux un jour, et surtout à les aimer d’amour. C’est peut-être leur plus bel exploit : ne se conformer à aucune norme de l’industrie et réussir à parvenir jusqu’à nous, malgré tout.
Rien que pour ça, ils mériteraient de vendre autant d’albums que Lady Gaga.

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