Une semaine de séries US – #3 : The Following

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L’une de mes séries glauques préférées, Law & Order : Special Victims Unit (ou New York Unité Spéciale chez nous), a consacré un jour un épisode à un tueur en série qui considérait ses meurtres ultraviolents comme des œuvres d’art et qui, une fois arrêté et emprisonné à vie, avait réussi à générer autour de lui un culte de blaireaux un peu faibles et dégénérés, qui consacraient des BD à ses crimes passés et s’échangeaient des photos dégueu’ sur le web. Jusqu’à ce qu’une de ses fans ne devienne un copycat, c’est-à-dire ne décide de commettre une série de meurtres directement inspirée de ceux de son gourou. A la fin de l’épisode, la blairotte se retrouvait face à son idole lors de son procès, et celui-ci se mettait alors à évaluer son « œuvre » : est-ce qu’elle avait bien éviscérée sa victime n°3, est-ce qu’elle avait fait de belles éclaboussures de sang sur la scène de crime n°2, etc. Le genre d’intrigue complètement tordue qui arrive souvent dans les épisodes de Law & Order : SVU, et qui, quand on y réfléchit, pourrait effectivement s’étaler sur plusieurs épisodes.

C’est à peu près l’idée qu’a dû avoir Kevin Williamson quand il a décidé de créer The Following. Oui oui, Kevin Williamson, le petit malin essentiellement connu en tant que scénariste ayant relancé le genre du slasher movie dans les années 90 avec Souviens-toi… l’été dernier, Scream et The Faculty, mais aussi en tant que créateur de Dawson. C’est dire si on est à la fois surpris et en même temps pas tant que ça de le retrouver sur un concept pareil : certes, il a montré quelques prédispositions au gore mainstream, et en même temps, il semble délaisser les ados pour la première fois de sa carrière.

D’autant que le pitch de The Following fait donc dans le léger : « Joe Carroll, un serial killer diabolique, utilise la technologie pour créer une secte de tueurs en séries, tous reliés les uns aux autres alors qu’ils sont dispersés aux quatre coins des États-Unis. L’ancien agent du FBI Ryan Hardy, qui l’a traqué et capturé par le passé, qui a même écrit un livre sur lui et qui connait la moindre de ses ruses, se voit contraint de reprendre du service… ». Au passage, précisons que le Joe Carroll crevait les yeux de ses victimes et avait l’impression de s’inspirer ainsi de l’oeuvre d’Edgar Allan Poe. Un littéraire.

Ce qui est rigolo dans tout ça (qu’est-ce qu’on rigole, dis donc), c’est que le gentil Ryan Hardy est joué par Kevin Bacon (le gars à tête de psychopathe qui ne joue à peu près que des méchants depuis 25 ans) alors que le vilain Joe Carroll qui poignarde et crève les yeux de ses victimes « pour l’art » est incarné par le propret James Purefoy. L’intrigue est prometteuse, puisque comme la communauté de cinglés qui suit Joe Carroll est virtuelle, n’importe qui, dans le « monde réel », est un potentiel membre. De quoi rendre parano et étendre la série sur de nombreuses saisons (avec, toujours, le risque de tourner en rond, mais aussi la possibilité de créer des sous-intrigues, des sous-chefs de communauté qui ont créé leur propre courant de copycat à l’intérieur de la communauté de followers… bref, ça peut durer longtemps et devenir vite relou – et, du coup, se vautrer à la façon d’un Flash Forward ou autre série à gros concept de départ -, mais si les audiences suivent, il y a vraiment de la matière potentielle).

Du coup, on se demande un peu comment les policiers chargés de l’enquête sur cette « communauté » vont réussir à résoudre l’affaire un jour. Et surtout, comment ils vont réussir à la résoudre sans violer un tas de loi sur les libertés de communication et d’information (que fait la CNIL ?). C’est moche.

Pour l’instant, je n’ai eu le courage de regarder que le pilote, le produit final (diffusé sur Fox, pourtant) étant graphiquement suffisamment évocateur pour calmer mes ardeurs. Oui, j’ai un peu de mal avec les yeux crevés au couteau (je m’en suis aperçu devant Les Promesses de l’Ombre, de David Cronenberg).

Mais je ne perds pas espoir de retrouver mes esprits (et ma fierté) (lol), pour que l’épisode 2 émerge enfin du fond de ma serie list et pour ne plus avoir l’impression d’être le gamin de 13 ans qui flippait comme une merde devant Scream.

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