Une semaine de paresse (2)

Homer Simpson

 

On ne change pas, comme le disait Céline. Le temps ne soigne pas les défauts qui se sont installés en nous comme des instincts. La paresse, encore elle, a rythmé tranquillement la semaine écoulée. Je me demande, paresse oblige, si je vais poursuivre cette série de photos sur Instagram, d’ailleurs. Ouvrir l’oeil et identifier le cliché quotidien me renvoyant à mon statut de feignasse est amusant, mais parfois trop prise de tête (c’est pas toujours facile de repérer la petite trace de fainéantise pertinente autour de soi) (je ne suis peut-être pas si indécrottable que cela après tout), et surtout ça te mine un peu le moral à la longue. Genre « Ayé, j’ai encore rien foutu de bien ». Je vais peut-être me trouver un défaut plus rigolo à explorer. Genre la gourmandise. Mais j’aime pas trop manger et Instagram regorge déjà de photos de desserts et de junk food estampillés #yummy ou #grossetruie, alors mon apport au schmilblick serait minime. Surtout vu le nombre de repas que je zappe malencontreusement chaque semaine (j’ai PAS LE TEMPS, j’te dis). Toujours est-il que le fait de s’imposer un rendez-vous quotidien avec un réseau social a semble-t-il un impact positif sur ma productivité. J’ai été complimenté deux ou trois fois par des amis qui saluent la reprise d’un rythme décent ici. Preuve, s’il en fallait, qu’il y a facilement cinq ou six personnes qui lisent vraiment ce blog. Dingue. Merci de vos encouragements, jeunes gens. Même quand l’essentiel de l’action autour des articles se passe désormais sur Facebook ou sur Twitter, c’est toujours agréable de constater que quelqu’un a pris cinq minutes de son temps de travail personnel pour lire mes lignes.

Swatch

Ma montre Swatch est morte. Je suis triste, bien sûr, mais surtout assez déçu. Je l’avais achetée il y a quelques années à Bâle, parce que je me disais qu’il me fallait absolument une Swatch achetée en Suisse. Elle aura donc vécu environ 3 ou 4 ans, au total, ce qui fait peu. Mais bon, c’était le modèle de base, le moins cher, en plastique (je n’ai jamais été très bling-bling), peut-être qu’elle était vouée à mourir vite. Au moment où j’ai pris cette photo, j’avais la flemme de l’emmener dans une boutique pour changer sa pile. Il a donc été 3h25, à mon poignet, pendant une bonne semaine. Et puis hier, je me suis arrêté chez un gentil horloger pendant ma pause déj’ (ma vie est fascinante), et il a changé la pile. Mais ça n’a rien changé. La montre est foutue, et moi j’ai gagné un cadeau de Noël de la part de ma mère, qui n’avait pas d’idée.

 

Compote

 

J’ai une hygiène alimentaire déplorable. Je le sais. Mes parents le savent. Mes amis le savent. Personne, y compris moi-même, ne songe à me sauver. Bande de salauds. Il faut savoir que je cuisine extrêmement rarement, me nourrissant essentiellement de junk food achetée à l’extérieur, de produits laitiers, de céréales et (quand je pense à en acheter) de fruits. Parfois, je fais une folie, genre des pâtes, ou une quiche depuis que j’ai de nouveau un four (c’est super facile à faire, les quiches, et hyper gratifiant, parce que tu as l’impression d’avoir accompli un exploit quand tu la sors – non brûlée – du four) (faut juste que j’arrête de confondre les boutons « pâtisserie » et « pyrolyse »). Ce soir-là, j’étais rentré tard et c’était soit des pâtes dans dix minutes, soit une compote presque périmée tout de suite. Mon choix a été vite fait.

 

 

Plaid à manches

 

L’Homme a acheté cette horreur, aperçue dans quelques sitcoms américaines, dans une attaque compulsive de dépensite aiguë sur le web. Le genre de crise passagère qui, avec le temps, remplit progressivement notre appartement d’intégrales de séries oubliées (oubliables, surtout) en DVD ou en Blu-Ray (genre Gem et les hologrammes ou le Cosby Show), de dessous de verre geeks dont on ne se sert pas, de chaussons chauffants et autres appareils électroménagers AB-SO-LU-MENT indispensables. N’empêche que, lorsqu’il commence à faire froid devant Koh-Lanta, que tu as la flemme de te lever pour aller chercher une couverture ou un plaid dans l’armoire de la chambre, et que cet ustensile fashion traîne négligemment sur le canapé… Bah tu abandonnes un peu tes principes.

 

 

KFC bucket

 

Il y a les gens bien. Ceux qui, invités un samedi soir, arrivent chez leurs hôtes avec un gâteau fait maison, une tarte salée, une bonne bouteille, ou même du matos pour faire des toasts et des blinis au tarama ou au tzatziki. Ceux qui font un effort pour ne pas débarquer les mains vides et agir comme dans les soirées de l’ambassadeur. Et puis il y a ceux qui, comme moi, achètent un bucket au KFC sur le chemin.

 

 

Metro

 

Le trajet Les Halles – Châtelet, en métro. Oui, c’est du niveau Master feignasse, Sega c’est plus fort que toi, là. Pour dire la vérité, je n’étais même pas d’accord, mais bon, j’ai laissé faire. Il faut dire que la station est super grande, aussi, hein.

 

 

Note de frais

 

La note de frais, ce douloureux problème. C’est qu’une fois que tu les as avancés, tes 22 euros de taxi, en vrai tu t’en fous un peu. Tu sais que c’est exactement le genre d’instant où tes principes devraient te rattraper, où tu devrais te montrer digne des combats historiques de la lutte des classes qui te permettent aujourd’hui de bénéficier de défraiements et d’avantages sociaux, et que merde, 22 euros c’est 22 euros. Mais il faut trouver ce modèle de déclaration de frais qui traîne quelque part sur le serveur informatique du boulot et le remplir, avant. Tu l’as cherché environ 45 secondes 10 minutes, et puis tu as baissé les bras. Depuis, le papillon du taxi te nargue, là, juste à côté de ton clavier sur ton bureau. Tu te sens un peu comme une merde. Du coup, tu l’as planqué sous ton pot à crayon, en espérant un jour trouver le feu sacré et remplir ce p**ain de formulaire de déclaration de frais pour la compta. Tes fins de mois en dépendent peut-être.

 

 

Oursons guimauve

 

Hygiène alimentaire déplorable, épisode 2 : s’il m’arrive de zapper le dîner parce que j’ai oublié, bu un verre, zoné devant la télé ou juste grignoté un crackers à 21h qui m’a calé pour le reste de la soirée, il est en revanche quasi-systématique que je zappe le petit-déjeuner. En semaine, hein, pas le week-end, on n’est pas des sauvages. Levé à 8h40 pour un départ de mon domicile à 8h45 (oui, je sais, le luxe), je m’habille, me désodorise et me coiffe (quand je peux) (mes épis sont plus forts que moi) sans passer par la case Choco Pops. Note que j’aimerais beaucoup, hein. Mais je préfère dormir. De loin. A n’importe quelle autre activité diurne, d’ailleurs. Du coup je me limite à un combo jus de fruit / brossage de dents express (pour ne pas avoir une haleine de poney en décomposition dans le métro, qui est déjà un endroit assez pénible comme ça), et parfois, vers 11 heures au boulot, un bruit de tonnerre envahit les couloirs. Oui, c’est mon bide. Non, je n’assume pas trop face aux collègues. Alors quand quelqu’un laisse traîner des sucreries près de la cafetière, j’en profite pour sauver les apparences (à défaut de mes carences).

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Une semaine de paresse (2) »

  1. Moi je lis assez régulièrement mais j’avais zappé cet article, mes yeux ayant sauté le « (2) ».
    Grâce à toi je regarde once upon a time et je me rassure en me disant que mon niveau de paresse n’est peut être pas aussi élevé que je le pensais ^^.
    Alors … merci 😀

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