On a la vie trop belle

Il y a quelques semaines de cela, j’ai été l’objet d’une intervention de la part de Lisa et Osmany, les deux trublions de NoSite qui, à l’occasion, me sortent de ma routine et me font découvrir les riantes perspectives mondaines qui s’ouvrent aux blogueurs parisiens qui ont le bon goût de s’intéresser à des choses aussi essentielles que les séries, les télé-crochets ou les sucreries. Ils ont tenté d’intervenir sur mon hygiène de vie, et notamment sur l’une des raisons pour lesquelles ma mère me houspille depuis environ quinze ans (la pauvre). Enfin, ça, ils ne le savaient pas vraiment. Mais du coup, ils m’ont plongé dans un abîme de réflexions existentielles. Je te jure, je devrais arrêter de parler aux gens, moi.

Il se trouve en effet que mon régime alimentaire présente de nombreuses particularités. Un peu trop nombreuses pour être énumérées ici, cherche pas. Mais parmi elles, une particularité s’explique par ma déplorable hygiène de vie. J’aime deux choses plus que tout au monde (oui, plus que TOUT au monde) : absorber des contenus ludiques sur écran (TV, web, ciné : c’est bien simple, je suis pas regardant, je suis dépendant), et dormir. Deux passions qui se combinent parfaitement, la plupart du temps, entre 20 heures et 8 heures du matin en semaine, et environ 22 heures sur 24 le week-end (il faut quand même garder du temps pour se laver et ses sustenter, on n’est pas des pierres). En gros, je vais au ciné ou je mate des séries jusqu’à pas d’heure, et je dors tout mon saoul ensuite, à quelques exceptions près. Couch potato is my nickname.
Là où le bât blesse, c’est le matin, où un choix s’offre systématiquement à moi : se lever pour prendre le petit déj’, ou roupiller dix minutes de plus. Un choix pas très cornélien, puisque je fais presque toujours le même, jusqu’au moment où j’entends la voix de Pascale Clark dans le radio-réveil, qui me fait réaliser que je suis méga à la bourre et me fait directement sauter du lit à la salle de bains. Du coup, l’étape du petit déjeuner, du lundi au vendredi, il y a bien longtemps que je l’ai oubliée. A partir de 11 heures du matin, mon estomac fait parfois un bruit de moteur d’avion pour manifester son mécontentement, mais globalement, je le gère super bien. Remarque, c’est peut-être pour ça que je suis tout le temps crevé… Bref, j’ai une hygiène de vie d’adolescent de seize ans, sauf que j’en ai maintenant onze de plus et que mon corps entier semble s’affaisser comme une pyramide de chantilly éventée laissée à l’air libre.
Alors quand mes deux compères m’ont proposé de découvrir les joies d’un petit déjeuner livré à domicile, je me suis dit que c’était une belle occasion de redécouvrir ce rituel sacrifié, avec le petit bonus du majordome en livrée. Je me suis donc tenu semi-éveillé prêt quand ils sont passés, un samedi matin à l’aube 11 heures, pour me livrer mon petit déjeuner et me donner une petite leçon de nutrition pour les nuls. Arrivé au point où j’en suis (1 verre de soda = 1 de mes 5 fruits et légumes par jour), ça ne pouvait pas me faire de mal.
J’ai donc appris ma leçon du mois : les céréales, c’est bien. Ok, le petit raid organisé dans mon appartement était à l’initiative de Matins Céréales (le syndicat des céréales du petit déjeuner) (je savais même pas que les céréales pouvaient se syndiquer), du coup le message était orienté. Mais c’est pas grave, parce que moi j’adore les céréales. C’est juste que d’habitude je les mange au dîner goûter. J’avais juste besoin d’un rappel sur leur fonction première, en somme. N’empêche, ce n’est pas si chronophage que ça à manger, même en se levant vingt minutes avant de quitter le logis cosy pour gagner en chouinant le métro qui pue ; et avec un café et un fruit, ça permet de tenir jusqu’à 13 heures, easy. Enfin, si je dis ça, c’est surtout pour mon cas, parce que mon ventre est habitué à vivre ses matinées à la warrior. 
En conséquence de tout ça, enchanté de cette nouvelle perspective de gain de temps, de teint frais, de productivité et de silence pour les malheureuses oreilles de mes collègues, le lundi matin qui a suivi… bon bah j’ai dormi jusqu’à 9h10 parce que mes convictions sur le timing matinal avaient été complètement chamboulées par cette révélation céréalière, et j’ai encore une fois zappé le petit déj.

Mais j’essaye vachement plus régulièrement de manger le matin, depuis. Promis. D’ailleurs, j’ai acheté des céréales. Certes, ce sont celles pour les gamins, avec des paquets rouges, bleus ou orange fluo, mais c’est un début. La prochaine fois, j’essaye un des paquets blancs un peu boring illustrés avec une charrette dans un champ, pour faire les choses comme il faut. Prochain objectif : la diète préparatoire pour me payer des vacances être bonnasse à la plage. Merci les céréales !

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