Le tube d’il y a dix ans : The Calling – Wherever you will go

Il y a dix ans, outre le succès insolent de Shakira ou celui, relevant clairement plus du gag, des Bratisla Boys, la France, son public djeunz et son antenne nationale d’NRJ semblaient décidés à dresser un pont d’or à un groupe d’obscurs pop-rockeurs propres sur eux, arborant un savant mélange de brushing de Backstreet Boys, de charisme de Savage Garden et de guitares saturées de Nickelback pour quand même faire un peu plus rock (lol). Un dosage apparemment parfait puisque le titre Wherever you will go a squatté les ondes pendant des mois, en dépit du fait, apparemment non perçu par nos contemporains, qu’il s’agissait d’un titre absolument quelconque.

The Calling, puisqu’il convient de les nommer, ont été, comme bien d’autres avant eux, un one hit wonder comme le pop-rock (mieux encore que le R’n’B) sait en produire à la pelle.  Leur chanson insupportable est pourtant devenue une espèce de tube pop intergalactique, pas tant en termes de ventes qu’en termes de longévité de popularité. On a ainsi régulièrement retrouvé, depuis cette époque, Wherever you will go dans des B.O. de films, de séries ou d’émissions de télévision. La mélodie semble illustrer parfaitement, aux oreilles de nos amis professionnels de l’illustration sonore, l’idée de conquête, de foi dans l’amour naissant, d’envie de réussir le projet ambitieux que le héros un peu loser s’est fixé (qu’il soit paysan dans L’Amour est dans le pré ou anglais moche dans Love Actually). Alors que la chanson est plutôt triste, en fait, mais ce « I’ll go wherever you will go » sent bon la déclaration enflammée et l’enthousiasme du jeune premier qui se lance dans son premier pince-fesses mondain : on y croit, on va pécho. Et on va ressentir la flamme de l’amûûr, bien sûr, parce qu’on est pas des queutards, tu vois.
Pour ma part, j’attribue l’aura particulière de cette chanson à sa présence insoupçonnée sur la trame sonore (mais pas sur l’album) d’un autre film nul à chier mais culte : Coyote Ugly (aka Coyote Girls, le Flashdance / Dirty Dancing / Showgirls / Burlesque des années 2000, aka le parcours initiatique professionnel, artistique et amoureux d’une jeune première dans un milieu supposé trop sulfureux pour les vierges aux dents longues). Comme le film en question est sorti en 2000, a généré le seul et unique tube de Leann Rimes de notre côté de l’Atlantique puis a disparu du radar, le succès de Wherever you will go, une chanson également présente dans le film, deux ans plus tard ne peut pas être tout à fait un hasard. Mais je peux me tromper. Je me trompe sûrement, d’ailleurs.
Toujours est-il que le public abruti des NRJ Music Awards fit de The Calling le « groupe de l’année » par ses votes en janvier 2003 (préférés à U2, Muse et les Red Hot Chili Peppers – ces deux derniers groupes n’ayant même pas été nommés) (bonjour le flair), alors que c’était presque marqué dessus que c’était un groupe à un tube, malgré deux tentatives avortées dont personne n’a entendu parler en France pour succéder à Wherever you will go : Adrienne et Could it be any harder. (t’avais déjà entendu ?) (rien à voir avec la femme de Rocky ni avec un porno gay, a priori)
Mais vu que 1/ les NRJ Music Awards et leurs palmarès ne sont pas connus pour leur grande cohérence (cr. LMFAO groupe de l’année 2012, quoi…) et que 2/ finalement on se souvient peut-être plus de l’unique tube de The Calling que des autres « groupes » de l’année 2002 (cf. Umberto Tozzi/Lena Ka, P. Diddy/Usher et Atomic Kitten) (lol), ils n’ont peut-être pas eu tort. Même si le groupe s’est apparemment séparé depuis pour partir vers des carrières solo dont je n’ai guère plus entendu parler.

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