La Pop-Pouffe de mars

Bienvenue dans la Pop-Pouffe du mois, la rubrique actualisée le 31 du mois à 23h30 quand je suis à la bourre ! On relèvera, pour commencer, qu’il y a une sorte de contradiction entre l’intitulé de ce post et la chanteuse dont il est question ici. Il faut dire que Dido n’est pas exactement le genre de chanteuse dont le nom engendre des requêtes Google suivies de « nue », « slut » ou « bourrée ». Pas trop de frasques people, et encore moins de mélodies moites et de déhanchés suggestifs en bikini dans les clips de Dido Armstrong depuis le début des années 2000…

Cependant, et comme beaucoup des Pop-Pouffes amoureusement compilées dans cette rubrique depuis bientôt cinq ans (bordel, bientôt cinq ans !), j’ai eu envie de la citer, à un moment ou à un autre, en ces lignes, pour rendre hommage à l’influence indiscutable que cette chanteuse, par certains de ses tubes, par son attitude ou par l’image qu’elle a su créer autour d’elle, a eue sur ses contemporaines… voire sur l’industrie musicale en général. C’est parce qu’elle a porté la teen-pop à un certain firmament que Britney Spears sera toujours une déesse des Pop-Pouffes. C’est parce qu’elle a transcendé la figure traditionnelle de la jolie métisse chantant du R’n’B en solo que Rihanna aura toujours sa place dans cette rubrique. C’est parce qu’elle a dicté les canons d’une certaine beauté de la pin-up blonde mêlant discrète indécence et aura rafraîchissante de petite fiancée du monde entier que Kylie Minogue a contribué à transformer le paysage musical pop… Et c’est parce qu’elle a peut-être été la plus grande figure emblématique spontanée de l’easy listening, dont elle est devenue une sorte de papesse entre 2001 et 2004, que Dido devait à mon sens figurer tôt ou tard dans cette rubrique des Pop-Pouffes.

 

 

… Pour ça, et parce que j’ai vraiment galéré à trouver un nouveau single ou nouveau clip suffisamment putassier émanant d’une chanteuse anglo-saxonne en solo, ce mois-ci. Mais passons.

 

 

L’air de rien, No Angel fut l’album le plus vendu de l’année 2001. Pas gagné d’avance, pour un opus qui datait en fait de 1999 et dont la principale rampe de lancement fut le single d’Eminem, Stan, fin 2000. Lorsque Dido revint fin 2003 avec l’album Life For Rent et le single-phare White Flag, sa recette n’avait pas évolué d’un iota (une pop propre, des chansons mélancoliques sur l’amour et les ruptures) et le public lui fit de nouveau confiance… Mais l’album se vendit un peu moins bien que le précédent, vu que l’effet de surprise et de « hype » (pour peu qu’on ait jamais pu qualifier Dido de « hype ») avait disparu. C’est le fameux syndrome du deuxième album, traversé entre autres depuis par Mika, Duffy, Leona Lewis, Norah Jones, Keane ou James Blunt…

 

 

Dido_No_Angel

 

 

L’autre point commun entre Dido et ces artistes, c’est évidemment qu’en plus d’avoir sorti un premier album qui a tellement cartonné que la suite de leur carrière a fatalement eu l’air fade (jusqu’à présent) en comparaison, ils sont les tenants d’une certaine idée de la pop FM : quelque chose de joli et de propre, qui parle de sentiments nobles, de préférence du point de vue d’une personne blessée ou prête à tout par amour – pure en tout cas – tout en revendiquant un certain académisme (« j’ai fait le conservatoire », « je viens d’une famille de musiciens », « je joue aussi de plusieurs instruments », etc.). A tel point que j’ai presque envie de dire que le succès de Dido appelle celui de ses collègues par la suite. Sans le succès phénoménal d’un « debut album » sorti quasiment de nulle part en 2001 comme No Angel, comme expliquer ces autres albums qui, année après année, ont depuis nourri cette veine de l’easy listening avec leurs singles-phares et leur pochette proprette vue dans toutes les collections de disques – aussi bien celles des fans d’un genre en particulier que celles des gens qui n’ont pas de goûts musicaux très affirmés ? A Rush of Blood to the Head de Coldplay n’est-il pas le No Angel de 2002 ? Come Away With Me de Norah Jones n’est-il pas le No Angel de 2003 ? Back To Bedlam de James Blunt n’est-il pas le No Angel de 2004 ?…

 

Le vrai problème de Dido, et de ces artistes en général, c’est que l’unanimité autour d’un artiste qui fait de la pop easy listening ne peut pas durer plus d’un album. Le premier album, tout le monde trouve ça génial et joli. Le deuxième, c’est la même recette et le public fait confiance, mais la hype est passée et la presse musicale se fout plus ou moins ouvertement de la gueule de ceux qui achètent. Le troisième album, il faut soit surprendre soit proposer le tube du siècle… sinon c’est la case « Alanis Morrissette » (alias la chanteuse qui a eu trois vagues tubes FM il y a quinze ans et que tout le monde connaît encore, mais qui en vrai sort chaque nouveau disque dans l’indifférence générale – à part aux yeux de ses fans).

 

Dido ayant raté le coche en 2008 avec l’album Safe Trip Home, sorti en catimini, après une attente un peu trop longue (Dido est également victime d’une époque où les choses se sont accélérées autour de l’omniprésence médiatique des dindes de la pop et de l’avènement retrouvé de la dance – un virage que Dido a manqué en dépit de ses relations très privilégiées avec Faithless), elle va ramer sec pour sortir de cette case « Star 80 2000″. Dommage, car No Freedom, sans casser trois pattes à un canard, n’est pas une mauvaise chanson. En tout cas pas plus mauvaise que Life For Rent, dont elle est une sorte de photocopie actualisée…

2 réflexions au sujet de « La Pop-Pouffe de mars »

    1. Ouais, c’était pas facile de trouver une vraie dinde qui se dandine dans un clip, ce mois-ci… Mais c’était l’occasion de se rappeler de Dido, qui a quand même sorti un nouvel album il y a à peine trois semaines, rappelons-le. 😉

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