A la recherche du phénomène musical de 2013

willy moon

J’ai un peu manqué de flair l’année dernière, mais il faut reconnaître qu’après Adele en 2011, c’était difficile de dénicher une percée aussi énorme sur le marché musical, que ce soit en termes de singles ou d’albums, en 2012. D’ailleurs, c’est encore 21, d’Adele, qui a dominé les charts sur l’ensemble de l’année dernière, devenant au passage l’album le plus vendu du XXIème siècle. Si on y réfléchit, à part Gotye et Fun qui ont à peu près réussi à transformer leurs succès single respectifs en ventes d’albums honorables, ou Lana Del Rey qui a réussi à imposer son album au-delà du phénomène hype de fin 2011, il n’y a finalement pas eu d’équivalent d’Adele en 2012. Même Frank Ocean, en dépit de critiques extatiques, n’a pas tout explosé sur son passage en termes de ventes pour son pourtant très bon album Channel Orange. La postérité nous dira peut-être si l’un de ces « petits nouveaux » de 2012 pourra réellement considérer cette année-là comme la meilleure de sa carrière. Souhaitons-leur quand même de faire encore mieux une prochaine fois. Mais du coup, qui sera le prochain pilou ? Qui va débarquer par surprise et s’imposer au sommet des charts au nez et à la barbe des vieux routiers qui sortiront leur album en 2013 (pour rappel, on attend dans les prochains mois les nouveaux albums de Britney Spears, Mariah Carey, U2, Depeche Mode… et les albums de David Bowie et Justin Timberlake sont sortis ces jours-ci) ? A l’approche du printemps, petite revue des troupes déjà sorties du bois…

Willy Moon

Depuis quelques années, pour un jeune artiste ou groupe émergent, figurer dans une pub pour l’iPod, ou l’iPad, ou n’importe quel produit Apple, est une sorte de graal : c’est un peu l’espoir de devenir le nouveau The Ting Tings. Même si depuis 2008, le groupe anglais est clairement retombé dans l’underground. En 2013, c’est donc peut-être le nom de Willy Moon qu’il faudra surveiller pour apercevoir un sursaut de nouveauté et de fraîcheur dans la pop mondiale. Son titre Yeah Yeah a en effet illustré la dernière campagne du baladeur d’Apple, ce qui a boosté ses vues sur YouTube, et un peu ses ventes de singles, tout en créant une petite attente autour de la sortie de son premier album, un peu bêtement intitulé Here’s Willy Moon, qui sortira en avril.

Olly Murs

Attention, l’Angleterre semble décidée à nous exporter un nouveau chanteur estampillé « nouveau Robbie Williams » : Olly Murs, qui va d’ailleurs faire la première partie de Robbie Williams pendant sa prochaine tournée (qui ne passe même pas en France, où Robbie est apparemment devenu trop has-been). Musicalement, on n’est pas si loin du registre du dieu vivant de la pop anglaise, mais en termes d’attitude et de profondeur du personnage public, ce n’est pas encore ça. Finaliste du X-Factor anglais en 2009, le sympathique et propre sur lui Olly connaît depuis une carrière pas trop dégueu’ outre-Manche, où son troisième album est sorti fin 2012. Son label fait du forcing pour que le public français l’adopte. Avec le bon tube, on pourrait céder. Mais si tu veux mon avis, pour le moment c’est pas gagné.

Icona Pop

Typiquement le genre de truc pondu par la hype un jour, et récupéré par le mainstream sans honte plus d’un an après. On entendait I love it en fond sonore d’une fête dans un épisode de Girls il y a quelques semaines, peut-être le signe qu’on va bientôt l’entendre pour de vrai en bouate de nuit et à la radio. Mais bon, vu comment Robyn galère depuis des années à s’imposer pour de bon, j’ai comme un doute sur la cote mainstream de la scène pop suédoise. Ah ça, dès qu’on sort d’ABBA, y’a plus personne, hein !

Tiny Dancer

Juste parce que son clip est tellement zarbi et tordu que ce serait rigolo si ça devenait un tube (comment ça, « on dirait de la K-Pop sous ecsta » ?). Mais bon, autant demander à NRJ de diffuser du Björk, hein.

Iggy Azalea

Depuis l’avènement de Nicki Minaj, les labels cherchent de la rappeuse à promouvoir. De la vulgaire, de la lookée, de la marrante avec du flow. Iggy Azalea ne sera peut-être pas un phénomène énorme en termes de ventes d’album (son premier opus, The New Classic, est attendu pour avril), le hip-hop étant un genre encore un peu trop segmentant – et dont le jeune public a tout particulièrement tendance à télécharger illégalement – pour t’assurer 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Mais avec Work, elle tient peut-être un tube. Et avec un tube, elle tiendra peut-être une étiquette de « nouvelle Nicki Minaj blanche » pendant quelques mois. Et avec une étiquette de « nouvelle Nicki Minaj blanche », elle tiendra peut-être quelques couv’ et un partenariat publicitaire douteux. Et à partir de là, roule ma poule, j’ai envie de dire.

Woodkid

Je sais pas qui c’est. Un peu comme Skrillex, c’est le genre de nom que tu vois circuler ça et là sur le web ou dans la presse musicale pendant des mois, mais qui pue tellement la hype et l’artifice angliciste prétentieux (Yoann Lemoine, le mec qui se cache derrière ce pseudo, est français) que j’ai, personnellement, tendance à ne même pas chercher à savoir de quoi il est question. Je ne suis pas le public de ce genre de « produit » a priori, je n’ai jamais foutu un pied au CentQuatre, ni au Café de la Danse, ni au Social Club. J’aime les daubes mainstream et je le vis très bien, merci. Mais bon, sans y faire attention, il a en fait sorti un titre dont le gimmick s’est incrusté dans nos oreilles grâce à un trailer d’Assassin’s Creed… Ah la la, c’est des malins, les pubards. L ‘album de Woodkid sort lundi, et après avoir bossé avec Sofia Coppola ou réalisé des clips pour Yelle (Ce Jeu), Katy Perry (Teenage Dream), Lana Del Rey (Born To Die) ou même Rihanna (Take Care), c’est un peu un baptême du feu pour lui. Peut-être un futur must de la synchro publicitaire…

Kavinsky

Vu que son album est sorti il y a un mois et que pour le moment on en profite surtout pour se recoller dans l’oreille Nightcall, qui était quand même sur la B.O. de Drive en… 2010, je ne suis pas certain que Kavinsky soit capable de dépasser le petit cercle d’initiés et d’amateurs d’électro qui se seraient de toute façon extasié sur son album, qu’il soit bon ou mauvais, dans la mesure où une fois que tu as été adoubé par Guy-Manuel de Homem-Christo (etre adoubé par une moitié de Daft Punk = être adoubé par Daft Punk), tu deviens plus ou moins imperméable à la critique (au moins française). Mais qui sait, un tube FM est si vite arrivé…

Cee Lo Green

Oui, je sais, on connaît déjà Cee Lo Green. Mais quand on y pense, il a peut-être le profil le plus similaire à celui qu’avait Adele avant la sortie de 21 : un album précédent déjà remarqué, joli succès critique, un ou deux Grammy Awards en poche, mais un succès public essentiellement palpable dans les pays anglo-saxons… avant, donc, de sortir un album qui fait l’unanimité partout. Cela fait un moment que l’album Cee Lo Green… Is Everybody’s Brother se fait attendre, mais si l’ex-leader de Gnarls Barkley réussit à en extraire deux ou trois bons singles, et qu’il bosse aussi bien pour lui-même que pour Bruno Mars, tout espoir est permis, et il pourrait bien récolter dès cette année les fruits de sa popularité, semés notamment avec trois saisons de The Voice

 

 

3 réflexions au sujet de « A la recherche du phénomène musical de 2013 »

    1. Bowie n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler une « révélation surprise », et il ne score pas vraiment à 20 millions d’exemplaires par album. 😉

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