La Pop-Pouffe de février

Kim Kardashian, Demi Lovato, Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Phillip Phillips, les Jonas Brothers, Taylor Swift… Il existe de plus en plus de célébrités américaines dont la notoriété parvient jusqu’à nous, mais dont on se demande bien si les Français vont se décider un jour à acheter leurs disques ou aller voir leurs films. Le cas de Taylor Swift devient préoccupant, dans la mesure où ça fait maintenant trois bonnes années qu’elle a accédé à la renommée mondiale grâce à ce goujat de Kanye West aux MTV Video Music Awards, deux albums de suite qu’elle vend à un million d’exemplaire lors de leur première semaine d’exploitation aux États-Unis, et environ douze boyfriends people qu’elle enchaîne au cas où on n’aurait toujours pas compris qu’elle est une star. Bah oui, mais rien à faire : en France, Taylor, on ne lui achète pas sa came.

Pour preuve, ses derniers disques, supposés être les plus pop, mainstream et internationaux depuis le début de sa carrière, n’ont pas vraiment décollé chez nous : l’album Red est entré 26ème avant de chuter, le single We are never getting back together n’a pas fait mieux qu’une poussive 18ème place dans le top single France (quand on sait le nombre de ventes que représente la place n°1, c’est pas terrible). D’ailleurs, hors pays anglo-saxons, les derniers singles de la jeune Taylor n’ont pas vraiment tutoyé le sommet des charts en général, et sa tournée Red Tour débutera en mars et s’étalera sur une soixantaine de dates… toutes en Amérique du Nord. Alors certes, Taylor figure parmi les plus gros vendeurs de disques de l’année 2012, mais soyons concrets : c’est pas grâce au volume de son public français.

taylor swift

La faute à une barrière culturelle plus ou moins infranchissable en Europe : la country. Un genre tellement américain, tellement marqué culturellement, et donc si peu universel comparativement au cinéma de masse hollywoodien ou à la musique pop californienne, que la France et les pays non anglo-saxons ne parviennent pas à l’adopter. Les plus grosses stars du genre country, on en entend un peu parler par voie de presse people et de Grammy Awards (Carrie Underwood, Dixie Chicks, Emmylou Harris, Zac Brown Band, Faith Hill, Keith Urban, Blake Shelton…), mais c’est vachement plus difficile de les voir faire une percée dans le top 50 (voire dans le top 100) des ventes d’albums en France. Il faut nécessairement se compromettre dans du son pop et de la mélodie catchy pour espérer faire une Shania Twain (qui ?).

Alors Taylor poursuit ses efforts : elle fait du sous-Katy Perry pour se donner une image pop jeunette, se compromet avec un membre de One Direction, vit à mi-temps sur les plateaux de MTV… Mais elle ne reste, d’un point de vue européen, qu’une gentille people, et pas encore une grosse vendeuse. Avec cet aspect un peu schizo sur les bords, tout de même, consistant à être l’une des plus grosses vendeuses et des plus grandes vedettes mondiales actuelles, et en même temps de ne remplir des stades qu’à Austin, Omaha ou Nashville. Son dernier single, I knew you were trouble, qui est une sorte de chanson de Vitaa qui aurait aussi bien pu être chantée par Avril Lavigne ou Fergie, n’a pas grand-chose de country, si ce n’est que ça cause d’amour perdu, de désillusions, de mauvaises rencontres et des leçons de l’existence, comme la country aime généralement bien le faire. Mais bon, il y a bien longtemps que ce genre de thématiques a débordé sur la pop la plus mainstream, de même qu’il y a bien longtemps qu’il n’y a pas que le blues pour chanter la douleur et la tristesse. Musicalement, c’est l’habituelle soupe pop-rock avec un peu de guitare et de batterie pour rappeler qu’on n’est pas dans de la teen pop complètement sirupeuse, agrémentée d’un soupçon de dubstep parce que c’est à la mode en ce moment (ya même un genre de rave party dans le clip, parce que Taylor, elle est déglingo). En résumé Taylor s’accroche, elle continue d’en imposer aux US (même si le fait qu’elle soit encore multi-nommée dans les catégories Country des diverses cérémonies de récompenses commence à faire grincer des dents), et elle bosse sa promo pour booster ses ventes hors États-Unis. Si une artiste est suffisamment prolifique pour réussir à (enfin) percer pour de vrai au niveau international cette année, c’est bien elle.

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