Donna Summer In Memoriam

Noyée dans l’actualité du nouveau gouvernement et du Festival de Cannes, l’annonce du décès de Donna Summer n’a suscité que quelques molles réactions dans ma timeline mon entourage, allant du « Mais elle était encore vivante ? » au « C’était qui ? », en passant par « Bof moi j’m’en fous je connaissais que I feel love ». Pourtant, et contrairement à beaucoup de ses collègues des 70’s, Donna Summer était encore active. Elle avait sorti un dernier album, Crayons, passé certes relativement inaperçu en 2008 mais qui avait finalement autant de potentiel qu’un comeback de Janet Jackson : peu de chances que ça marche, mais c’est pas pour ça que ça ne l’aurait pas mérité. C’est plus que ce dont Gloria Gaynor, qui n’a jamais surfé que sur I will survive et Never can say goodbye (et dont le décès fera pourtant, un jour, bien plus de bruit), peut se vanter, quand on y pense.

Alors que, quoi qu’on en dise, et même s’il est toujours agaçant de constater qu’on recommence, une nouvelle fois, à s’intéresser à l’artiste juste à cause de sa mort, la plupart d’entre nous garde, dans un coin de sa tête et dans un casier de sa culture pop, un petit bout de Donna Summer, dont la longévité au sommet des charts est plus longue qu’on pourrait le croire vu d’aujourd’hui. La preuve par sept.
1975 :

1977 :

1978 :

1979 :

1983 :

1989 :

Pour ma part, peu de souvenirs concrets liés à cette dame (genre concert ou single acheté et écouté en boucle), dont les plus gros succès remontent quand même à un bail. Si ce n’est celui de ce blind test en open space, lors du premier jour de mon stage il y a quelques années, et où, au bout d’environ une seconde et demie des premières mesures de I Feel Love, j’ai hurlé « Donna Summer !! », de peur que quelqu’un ose répondre juste avant ou en même temps que moi. Évidemment, c’étaient les premiers mots que je prononçais en dehors du bonjour de circonstance un peu plus tôt dans la matinée. Il paraît que cela équivalait à un coming out.
Loin d’être réductible au seul mouvement disco (Arte l’avait même désignée parmi les rares « queens of pop » l’été dernier), la carrière de Donna Summer a connu un coup de frein depuis quelques années (l’âge avançant, le soutien des radios diminuant, etc.) (l’habituel scandale du jeunisme), et notamment depuis qu’elle souffrait de son cancer. Perso, je n’irai pas te dire que sa mort me bouleverse, ce n’est pas comme si j’avais été un fan, ou même comme si j’avais vraiment suivi son actualité. Il n’empêche que son décès me fait réaliser l’impact réel qu’elle a eu, et finalement le peu de cas qu’on en fait, à peine vingt ans après ses derniers gros succès populaires. Même si elle n’était plus l’énorme vedette qu’elle était dans les années 70/80, 63 ans demeure un âge bien jeune pour mourir. Hier, c’est une nouvelle étoile du panthéon pop du vingtième siècle qui a disparu. Et un peu une nouvelle perte pour la communauté gay, aussi, au rang de ces groupes et chanteurs oubliés ou simplement négligés du grand public dont les carrières sont (au moins en partie) maintenues en vie par les LGBT qui leur vouent des cultes païens : Cher, Robyn, Scissor Sisters, Tori Amos…

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