Michelle Obama topless. Are you serious ?

Bon, c’est quoi le problème avec les Obama à la fin ? Ok, c’est le couple le plus puissant du monde (ou quelque chose d’approchant), le premier Président des États-Unis issu des colored people, des african-american, et sa femme, un vrai symbole fort dans un pays qui a connu racisme, ségrégation, esclavage et lutte sanguinaire pour les droits civils il n’y a pas si longtemps. On a compris. Maintenant, ça fait bientôt quatre ans qu’ils sont là, il va peut-être falloir S’EN REMETTRE et arrêter de les renvoyer sans cesse à leur condition de noirs, non ?

Cette Une du magazine espagnol Magazine de Fuerta de Serie (franchement je connaissais pas ce magazine, je pouic pas un mot d’espagnol et le titre du magazine varie d’une reprise à l’autre, alors je ne sais même pas si c’est son titre exact) est en fait l’oeuvre d’une artiste, Karine Percheron-Daniels, qui a réalisé une série de montages de la tête de personnages politiques ou publics sur des oeuvres d’art représentant des nus. Ainsi Lady Diana, Abraham Lincoln, Elisabeth II ou Barack Obama lui-même auraient eu droit au même traitement. Bon, la démarche n’est pas d’une originalité ni d’une élégance folles, mais pourquoi pas. On attirera aussi l’attention des râleurs sur le fait que, si on doit chercher des oeuvres classiques, en peinture, représentant des noirs sur lesquels on pourrait coller la tête de personnalités actuelles, on tomberait essentiellement sur des représentations ethnocentristes voire colonialistes : indigènes, esclaves, femmes nues, etc.
En l’occurrence, Michelle Obama a eu le plaisir de voir son visage photoshopé par-dessus le tableau « Portrait d’une négresse », de Marie-Guillemine Benoist (que je ne connaissais pas non plus). Mais Karine Percheron-Daniels a « modernisé » et adapté le tableau au contexte, avec un joli drapeau US, ce qui nous donne cette charmante couverture de magazine au sous-titre subtil : « Michelle, descendante d’esclaves, Première Dame d’Amérique »…
Nan mais au secours quoi. Représenter les personnalités politiques et publiques dans un contexte détourné ou caricatural est permis, et c’est tant mieux. On peut le faire avec plus ou moins de bon goût, de provocation ou de blasphème, et c’est tant mieux aussi. Dans ce genre d’oeuvre, on sent bien la volonté de faire passer le message d’un certain « sens de l’Histoire », d’une évolution sociale positive pour les afro-américains (même s’ils demeurent l’un des groupes « ethniques » les plus stigmatisés de leur pays)… Mais franchement, la Première Dame des Etats-Unis avec un sein à l’air ? Pour quoi faire ?
Pour rappeler qu’elle n’est qu’à une couche de vêtements de perdre un peu de dignité ? Qu’à quelques générations de l’ancienne condition d’esclave connue par ses aïeux ? Que le nichon présidentiel fait jaser et vendre du papier ?
Ou juste pour nous choquer à pas cher ? Le message manque de clarté. Et s’il s’agit bien d’un message pour nous faire réagir à la « précarité » des progrès sociaux dont ont bénéficié les Obama à travers l’Histoire, est-ce bien efficace, dans une société où l’on entend encore dire que Michelle Obama apporte une « touche ghetto » au look de First Lady (mais si, remember l’article de Elle osant le splendide : « Dans cette Amérique dirigée pour la première fois par un président noir, le chic est devenu une option plausible pour une communauté jusque-là arrimée à ses codes streetwear » ou encore « Michelle Obama revisite en mode jazzy la garde-robe de Jacky Kennedy »), de se contenter de la mettre en scène nue, esclave, sexualisée comme une polynésienne de Gauguin, comme une curiosité exotique qu’on trouverait encore trop décalée à la Maison Blanche ?
Le couple Obama, comme la plupart des couples présidentiels américains, est entré dans l’imaginaire collectif, donc dans la pop culture, sous forme de vidéos virales de lip-singing, de détournements de photos, de scènes cultes de la vie politique internationale… mais jamais sous forme de mise en scène de la first lady sous forme d’esclave au sein dénudé. On n’aurait jamais fait ça à Hillary ou à Laura Bush, parce qu’on ne renvoie jamais les blanches à leur « ethnie ».
Je crie un peu avec les loups, j’en ai conscience… Mais franchement, je suis prude ou il y a une limite ?

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