Le tube d’il y a dix ans : Busta Rhymes feat. Mariah Carey – I Know What You Want

Il y a dix ans, Mariah Carey était un peu au sommet de la loose : le film Glitter, avec l’album / B.O. éponyme et les singles extraits (pour la plupart dans l’indifférence générale suite aux premières railleries), avait contribué à faire d’elle la risée de la planète en 2001, et l’album Charmbracelet, sorti en quatrième vitesse en 2002 pour essayer de cacher la misère et de nous convaincre qu’elle n’était pas partie en dépression chez sa mère prendre 50 kilos, avait clairement peiné à relever la barre. Pourtant, les singles Through The Rain et Boy (I Need You) avaient connu un accueil critique un peu moins pourri, mais rien à faire : le début des années 2000 voulait absolument que Whitney et Mariah, les deux divas qui avaient régné sur les 90’s, se vautrent lamentablement. Ventes en berne, incapacité à obtenir des classements dignes de son standing dans les charts : la Meuwahia était en galère.

Pourtant, Mariah Carey avait entamé la décennie à ce qui semblait être le sommet de sa carrière : oscar de la meilleure chanson en 1999 pour son duo When You Believe (avec… Whitney Houston), World Music Awards de la plus grande vendeuse d’albums du XXème siècle, contrat de 100 millions de dollars avec Virgin Records… Un contrat que le label s’est empressé de lui racheter, moyennant 50 millions, pour qu’elle dégage vite fait après le flop de Glitter. Oui, Glitter, c’était grave à ce point. En 2002-2003, ce n’est donc pas très facile d’être Mariah Carey (mais bon, on va pas chialer pour elle non plus, hein).

Quelque part, et alors qu’elle avait déjà commencé à flirter avec le monde du hip-hop dans la seconde moitié des 90’s, ce duo avec Busta Rhymes tombe à pic, et va, en fait, quasiment sauver sa carrière. Aux Etats-Unis, une collaboration hip-hop pourrait sauver à peu près n’importe qui, du moment que le résultat est crédible. C’est un peu moins vrai de notre côté de l’Atlantique (en France, I Know What You Want est probablement le seul hit radio « mainstream » – hors Skyrock, j’entends – de Busta Rhymes) (le pauvre), mais après tout, un tube est un tube. Et ce petit beat évoquant irrésistiblement les touches d’un téléphone portable vintage fait son effet, même dix ans après. Premier gros hit de Mariah dans les années 2000, I Know What You Want est donc passé par le top 10 du Billboard Hot 100 aux Etats-Unis, mais aussi dans les charts anglais, italiens, australiens, allemands, néerlandais… Mais pas en France (on fait rien comme les autres, nous). Pas grave, le single marquera suffisamment les esprits pour être introduit, quelques mois plus tard, en loucedé dans un album de remixes (histoire d’en booster les ventes parce que, concrètement, les albums de remixes, tout le monde s’en fout), laissera filtrer l’idée que Mariah Carey n’est peut-être pas aussi finie qu’on ne le croyait, et préparera tranquillement le terrain pour le vrai come-back de la diva : The Emancipation of Mimi. Cette fille est increvable.

Et si aujourd’hui, son côté « poupée siliconée avec sourire plastifié de 48 piges » commence à la desservir (ta voix suffit, Meuwahia, pas la peine de nous faire croire que tu as encore l’âge et le décolleté de Selena Gomez), force est de constater qu’elle est encore là, toujours carnassière, toujours avec la win, toujours prête à l’éventualité que son nouvel album devienne un hit mondial. Et dire que si elle se contentait d’essayer de voler le créneau de Céline Dion au lieu de se prendre pour Beyoncé, elle vendrait peut-être encore ses albums par paquets de 10 millions comme en 1992…

Une réflexion au sujet de « Le tube d’il y a dix ans : Busta Rhymes feat. Mariah Carey – I Know What You Want »

  1. C’est marrant mais je m’en souvenais plus pour Busta Rhymes que Maria Carey (oui j’écoutais Skyrock donc forcément).
    PS: merci pour cette grande séance de posts, je vote pour!

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