Twilight 5 : bon débarras

Je sais bien qu’il est d’un convenu absolument désolant de dire ça, mais ENFIN ! Bordel, bon débarras ! A moins d’un improbable spin off (genre avec les deux vampires roumains qui parlent avec l’accent de Monsieur Preskovic et qui veulent buter les Volturi), nous n’entendrons plus parler de la saga Twilight, sauf peut-être une dernière fois dans quelques mois, lorsque les MTV Movie Awards et autres Teen Choice Awards ne manqueront pas de couvrir, une nouvelle fois de façon inexplicable, cette daube de récompenses. Car si les mois à venir me permettront peut-être de prendre un peu de recul sur cette saga et son succès universel auprès des adolescentes, je reste aujourd’hui sidéré de la nullité de cet épilogue sobrement intitulé Breaking Dawn – Part. 2.

Je veux dire, j’ai bien voulu patienter pendant quatre films, à écouter des déclarations niaises et à regarder des épanchements amoureux ridiculement chastes, le tout sur fond de discours subliminaux un peu limites sur le sexe ou sur la peine de mort (je ne parle même pas du gamin de 19 ans qui tombe « amoureux » d’un nourrisson), à condition d’avoir droit à un final virevoltant et à une conclusion à peu près intelligente… Bon, vu la qualité des précédents opus, j’aurais dû me douter que le niveau avait peu de chances de monter sur la dernière ligne droite. Mais quand même, de là à garder le même niveau de niaiserie après que Bella soit ENFIN devenue un vampire et qu’il n’y ait plus d’enjeu de séparation entre l’héroïne inexpressive et son bellâtre pâlichon…
Car en-dehors d’une scène d’affrontement final à peu près réussie mais bien longue à venir (et with a twist), on garde dans Twilight 5 les mêmes ingrédients risibles à force d’être nazes, qui ont fait le succès impensable des épisodes précédents : les yeux chelous (merci les lentilles), Renesmée avec son nom ridicule et sa tronche en biais made in animation taïwanaise, les regards langoureux, les vampires qui sortent des répliques bitchy même pas dignes d’une série télé bas de gamme, les scènes d’amour qui fleurent bon Danielle Steel, les répliques de Bella en voix off… Bref, que des trucs moches et emo à souhait, qui font rire et interrogent à peu près tout le monde sur le pourquoi du comment de l’engouement apparemment sincère des fans de ce « truc ». Un peu comme les G-Squad ou les romans-photos de Nous Deux, on se dit qu’il y a forcément une consommation second degré de ces produits, et que les aimer sincèrement à l’adolescence vous plongera inévitablement dans un abîme d’embarras à l’âge adulte. Mais en fait, on dirait bien que non.
Reste que la saga commençait à s’essouffler, à l’image du comportement du public dans la salle : rires réguliers, commentaires à voix hautes, pop-corn balancé sur les sièges (avec des restes de la séance précédente laissés à notre intention, sympa), gamines qui se lèvent, sortent de la salle, changent de rang, vont faire pipi et pouffent en groupe. Il était temps que ça s’arrête. Car si ça a un jour été du cinéma, vraisemblablement, ce n’en était plus.

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