Parfois, aimer la pub me fout la honte…




The Circuit Factory, sorte de Club Med Gym pour gym queens sous stéroïdes de Dubaï, ne mérite probablement pas que cette horreur contribue à sa notoriété. Malheureusement, ce sera vraisemblablement le cas. Quelques minutes après avoir mis sa pub foireuse en ligne sur Facebook, et devant la levée de boucliers qui a immédiatement suivi dans les commentaires, le propriétaire de la franchise a tenté de s’expliquer, rendant sa stratégie marketing vaguement lisible (même si, au-delà de la réaction épidermique qui consiste à hurler devant l’utilisation légère faite de cette image et de ce symbole, on n’est pas stupide et on a pigé) mais toujours complètement débile et hors-sujet : ses clubs de gym sont des « camps de concentration pour les calories », un endroit où on brûle sa masse graisseuse, quoi. Euh, ok.

Bon, alors évidemment, cet immondice nous pose une question, à laquelle il semblait évident que nous avions tous trouvé la réponse : peut-on utiliser la Shoah dans des pubs golri ? Je veux dire, les gars, on sait bien qu’on ne peut pas rire de tout avec tout le monde, que les blagues crades ou noires sur les juifs, le nazisme et la Shoah ne peuvent pas être bien comprises et acceptées de tous, et surtout que le devoir de Mémoire, à peine 70 ans après la mise en place de la Solution Finale, est toujours vif et entretenu à travers le monde. Alors quelle idée d’aller utiliser un tel épisode de l’Histoire pour nous VENDRE un truc ? A fortiori un truc aussi consumériste, crétin et vide de sens que de la gym ? Ce truc vaguement assimilé au sport, mais surtout, de nos jours, à un désir bien superficiel d’avoir des abdos bien dessinés, des cuisses bien galbées et des fesses bien fermes pour avoir l’assurance (ah bon ?) de niquer plus souvent…
En plus d’utiliser Auschwitz à des fins marketing, fallait-il le faire pour promouvoir l’une des aspirations les moins reluisantes de la société post-Seconde Guerre mondiale ? N’y a-t-il aucune meilleure idée à vanter, via un concept aussi fumeux, que celle consistant à se mettre tous en rang pour faire des régimes, soulever de la fonte et faire tout le nécessaire pour se conformer à tous les canons de beauté occidentaux ?
D’une certaine manière, je serai (un peu) moins dérangé par un concept publicitaire de très mauvais goût faisant écho aux évènements de la Seconde Guerre mondiale, si c’était pour vendre une cause actuelle, ou même un produit qui aurait un vague rapport avec ça. Le principe me gênerait de toute façon, mais au moins, je serais en mesure de comprendre la démarche borderline de l’agence et de l’annonceur qui se cacheraient derrière ce concept.
Là, non. La seule chose à laquelle cette marque a pensé, c’est soit, bien naïvement, que « ça passerait », soit (et cela me semble bien plus probable), que ça ferait scandale mais que, bon an mal an, le web et les médias parleraient de la marque. Ce qui relève d’une logique compréhensible (après tout, qui avait déjà entendu parler de The Circuit Factory ?) (non pas que je sois dans le public, hein, j’ai jamais mis un pied à Dubaï), mais également du plus sordide cynisme.
Je laisse le mot de la fin à Selena Gomez, ma nouvelle idole.

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