Pronostiquons les César 2013

 

césar

C’est étrange comme, de l’autre côté de l’Atlantique, les Oscars, Golden Globes, SAG Awards et autres Saturn Awards passionnent les foules au point de générer une quantité phénoménale d’articles et de pronostics, que ce soit avant ou après l’annonce des nominations… alors qu’en France, rien de comparable ne survient à l’approche des César. Il faut avouer que la cérémonie française, qui n’existe que depuis les années 70, a toujours cette aura un peu poussiéreuse dans le sillage des Oscars (qui, eux, existent depuis 1929) (on a donc mis près de cinq décennies à assumer, de notre côté, l’idée de compétition entre des acteurs, des films ou des réalisateurs) (probablement parce qu’on avait déjà le Festival de Cannes et qu’on se disait que ça suffisait bien comme ça). Mais comme je me suis un peu loupé, cette année, au niveau des pronostics des Oscars et des Golden Globes (et, aussi, comme je n’ai rien publié ici depuis des siècles), je me suis dit que j’allais tenter de pré-pronostiquer les César 2013, dont les nominations seront annoncées ce vendredi 25 janvier…

Évidemment, comme c’est un peu fait au pif, je vais me laisser aller à quelques digressions et ne surtout pas me limiter à 4 ou 5 nommés par catégorie, hein.

 

camille redouble

 

Meilleur film

De Rouille et d’Os, de Jacques Audiard
Camille Redouble, de Noémie Lvovsky
Vous n’avez encore rien vu, d’Alain Resnais
Thérèse Desqueyroux, de Claude Miller
Les Adieux à la Reine, de Benoît Jacquot
Holy Motors, de Leos Carax
Le Prénom, d’Alexandre de La Patellière et Mathieu Delaporte
Les Infidèles, de plein de gens qui ont surfé sur le succès de The Artist
Amour, de Michael Haneke (qui risque fort opportunément d’être considéré comme film franco-autrichien pour une fois)
Du vent dans mes mollets, de Carine Tardieu
Dans la maison, de François Ozon
Main dans la main, de Valérie Donzelli
Superstar, de Xavier Giannoli
Two Days in New York, de Julie Delpy
Foxfire, confessions d’un gang de filles, de Laurent Cantet

 

Il suffit, de plus en plus souvent ces dernières années, de regarder du côté du festival de Cannes quels sont les films français à l’affiche, que ce soit en compétition ou hors-compétition, pour avoir une première idée des films qui vont réussir à tirer leur épingle du jeu quelques mois plus tard du côté du Théâtre du Châtelet. Avec ce mélange parfaitement dosé de stars plus ou moins confirmées, de glamour, de films « accessibles » et de cinéastes estampillés « auteurs », il faut croire que Thierry Frémeaux fait une partie du boulot de l’Académie. Cette année, de deux choses l’une : soit Amour sera retenu et écrasera tout le monde, soit il ne le sera pas et, faute d’unanimité, les votants se reporteront probablement sur Noémie Lvovsky ou Jacques Audiard (dont De Rouille et d’Os est pourtant loin d’être le meilleur film).

 

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Meilleure actrice

Marion Cotillard, pour De Rouille et d’Os
Emmanuelle Riva, pour Amour
Audrey Tautou, pour Thérèse Desqueyroux
Diane Kruger, pour Les Adieux à la Reine
Valérie Lemercier, pour Main dans la main
Sara Forestier, pour Télé Gaucho
Noémie Lvovsky, pour Camille Redouble
Julie Depardieu, pour Possessions
Emilie Dequenne, pour A perdre la raison

Les deux favorites, dont la nomination est déjà assurée, seront évidemment Cotillard et Riva, avec un léger avantage pour cette dernière, dont l’âge canonique et la belle histoire des oscars font une candidate irrésistible pour venir prononcer un discours ému devant les téléspectateurs à moitié endormis de Canal Plus.

 

 

 

jean-louis-trintignant-amour

 

Meilleur acteur

Matthias Schoenaerts, pour De Rouille et d’Os
Fabrice Luchini, pour Dans la maison
Jérémie Elkaim, pour Main dans la main
Niels Arestrup, pour A perdre la raison
Patrick Bruel, pour Le Prénom
Denis Lavant, pour Holy Motors
Jean-Louis Trintignant, pour Amour
Jérémie Renier, pour Cloclo
Vincent Lindon, pour Augustine
Jean-Pierre Bacri, pour Cherchez Hortense
Gaspard Proust, pour L’Amour dure trois ans
Yvan Attal, pour 38 Témoins

Là, c’est probablement Matthias Schoenaerts et Jean-Louis Trintignant qui tiennent la corde. Trintignant ayant été snobé à Cannes et aux Oscars, les César auront peut-être à cœur de le récompenser. Il n’a d’ailleurs jamais obtenu de César, alors que c’est un monument du cinéma français. Il est temps.

 

valérie benguigui

 

Meilleure actrice dans un second rôle

Isabelle Huppert, pour Amour
Kristin Scott-Thomas, pour Dans la maison
Valérie Benguigui, pour Le Prénom
Maïwenn, pour Télé Gaucho
Isabelle Carré, pour Du vent dans mes mollets
Agnès Jaoui, pour Du vent dans mes mollets
Yolande Moreau, pour Camille Redouble
Béatrice de Staël, pour Main dans la main

Quand on y réfléchit, peut-être même qu’ils vont oser nommer Kylie Minogue pour Holy Motors. Lol. Pour moi, il faut absolument que Valérie Benguigui soit récompensée pour son rôle de mère de famille et d’épouse dévouée qui ronge son frein depuis des années et qui, au détour des joutes verbales survoltées dans Le Prénom, réussit à imposer le meilleur passage du film, dans un monologue rageux et sans fioritures. C’est l’occasion de récompenser une actrice qui n’a pas que des chefs d’oeuvre dans sa filmo, mais qui fait le job et a su transcender un rôle a priori plan-plan pour en faire, même si le but du scénario était peut-être là, le seul personnage du film pour lequel on finit par être sincèrement empathique. Sinon, je voterais bien Béatrice de Staël, qui vole souvent la vedette aux acteurs principaux de Main dans la main. Le scene stealer, ça marche toujours.

 

samir guesmi

 

Meilleur acteur dans un second rôle

Denis Podalydès, pour Camille Redouble
Benoît Magimel, pour Cloclo
Bouli Lanners, pour De Rouille et d’Os
Eric Elmosnino, pour Télé Gaucho
Joeystarr, pour L’Amour dure trois ans
Samir Guesmi, pour Camille Redouble
Jean d’Ormesson, pour Les Saveurs du palais
Guillaume de Tonquédec, pour Le Prénom
Charles Berling, pour Le Prénom

Je suis loin d’être sûr de mon coup sur cette catégorie, dont je n’ai pas vu tous les films cités et où aucune des performances que je suppose ici être « nominables » ne m’a spécialement renversé de mon fauteuil en salle. J’ai un faible pour Denis Podalydès (qui est rarement récompensé), j’ai bien aimé Samir Guesmi dans Camille Redouble, et en même temps un film choral comme Le Prénom a tendance à favoriser les cabotinages et autres instants de gloire pour un acteur parmi tous les autres… Par conservatisme, je miserais sur Podalydès, qui a également été très bon dans Du vent dans mes mollets, sorti à peu près en même temps que Camille Redouble.

 

izia higelin

 

Meilleur espoir féminin

Laurence Arné, dans Bowling
Alice Belaïdi, dans Les Kaïras
Agathe Bonitzer, dans Une bouteille à la mer
Lola Créton, dans Après mai
Alice de Lencquesaing, dans Au galop
Lola Dewaere, dans Mince alors!
Arta Dobroshi, dans Trois mondes
Julia Faure, dans Camille Redouble
India Hair, dans Camille Redouble
Izia Higelin, dans Mauvaise Fille
Sarah Le Picard, dans Alyah
Sofiia Manousha, dans Le noir (te) vous va si bien
Noémie Merlant, dans L’orpheline avec en plus un bras en moins
Alice Pol, dans Un plan parfait
Clara Ponsot, dans Bye Bye Blondie
Camille Rutherford, dans Low Life

Là, c’est plus simple, puisque la liste des pré-nommées a été dévoilée en novembre. J’aurais bien ajouté Soko pour Augustine, mais c’est vrai qu’elle a déjà été nommée. Je sens venir à dix kilomètres le syndrome « fille de », entre Izia et Lola Dewaere…

 

ernst umhauer

 

Meilleur espoir masculin

Ben, dans Superstar
Emile Berling, dans Comme un homme
Jonathan Cohen, dans Un plan parfait
Mehdi Dehbi, dans Le fils de l’Autre
Vincent Lacoste, dans Astérix et Obélix au service de sa Majesté
Benjamin Lavernhe, dans Radiostars
Côme Levin, dans Radiostars
Clément Metayer, dans Après mai
Félix Moati, dans Télé Gaucho
Grégory Montel, dans L’air de rien
Kacey Mottet Klein, dans L’enfant d’en haut
Pierre Niney, dans Comme des frères
Matthias Schoenaerts, dans De rouille et d’os
Mahmoud Shalaby, dans Une bouteille à la mer
Stéphane Soo Mongo, dans Rengaine
Ernst Umhauer, pour Dans la maison

Ici, cela va se jouer entre Schoenaerts et Umhauer, selon moi, même si les « fils de » Emile Berling et Félix Moati bénéficient également de premiers rôles consistants. Je m’étonne que les gentils gars de Les Kaïra (et notamment Franck Gastambide) aient été snobés sans ménagement, mais bon…

 

Je pense que cette année, les César ne seront pas un grand cru, avec à mon sens deux favoris assez nets (Amour et Camille Redouble) mais probablement incapables d’imposer une domination claire sur leurs concurrents. Plein de miettes à se partager pour tous, et le grand gagnant du concours de bite (= qui qu’en a reçu le plus) qui se décidera probablement aux César techniques.

8 réflexions au sujet de « Pronostiquons les César 2013 »

  1. Je constate un énooooorme oubli dans tes pronostics, peut-être est-ce conscient, peut-être est-ce inconscient, et peut-être ne fais-je la remarque que parce qu’il s’agit de mon film préféré de 2012, mais… O est « Adieu Berthe » ?!! (par ailleurs joli succès en salles et amplement soutenu par la critique à l’époque, donc il n’y a pas que moi qui suis fan) 😉

    1. Je n’ai pas vu « Adieu Berthe », et je crois que je n’y ai simplement pas pensé. A mon sens, c’est typiquement le genre de film qui se fait snober aux César (il y a quand même pas mal de concurrents dans la catégorie meilleur film, et les César n’ont que rarement été sympas avec les frères Poda). Valérie Lemercier et Denis Podalydès ont, par ailleurs, été très bons ailleurs, cette année. Peut-être une nomination pour le toujours bon Michel Vuillermoz ? Mais je ne suis pas devin, hein ! Wait and see ! 😉

      1. Vuillermoz, s’il décroche une nomination, ce sera en 2nd rôle pour Camille, pas pour Berthe. Lermercier peut être nommée en second rôle, tout comme Isabelle Candelier, pour Berthe, voire Denis Poda en 1er rôle. Scénario original, ça serait amplement mérité aussi.

    1. J’y ai pensé mais n’ai pas tenu compte de ce film. Ma seule excuse, ici, c’est que le film est sorti le 4 janvier 2012, soit avant même les César de l’année dernière, ce qui fait quand même un peu loin pour une nomination. D’ailleurs, c’est quoi le critère « objectif » de nomination ? Être sorti en salles durant l’année calendaire précédente ?

      Je suis quand même quasi-certain qu’il sera zappé par l’Académie. Tout ceci est plus un pronostic personnel qu’une prédiction objective. 🙂

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