La foule

Ce week-end, je fêtais donc mon anniversaire. Rien de bien extravagant. Quoique. Comme chaque année, une quarantaine d’amis plus ou moins proches, que je vois plus ou moins souvent mais en qui j’ai globalement confiance, à qui je proposais de venir chez moi participer à une petite soirée déguisée placée sous le signe du ridicule. Comme chaque année, sur cette quarantaine, une vingtaine vint. Il aurait pu y en avoir encore moins. Quinze, dix, cinq. L’important étant finalement de construire, autour de soi pour quelques heures, une petite forteresse de rires et de bienveillance pour entrer avec plaisir dans une nouvelle année, un nouvel âge et ses promesses. S’offrir un joli moment et un rappel tout bête : plein de choses sont dures, mais il y a autour de nous quelques personnes qui nous aiment, et qui d’année en année sont là, pour nous. Ceci, qu’elles changent, restent les mêmes, s’en aillent, accueillent des nouveaux ou restent indécrottablement entre elles. Comme tout le monde. Comme une seconde famille. Celle que vous construisez seul et qui accompagnera vos bonheurs et vos épreuves.

 

 

Évidemment, et même si j’ai ainsi passé la quasi-intégralité du week-end tourné vers ma petite sphère privée et domestique, je n’ai pu m’empêcher, probablement par le même masochisme qui a mû les nombreux twittos LGBT ou simplement pro-mariage que j’ai observés en train de commenter BFM TV et i>Télé toute la journée de dimanche sur le web, de suivre un peu les débats et autres interventions des envoyés spéciaux en direct de la « Manif pour tous ».

 

 

Comme d’habitude, cela m’a fatigué et irrité, par la bêtise et l’hypocrisie générale qui en suintait. Au bout de trois mois, je n’ai en fait pas grand-chose de plus à dire que ce que j’ai déjà dit. Rien n’est plus insupportable à regarder que cette homophobie polie, déblatérée avec le sourire et évidemment niant tout germe d’homophobie (parce que l’homophobie, c’est mal, c’est insultant, et surtout c’est illégal). Les interviews à l’improviste des gentilles familles venues de partout en France et incapables d’opérer une distinction entre le cadre du mariage religieux dans lequel ils ont eu leurs enfants (et dans lequel ils conserveront le droit de s’aimer et de les élever dans les valeurs de leur choix) et le cadre du mariage républicain, qui ne peut plus fermer la porte aux couples de même sexe s’il veut rester en conformité avec le principe de l’égalité républicaine.

 

 

Les interviews des gentilles dames craignant qu’on ne bouleverse les familles et les repères au profit d’une infime minorité. Inconscientes visiblement que cette infime minorité et ses familles existent déjà, l’entendent, l’écoutent les pointer du doigt comme s’ils étaient une fiction apocalyptique. Inconscientes de leur violence.

 

 

Les interviews de responsables politiques, notamment de droite, venus s’exprimer « sans étiquette bien sûr » mais tout de même un peu contre le gouvernement, tu penses. Les interviews des gamins de cinq ans qui ressortent au micro un ou deux clichés normatifs inculqués par leurs parents et dont ils comprennent à peine le sens. Les interviews de prêtres et de responsables religieux trop heureux de prendre la parole et de peser dans un débat, pour la première fois depuis des années, dans une société laïque qui semblait ne plus vouloir de leur avis mais avec qui ils se sont trouvés un adversaire commun : le lobby gay élitiste et irresponsable. Les interviews de Frigide Barjot ou Xavier Bongibault et leurs arguments débiles sur les homosexuels qu’on voudrait « forcer » à se marier et à rentrer dans le moule du mariage civil (ce qui serait effectivement homophobe si c’était une obligation, mais on ne parle ici que d’offrir un choix, dans l’égalité, aux couples qui le souhaiteront – peu importe qu’ils ne soient que quelques centaines à travers le pays, l’enjeu est avant tout l’égalité). Les interviews de mémés qui pensent être venues « protéger » la famille. La protéger de quoi ? Difficile pour ces gens, si on les pousse un peu dans les retranchements de leur raisonnement, d’éviter de laisser transparaître, au détour d’une phrase, leurs fantasmes et leur perception condescendante des homosexuels en général, et des couples homosexuels en particulier.

 

 

Que le débat existe, je le comprends. Même s’il me fatigue. C’est parce que j’ai une position affirmée, et que devoir la développer et la justifier si souvent ces temps-ci est forcément un peu lassant. La politique, c’est un vrai métier. Difficile. Surtout quand les débats s’attardent sur un sujet unique. Ce n’est pas mon métier. Être professionnel de la politique, ou être militant actif, c’est mobiliser une conviction et un courage au quotidien, face à des interlocuteurs finalement pas si souvent bienveillants. Alors quand on est titillé depuis des semaines et que les conversations de comptoir exigent de mobiliser ces mêmes doses de conviction et de courage dans des discussions vaines, où les interlocuteurs ne fléchissent jamais, c’est lourd. Ça dure. Ça épuise.

 

 

N’empêche, les positions divergentes sont légitimes, et chacun est en droit de penser ce qu’il veut ou de questionner le projet de loi sur le mariage pour tous. J’entends des questions pas trop bêtes, sur l’avenir, la filiation, les conséquences d’une reconnaissance des couples homosexuels et de leur parenté d’ici trois générations, l’ouverture d’une boîte de Pandore (ou bîte à Pandore) (lol) où tous les tabous sexuels (inceste entre adultes consentants, polygamie ou autres) se vaudraient,  la disparition programmée des repères moraux imprimés par la religion catholique sur la France et la peur de ne pas avoir une République assez forte pour pallier cette disparition, la volonté des enfants de connaître leur histoire biologique, les questions bioéthiques soulevées par la gestation pour autrui… Toutes ces questions, je les comprends, face à un changement qui va quand même à l’encontre de 2000 ans d’histoire de domination d’un modèle familial hétérocentré en Occident et d’infériorité plus ou moins officialisée et/ou intériorisée de l‘homosexualité. Et les soutiens publics (politiques, médiatiques) du mariage pour tous tentent d’y répondre avec sagesse, soit en s’appuyant sur des précédents (les autres pays qui ont été plus précurseurs que la France dans ces domaines et où la famille n’a pas explosé), soit en développant des raisonnements plus théoriques sur ce qu’une reconnaissance et une égalité devant la loi peuvent apporter de positif à la société et aux familles homoparentales (quand bien même l’égalité de fait n’existe jamais, le fait que la loi tende vers une égalité de principe entre les citoyens et établisse, dans les règles du jeu, que la discrimination c’est mal, ce sera toujours une bonne chose).

 

 

Apparemment en vain. Ce qui nous épuise dans ce débat sur le mariage pour tous, c’est que les positions de chacun semblent désormais cristallisées, inflexibles, d’un côté comme de l’autre. Faisant ressortir, à force de paralysie des débats, les crispations des deux camps. Incapacité des « antis » à dissimuler longtemps derrière leurs opinions et leur peur panique d’être taxés d’homophobie une vision pour le moins condescendante des homosexuels. On ne les juge pas, on les aime, ils font ce qu’ils veulent de leurs fesses, mais ne les reconnaissons surtout pas comme des égaux qui seraient aussi légitimes que nous à se marier ou à élever des enfants, protégeons les enfants de ces consommateurs sans limite morale (ils doivent imaginer qu’on va créer des sites du genre « Adopte un mec » où l’on pourra cliquer sur le profil d’un gamin à adopter et l’acheter comme une paire de chaussures) ; ne les accueillons pas dans la reconnaissance civile du couple, laissons les continuer à être les branches mortes des arbres généalogiques parce que, quand même, la nature (et donc le contre-nature) quoi… Incapacité des « pros » à cacher leur irritation, voire leur colère, face à ces arguments aux relents homophobes polis et souriants, convaincus d’être de bonne foi et pas du tout interloqués à l’idée de défiler sur le même trottoir que le FN, Alliance Vita et Civitas, non pas pour protéger un acquis social, mais pour refuser un droit dont ils bénéficient à une partie de leurs concitoyens. Incapacité des « pros » à rester calme face à tout ce mépris affable habillé de démonstrations plus ou moins adroites sur le fait que la complémentarité homme/femme est le dernier rempart à préserver (comme si l’ouverture du mariage allait empêcher la société de rester à 95% hétérosexuelle) avant un effondrement moral de la société. Incapacité des « pros » à ne pas, finalement, passer pour des hystériques, des bobos parisiens déconnectés du monde des vrais gens pleins de bon sens, des communautaristes, des hétérophobes, des cathophobes, des sectaires, des lobbyistes face à la suffisance de Jean Duchesne ou de Christine Boutin.

 

 

C’est justement parce qu’elle est dite avec le sourire, « sans homophobie », que cette opposition au mariage gay si massivement soutenue et médiatisée hier fait mal. Parce qu’elle cache mal les fantasmes et la condescendance des soutiens de Frigide Barjot. Au moins, avec Alain Escada et Civitas, c’est clair : c’est de l’intégrisme catholique, de l’extrémisme, du mépris assumé envers les sodomites avec prières en pleine rue à la clé, on sait à quoi s’en tenir. Alors que certaines gentilles familles ou mignons petits couples venus manifester à Paris hier ne semblaient même pas, poussés dans leurs retranchements et derrière leurs sourires aimables, avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que leurs réticences et leur volonté de « sauver » la famille et les enfants ne pouvaient avoir pour origine qu’une perception infériorisante de l’homosexualité, que l’idée que quand même, un parent homo c’est moins bien qu’un parent hétéro. Que le parent social d’un enfant peut éventuellement ne pas être son parent biologique, mais que bon si c’est un parent hétéro qui peut faire semblant d’avoir conçu lui-même son enfant par un rapport (hétéro)sexuel, c’est quand même mieux.

 

 

Que tu penses ça, que tu aies un peu de mal à percevoir les gays autrement que comme des gens un peu bizarres qui revendiquent une normalité que tu  estimes être tienne (car si nos couples peuvent être reconnus par le mariage, en quoi serez-vous, à l’avenir, plus « normaux » que nous ?), je le comprends. Que le débat existe et qu’on appelle à raison garder et à ne pas aller trop vite, à l’approche d’une réforme, je le comprends aussi. C’est le conservatisme, l’envie de garder les choses telles qu’elles sont quand on estime qu’elles nous conviennent très bien en l’état, et ce n’est pas mal.

 

 

Que tu sois allé manifester hier, en revanche, je le comprends moins. C’est donc si important pour toi que je ne puisse pas déposer un dossier un jour auprès d’une structure dédiée à l’adoption, passer une batterie de tests psychologiques, voir mon couple, mes finances et ma vie quotidienne scrutés à la loupe par des assistantes sociales pendant des mois, avant de très probablement me voir refuser mon dossier ? Cela te gêne à ce point que je puisse être candidat à l’une des démarches les plus sélectives de la parenté ? C’est donc si important pour toi que la loi française ne précise pas, si besoin, que j’ai autant de valeur que toi, que mon couple est digne de reconnaissance, que mon conjoint mérite d’être protégé par la loi si je meurs, que je suis autant que toi capable d’éduquer un enfant et de lui transmettre des valeurs et l’histoire de ses origines ?

 

 

Si cela te gêne tant, et si te débarrasser de ta suffisance à mon endroit te semble si dur, c’est que, comme je le sens depuis quelques semaines, ces discussions sont vaines. Tu ne changeras pas d’avis, je ne changerai pas d’avis. Le débat est vain. Tu es homophobe, mais pas suffisamment ouvertement pour que la loi t’en punisse. Bravo à toi. En bonus, tu as bénéficié d’une jolie fenêtre médiatique et récréative, d’une belle opportunité d’exprimer tes craintes putrides et ton fiel gentiment méprisant en pleine rue, au motif noble de protéger les enfants (cette bonne vieille rhétorique de l’enfant innocent face à l’homosexuel prédateur et plein de convoitise, ce rapprochement forcément inconscient entre homosexualité et pédophilie, avoue que ça te rassure dans tes convictions, hein ?).

 

 

Dans la lignée de l’un de mes coreligionnaires, j’ai tout de même un petit message, le dernier, à t’adresser avant de retourner vaquer à mes occupations forcément hédonistes et irresponsables : je n’ai ni le temps ni l’envie de stalker mes contacts sur Facebook ou autres pour savoir ce qu’ils pensent du mariage pour tous. Je pense que j’en ai quelques-uns qui sont sceptiques, réticents ou tout simplement contre. Des opinions que je suis capable de respecter. Mais tu fais peut-être partie de ceux que je n’ai pas revus depuis la fac, ou depuis le lycée, ou depuis un obscur stage il y a quelques années. Si c’est le cas, j’ai peut-être oublié ton nom ou ton pseudonyme, et je ne pense même plus à vérifier où tu en es de ta carrière, de ton couple ou de ta vie en général. Alors si tu entres dans ce cas de figure, lis bien ceci : si tu es allé à la Manif pour tous (mais surtout Manif contre certains) de ce dimanche 13 janvier 2013, s’il te plaît, dégage-moi de tes contacts Facebook, vire-moi de ton répertoire, raye mes coordonnées de tes répertoires papier, oublie-moi. Si je vois par hasard que tu as participé, je t’épargnerai ce douloureux clic en t’enlevant moi-même de mes contacts, va. Mais n’hésite pas à me devancer : tu pourras toujours partager ce post avec tes amis en arguant que je ne suis qu’un gros con sectaire et que l’intolérance est une fois de plus du côté des pro-mariage, si ça te fait plaisir. Je ne vois même plus l’utilité de répondre à cela. Ce n’est pas de la radicalisation, juste de la lassitude et un triste constat, après toutes ces semaines. Ton engagement contre l’égalité des droits et tes peurs irrationnelles des conséquences d’une reconnaissance du couple homosexuel comme étant de qualité égale au couple hétérosexuel nous rendent incompatibles. Pas capables de dialoguer, de nous regarder l’un l’autre sans que ne persiste désespérément un fond de condescendance et de mépris. Il n’est pas utile de se forcer à côtoyer des gens qui ne génèrent en nous que peur et colère. Ni pour toi, ni pour moi. Ton empressement à vouloir nous maintenir, mon compagnon et moi, dans une infériorité reconnue par la République, ne me donne plus envie de te parler, de te recroiser, d’affronter ton assurance tranquille au prochain mariage hétérosexuel d’un ex-camarade de classe auquel j’assisterai (au demeurant, avec plaisir). Parce que la politique, je l’ai déjà dit, n’est pas mon métier, et que je n’ai plus l’énergie nécessaire, au bout de toutes ces semaines, pour supporter ton regard condescendant sur mon profil, sur mon mur, sur mes parents forcément éplorés ou sur ma vie de patachon forcément débridée et contraire aux bonnes moeurs. Plus envie de m’excuser de préférer un torse poilu à une poitrine généreuse. Plus envie d’avoir l’impression de te supplier toi lorsque je serai encore dans la rue, le 27 janvier, à quémander l’égalité. Plus envie d’être ton alibi « j’en connais ». Bonne route à toi, et à jamais.

5 réflexions au sujet de « La foule »

  1. Merci pour cet article, qui m’aide encore plus à me rendre compte de ce que vous ressentez par rapport à ces évènements. Je vais maintenant te donner mon point de vue.

    En tant qu’hétéro, je vais être franc avec toi, lorsque j’ai appris l’émergence de ce débat, je me suis dit « Tant mieux pour eux. Mais concrètement, je m’en fous, ça ne changera rien dans ma vie, ce n’est pas ça qui sauvera la France de la merde dans laquelle elle est. ».

    Je me servais plus du sujet pour foutre la merde dans les repas entre amis arrosés (les repas de famille pendant les fêtes évidemment aussi y ont eu un peu droit). C’était un moyen pour moi de tester un peu l’homophobie des gens.

    Je soupçonne également Hollande de la jouer « on lance un débat houleux pour occuper les foules » à la manière de Sarkozy avec le thème de « l’identité nationale » en 2009. Le temps nous dira ce qu’il en est. Si cette loi n’aboutit pas, c’est que c’était effectivement l’idée : beaucoup de bruit ambiant pour pas grand chose.

    J’étais, pour autant, content pour tous mes amis concernés ; même si pour être honnête, je n’en ai pas trop discuté avec eux. Je ne sais même pas s’ils ont l’intention de profiter de cette loi, si elle passe. Quoiqu’il en soit, je suis par principe pour l’égalité. Et à défaut d’une croissance économique, j’aime le progrès sociétal (et ça ne fait que trop longtemps que ça devrait être fait).

    Mais ne me sentant pas particulièrement concerné par ce débat, je ne suis pas allé manifesté en décembre. S’il y avait un référendum, je voterais naturellement en faveur du mariage pour tous. Mais je n’ai jamais eu l’intention de jouer les « pro » hystériques qui partagent 72 liens en faveur de la loi sur Facebook ou Twitter.

    Clairement, bien qu’ayant mes convictions, c’est une cause pour laquelle je ne me sentais pas particulièrement engagé. Pas jusqu’au dimanche dernier. J’ai moi aussi vu sur LCI comme sur iTélé tout ce qu’il se passait (et j’étais dans une salle de sport, donc je ne pouvais même pas zapper). J’ai également vu tous ces merveilleux groupuscules extrémistes présents.

    Et là, soudainement, j’ai eu vraiment HONTE d’être français. Je me suis demandé quelle image nous donnions aux autres pays. Je me suis senti vraiment extérieur à ces gens. Je me suis dit que ça ne pouvait pas être ça la France. Je me suis dit que ce n’était pas possible que ces gens et moi nous puissions être regroupés sous la même nationalité.

    Je ne suis pas naïf. Je sais que l’homophobie existe. Mais voir l’intolérance autant mise en exergue, regroupée à l’unisson comme ça, je trouve ça violent (voire barbar parce que la haine est camouflée).

    Aussi, j’ai décidé de battre le pavé le 27 janvier. Parce qu’il n’y a pas d’autre moyen pour mieux soutenir cette loi. Parce qu’on ne doit pas revenir en arrière. Parce que cette loi DOIT passer. Parce que sinon cela voudrait dire que ces gens-là ont gagné et ça je ne l’accepte pas.

    Si nous laissons de tels organismes et de telles personnes, baignant dans la phobie, l’obscurantisme, la haine ou le conservatisme, décider des lois dans ce pays, alors je ne vois pas l’intérêt d’y rester.

    PS : oui je ne suis pas aussi indulgent que toi sur ce point: le conservatisme est à bannir autant que le reste. C’est un cancer qui n’a que trop consumé la France et finira par la laisser à la traine du reste du monde.

  2. @Alex : ce n’est qu’une modeste contribution parmi des dizaines d’autres qui fleurissent sur la blogosphère, à la fois tristes et réconfortantes, comme tu me vois encore en partager ici ou là. 😉

    @Edouard : je partage ton point de vue, tu t’en doutes, mais je persiste à croire que le conservatisme est utile, y compris dans les débats où j’occupe une position « progressiste ». Car sans aller jusqu’aux amalgames et autres arguments malhonnêtes mobilisés chez les « anti », je trouve normal et sain qu’il y ait un camp « contre », c’est-à-dire appelant à raison garder, à ne pas avancer trop vite, à réfléchir aux conséquences, à se poser des questions avant de foncer dans la direction où notre bon coeur nous porte naturellement… Une fois qu’on a répondu auxdites questions de manière rationnelle (et c’est le cas avec le mariage et l’adoption), alors aucune raison de douter ! 😉

    Je sais bien que ce camp « contre » qui débat n’est pas toujours hyper honnête intellectuellement, et qu’ils passent par des chemins tortueux convoquant l’histoire, la psychologie ou la cuisine moléculaire s’il le faut afin de valider un postulat réac’ et « instinctif » de peur de la différence et du changement. N’empêche que leur existence est saine et permet au « sens de l’histoire » de s’imposer en ayant la légitimité d’avoir surmonté des résistances… qui se sont avérées surmontables.

  3. Oui. Une bonne fois pour toute, que ceux qui ont marché le 13 janvier assument qu’il s’agissait d’une manif homophobe et qu’ils vivent avec ça comme nous vivons avec les messages haineux à notre endroit qu’ils distillent de manière décomplexée un peu partout… Et plaignons surtout les enfants gays de leurs familles qui enrichiroont des générations de psy dans quelques années.

    Ps: espérons que beaucoup d’Edouard seront dans la rue le 27 janvier !

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