La Pop-Pouffe d’avril

La bonne nouvelle avec le tube mondial naissant de la jeune Carly Rae Jepsen, c’est que, contrairement à beaucoup de ses consoeurs de la pop FM, elle ne se cache pas derrière un style plus « respectable » pour faire passer la pilule de son tube pour gamines : elle ne semble affirmer qu’elle fait de la country (comme Taylor Swift), du biz’art underground (comme Lady Gaga) ou du rock (comme Pink). Nan, Call me maybe, c’est de la pop, du pur sucre, et c’est assumé. Que voila une position rafraîchissante, par les temps qui courent. Et peut-être un tube annonciateur, un peu plus de deux ans après le phénomène Justin Bieber (encore un truc dont je ne m’explique pas la portée) (il est has been, maintenant, non ?), d’un retour de la pop pure, teintée de sucre, de soleil californien, de sourires ultra-bright et de teenage dreams. Jessica Simpson pourrait se prendre à rêver de vendre à nouveau ses albums. Robbie Williams fera un nouveau tube. Madonna ne sera plus obligée de se prostituer avec la moitié de la planète dance pour qu’on la respecte encore. Poussera-t-on le vice jusqu’à relancer la teen pop ? Brrr. Quel suspense insoutenable…

Va savoir. Rebecca Black a bien réussi à devenir célèbre sur la base de presque rien et d’un monstrueux clip à la sauce clichés. Mais la petite Carly Rae Jepsen (je sais pas si elle peut vraiment faire carrière avec un nom pareil) n’est pas une pré-pubère avide de gloire poussée par des parents tordus : nan, mes amis, la demoiselle est née en… 1985. Elle va avoir 27 ans, en somme. Comme moi. C’est presque une retraitée à côté de Rihanna. Mais c’est surtout bien agréable que, pour la première fois depuis des lustres, quelqu’un devienne célèbre sans nécessairement avoir dix ans de moins que moi. Parce que bon, moi je n’ai jamais eu de single n°1 en Angleterre, ni gagné un tournoi du Grand Chelem, ni sorti de ligne de vêtements, alors que tous ceux qui font ça sont désormais des mioches nés après 1988 (alors que, d’après mes calculs savants, une personne née en 1988 devrait, au mieux, être en 5ème) (non ?)…
Et pourtant, elle semble presque aussi fraîche qu’une Taylor Swift, à qui elle a vraisemblablement emprunté quelques références (univers musical, clip un peu lol mais à l’humour joliment propret, le beau garçon – Holden Nowell – rebelle – puisque tatoué – mais quand même suffisamment propre sur lui pour apparaître dans un épisode de Beverly Hills)… Mais elle est canadienne et brune, ce qui devrait l’aider à se forger sa propre identité aux yeux du grand public, en dépit de ces similitudes qui, je l’avoue, me troublent un peu. Peut-être une nouvelle révolution Avril Lavigne est-elle en marche ? Cela dépendra de ses singles suivants, j’imagine. Je n’ai pas encore pris la peine d’écouter ce que la donzelle a à nous proposer en dehors de ce single, devenu en quelques semaines un véritable phénomène dans le monde anglo-saxon, et un meme sur le ouèbe.
Bonjour, je suis un morphing canadien entre Michelle Trachtenberg et Taylor Swift
Ce qui est sûr, c’est qu’après avoir été sortie en demi-finale de Canadian Idol en 2007 et avoir sorti un premier album pas parvenu jusqu’à nous en 2008, Carly Rae Jepsen tient peut-être, avec son nouveau single, la clé de la conquête du monde de la pop (ou du moins des charts, durant quelques mois, ce qui est déjà pas mal). Et ça, ça doit quand même redonner de l’espoir à Steeve Estatof.

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