Zombie me Zombie you

Ce soir, c’est Vis ma vie chez les zombies. (Tiens c’est marrant, je viens de réaliser que Vis ma vie ne passe plus à la télé) (quelqu’un sait depuis quand ?) (…) (ouais, bon, concentration pendant plus d’une ligne, je reprends)

L’autre jour, comme je t’en avais causé en ces mêmes lieux, j’étais cordialement invité à une conférence organisée par l’INPEZ (Institut National de Prévention et d’Education contre les Zombies), une sorte d’INPES pour problématique de santé publique de niche hautement improbable. Mais bon, ça me faisait quand même un peu flipper. Lorsque j’ai reçu le premier courrier, dans mon ancien chez moi juste avant le déménagement, j’ai cru que c’était une blague de Jungle Julia la morue. Mais en fait non. Lorsque j’ai reçu le second courrier, qui était exactement le même, à mon nouveau logis juste après l’emménagement, je me suis dit que j’avais un stalker qui m’envoyait des convocations bizarres pour des jeux de rôles, et je me demandais comment il avait trouvé mon adresse. Puis je me suis souvenu que j’avais donné mes coordonnées postales à une mystérieuse CM
Bon, du coup je me suis dit que ça devait avoir un rapport avec elle. Mais lequel ? J’ai eu des précisions sur le lieu de la conférence quelques jours plus tard, et bien évidemment, j’ai dit oui : d’abord, ma curiosité était piquée, et puis, franchement, ça donnait envie de dire oui. Pour peu que tu sois blogueur à Paris, identifiable comme tel, et que tu aies un minimum de régularité dans tes publications et de visibilité pour ton site (c’est tout à fait moi, hem), tu t’es assez facilement, depuis quelques années, retrouvé invité à des avant-premières, soirées tests de produits et autres raouts spécialement pensés par les agences pour cette nouvelle branche du crevariat branché petits fours gratos, qu’on nomme e-influenceurs. Alors forcément, avec le temps, une petite routine s’est installée. Des mails, des relances, des échanges polis et autres négociations pour se pointer à la soirée avec quelqu’un (histoire de ne pas être obligé de se mélanger aux autres) (parce qu’en vrai, les autres blogueurs, la plupart du temps, on les connaît pas) (à la rigueur, on les lit, mais ça veut pas dire qu’on connaît leur tête) (et je sais pas toi, mais moi je suis pas du genre à aller accoster un inconnu et à lui demander ‘yo c’est quoi ton blog?… Ah, bah j’connais pas, allez salut’) (remarque, ce serait drôle)…
(‘faut vraiment que j’arrête avec cette manie des parenthèses à rallonge moi)

Tout ça pour dire que, dans la routine des invitations aux soirées blogueurs, quelqu’un qui prend la peine de te contacter par voie postale (vintage) (de nos jours, le courrier papier qui n’est ni un prospectus ni une facture fait toujours un peu plaisir) et de te teaser en jouant sur un registre fictif, quelque part, tu as plaisir à lui dire oui. Ne serait-ce que parce que ça change agréablement des approches habituelles, et que la promesse d’une expérience inédite, même pour un blogueur influent de l’Internet mondial intergalactique, dans un quotidien parisien où l’on a vite fait de s’encroûter et de faire toujours les cinq ou six mêmes trucs, cela ne se refuse pas.
D’ailleurs, la soirée elle-même a tenu cette promesse. Ça déconnait pas, mes anchois, ça déconnait pas. On a tous été accueillis par un protocole très sérieux à base de militaires armés, de scientifiques en blouse blanche qui te font signer une décharge avant de te diriger vers la salle de conférence, où nous fûmes tous installés au compte-goutte, dans une ambiance de secret défense de bon aloi. Heureusement, on a pu patienter autour d’un verre (ne JAMAIS négliger qu’un blogueur vient avant tout pour picoler gratis).
Bon, ensuite, on a eu droit à une présentation fort peu ragoutante de l’épidémie de la zombietude (nom scientifique bien connu du virus qui te change en zombie) (ah, on me souffle dans l’oreillette que c’est pas vraiment un virus) (oui bon, ça va) et des symptômes associés, mais aussi des moyens hyper sympas et urbains de s’en sortir indemne. Et puis, « dans un but pédagogique » apparemment, on nous a présenté le premier épisode de The Walking Dead, la série US inspirée du comic créé en 2003 par Robert Kirkman et Tony Moore, et adaptée par Frank Darabont (La Ligne Verte, The Majestic). 
J’ai trouvé ce dénouement un peu attendu, pour la conférence (en gros, j’avais bien compris qu’on était là pour le compte d’un annonceur TV, et a priori plutôt pour une série qui cause de zombies), mais bien amené. D’autant que la série a vraiment l’air bien…
Car oui, honteux, j’avoue : je ne suis pas forcément le public parfait pour The Walking Dead, qui faisait partie du wagon de séries que je n’avais pas eu le temps de commencer à la rentrée 2010. Car oui, c’est probablement là le point faible de la soirée et de ce qui nous était finalement proposé : la série est diffusée aux US sur AMC (la chaîne qui diffuse aussi Mad Men) depuis octobre 2010. Du coup, parmi les blogueurs présents, la salle se divisait en deux : on avait ceux qui avaient déjà maté la série depuis le début par le biais du streaming et du téléchargement plus ou moins légal mais bon hein il faut ce qu’il faut pour ne pas être à la ramasse et qui étaient donc privés de la révélation d’une nouveauté, et ceux qui n’avaient toujours pas commencé à la regarder en janvier 2012, et qui avaient donc a priori peu de raisons de le faire.
Le héros de The Walking Dead, Andrew Lincoln (nu), le monsieur graou de Love Actually et de L’Arnacoeur
Du coup, le concept de la soirée, la manière de contacter les blogueurs et de les plonger dans une atmosphère paramilitaire un peu anxiogène était vraiment une super idée, qui compensait cette faiblesse par une expérience un peu plus marrante que d’ordinaire. Mention spéciale pour le pauvre monsieur déguisé en zombie que nous avons tous pris plaisir à tabasser à coup de batte de baseball et de MP5 après la projection (les blogueurs sont des gens civilisés et sympathiques). Bravo, donc, à l’équipe de NoSite, qui a monté l’opération et su créer le premier évènement de 2012 live-tweeté par des blogueurs forcenés (joli succès du hashtag #inpez en TT France).
Ah, et l’annonceur, donc ? Bon bah du coup tu auras compris : c’est Sundance Channel France, qui commencera à diffuser dès ce jeudi 12 janvier à 23 heures la série The Walking Dead, que je vais peut-être bien commencer à suivre, du coup. Oui, d’influenceur de l’Internet intergalactique, je suis directement passé à influencé par une projection et trois macarons. Comme quoi, je n’ai aucun amour propre.

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