A la recherche du tube de la rentrée 2012

L’avantage d’avoir environ deux mois (si ce n’est trois ou quatre) de retard sur les pays anglo-saxons, voire l’Europe entière, c’est qu’on peut anticiper en se baladant sur le ouèbe. Comme on est le 31 juillet, que tout le monde s’est barré en vacances depuis un bail et que je m’ennuie seul comme une merde un peu, je me suis dit qu’on pouvait faire un tour d’horizon des récents sinegueule qui commencent à toucher leur million de vues sur YouTube et qui, avec un peu de bonne volonté de leur label ou d’une station de radio complaisante, se frayeront un chemin dans les charts français d’ici septembre. Voire octobre, si vraiment on se retrouve en dèche de nouvelle production David Guetta ou de Red One…

Jennifer Lopez a ceci de formidable qu’elle est toujours dans une forme olympique (c’est la période) dans ses clips, y compris quand elle est en plein divorce, en train de se remettre d’un nouveau four, ou juste dépressive et énorme d’après la presse. Ses stylistes et maquilleurs font sur elle un travail formidable qui l’empêche de sombrer dans les accidents visuels auxquels Mariah Carey, dans le même registre, se livre régulièrement depuis la déconvenue Glitter. Elle est encore une fois superbe, ici, ce qui devrait lui assurer des visionnages de Goin’ in, et va savoir, peut-être des ventes. Et puis Flo Rida est apparemment devenu une sorte de nouveau Pitbull (ou de nouveau Taio Cruz) (ou de nouveau Busta Rhymes) pour featurings dance un peu douteux : faut croire que ça peut se vendre, donc.
Little Mix est le groupe qui a gagné X-Factor au Royaume-Uni en 2011. Ce qui, en France, n’est pas très bon signe vu que 1) l’adaptation française du programme s’est un peu vautrée et n’a toujours pas vraiment fini d’accoucher péniblement du pauvre Matthew Raymond-Barker, et que 2) les gagnants de télé-crochets britanniques ne traversent jamais vraiment la Manche. Mais bon, la chanson est cool, quasiment promise au rang de numéro 1 dans les charts britanniques lorsqu’elle sortira fin août, et bien dans la veine de ce qui peut susciter notre attention aujourd’hui : girls band sur fond de nostalgie des Spice Girls/Sugababes/Girls Aloud, et de Cheryl Cole intronisée sauveuse de la pop britannique, message plus ou moins girl power, production évoquant vaguement la K-Pop (que je déteste, hein, mais quand même), refrain efficace…

The Killers ne vendront pas de singles en France, comme d’hab’. Mais bon, Brandon Flowers, quoi… <3
Owl City a fait un joli succès en Angleterre il y a deux ans (beaucoup plus discret chez nous) mais a réussi à choper Carly Rae Jepsen qui deviendra, dans les prochains mois soit la nouvelle LMFAO / Ke$ha (un gros single à succès, deux ou trois autres singles un peu moins énormes, glissade progressive vers le niveau de popularité d’Helmut Fritz), soit la nouvelle Taylor Swift (on sait pas trop comment ni pourquoi, mais elle vend un million d’albums à chaque fois), soit la nouvelle Katy Perry (on croyait avoir affaire à un one hit wonder, alors qu’en fait on va se la fader pendant les cinq prochaines années)… A ce stade, cela n’a pas encore d’importance, puisque Carly a encore assez la cote pour être bankable aux yeux des acheteurs de CD 2 titres (mais qui sont ces gens ?). Good Time est plutôt sympathique, en plus, dans le genre « chanson estivale qui fait plaisir à écouter en octobre ».

P!nk est une valeur sûre : au pire, le lead single de son album n’a pas beaucoup de succès et elle remballe discrètement les gaules pour les singles suivants, mais une chose est sûre, ça va passer à la radio, à la TV, et dans la bande-son de L’Amour est dans le pré. Il y a des gens comme ça, qui ne changent jamais leur recette (ici, tambouille pop rock vaguement féministe de meuf en colère contre les hommes / ou juste contre un seul mec) (Alecia, tes problèmes conjugaux ne nous regardent pas) mais qui emportent toujours l’adhésion.
Ellie Goulding a chanté au mariage de Kate et William, ce qui aurait dû suffire à lui ouvrir les portes de la postérité. Mais bon, depuis sa reprise de Your Song, on n’a plus beaucoup entendu parler d’elle en France. Mais la revoila avec un morceau étrange, un peu pop dance lounge, qui évoque vaguement Robyn ou La Roux ou Agnes, un truc un peu propre et auréolé de respectabilité, même si en termes de prises de risques elle est à peu près aussi subversive que Dido. N’empêche que c’est charmant.

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