La Pop-Pouffe de janvier

Bonjour les châtaignes d’eau, on a la frite ? J’ai pas trop eu le temps de me pencher sur la Pop-Pouffe du mois, ce mois-ci, vu que toute mon attention était focalisée sur les diverses mondanités et autres contraintes logistiques inhérentes à un emménagement couplé avec une soirée d’anniversaire, des échanges diplomatiques avec le propriétaire pour réparer la chasse d’eau et l’évacuation de la mezzanine en bois qui grinçait et qui menaçait dangereusement de s’écrouler dans ma nouvelle piaule. Tu remarqueras que ça ne m’a pas empêché de te pondre la mirobolante somme de genre six posts sur le blog, ce qui n’était pas arrivé depuis avril 2009 ou à peu près.

Mais en tendant l’oreille et l’oeil sur le paysage musical (enfin, surtout celui qui se fait remarquer sur le web mondial), j’ai remarqué qu’il y en a une qui, l’air de rien, ces derniers mois, est en train de devenir le nouveau phénomène pop à la Gaga (je parle de la période 2008-2009, hein) (Lady Gaga est actuellement au purgatoire des has been en train d’attendre avec angoisse de savoir si elle pourra encore envisager de faire carrière après le come back de Madonna) : j’ai nommé Nickiiiiiiiii Minaaaaaaaaaj. Ou la fille qui est de plus en plus partout, chez David Guetta, chez Madonna, chez Rihanna, chez Usher, chez Willow Smith, et bien sûr chez Big Sean avec cette formidable chanson qui n’est pas du tout hilarante à force d’en faire des caisses :

(Le genre de truc que personne, même pas le pire gangsta rappeur misogyne du monde qui refuserait une fille avec une autre tenue qu’un minishort/soutif sur les plateaux de ses clips, n’oserait sortir au premier degré) (ou alors c’est qu’on a vraiment commencé à creuser dans les profondeurs du bon goût et de la fraîcheur musicale).
Mais alors, Nicki Minaj est-elle une sorte de nouvelle Courtney Love, qui servirait avant tout à assurer un peu de retombées médiatiques à peu de frais, en arpentant les tapis rouges dans des tenues grotesques et en élevant la vulgarité au rang d’art. Il faut bien avouer que, depuis l’avènement des pouffes siliconées qui, sans talent mais simplement en se montrant dans des lofts, plages de tentatrices et autres villas de Jersey Shore, réussissent à squatter le gotha hollywoodien, on avait un peu perdu de vue ces artistes qui, malgré leur vulgarité apparente, avaient, aussi, une vraie carrière à côté, une vraie démarche artistique à cultiver leur apparence grotesque et leurs décolletés sulfureux. Finalement, depuis la lente chute des icônes vieillissantes comme Lil’Kim (qui a tenté une vaine guéguerre médiatique perdue d’avance contre sa nouvelle jeune rivale), Pamela Anderson ou Carmen Electra, qui peut encore zoner sur les plateaux de MTV ou les tapis rouges des Grammy Awards en ayant à la fois une robe ridicule, un maquillage outrancier et un album / une nomination à défendre ? Björk ?
Il est probablement sain qu’existe, dans la sphère pop, une figure comme Nicki Minaj, qui puisse faire de son sex-appeal et de sa vulgarité apparente un vrai sujet de conversation. Là où une Lady Gaga (qui avait pourtant presque démarré sur ce créneau-là) a largement dévié vers l’image d’une madone freak scandant des messages politiques de tolérance et d’appel à l’épanouissement personnel, Nicki est plutôt la grosse déglingo nympho ingérable, avec réponses bizarres et tenues fashion improbables. Un peu comme Grace Jones en son temps, mais sans commune mesure à ce jour, évidemment.
Et pour revendiquer le droit des filles à être bruyantes, outrancières, vulgaires, fringuées comme des cochonnes ou comme des poubelles, drôles, faciles, chiantes, ingérables, fortes ou hystériques, sans nécessairement être l’accessoire visuel d’un chanteur ou d’un rappeur, sans nécessairement être des objets sexuels sans volonté propre, on n’a peut-être pas fait mieux que Nicki Minaj depuis des années.

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