La Pop-Pouffe d’avril

L’une des particularités de notre génération des internets, c’est  qu’un grand nombre de personnes deviennent célèbres sans qu’on sache trop pourquoi, leur nom et leur notoriété traversant les océans avant même que leurs singles, albums, séries ou films n’en fassent autant. Ainsi, la notoriété de Selena Gomez, de notre côté de l’Atlantique, n’a pas grand-chose à voir avec ses ventes d’albums ni avec sa série Les sorciers de Waverly Place. De même, le nom de Kim Kardashian avait traversé l’Atlantique bien avant son reality show. Tandis que Lindsay Lohan, actrice et chanteuse star aux US, n’a commencé à nous intéresser que quand elle est devenue une épave lesbienne, le film Lolita Malgré Moi (Mean Girls, pourtant culte dans les pays anglo-saxons) dépassant péniblement les 300 000 entrées en France. Le nom d’Ashley Tisdale t’est sûrement familier, et elle a près de 10 millions de followers sur Twitter, mais en vrai, as-tu déjà regardé une de ses séries ? Et qui a vraiment acheté les albums de Miley Cyrus en France ?… Les starlettes sont devenues de la chair à tabloïd, ce n’est pas une surprise, mais avant, on avait l’illusion qu’elles étaient célèbres parce que le public les avait remarquées. Maintenant, même plus. Leurs noms, leurs visages sont devenus des produits culturels en soi.

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Attention, hein, je ne nie pas qu’il y ait moyen de connaître ces filles et leur « œuvre » si on cherche un peu (quelques recherches sur YouTube, un abonnement à Disney Channel, un petit tour sur Wikipedia, et roule ma poule). Mais tu avoueras que, la première fois que tu es tombé sur le nom de Demi Lovato dans Closer ou dans Public, tu ne savais pas trop qui elle était ni même si elle était chanteuse, actrice, mannequin ou femme de footballeur. C’est ainsi, certaines personnes atterrissent dans la presse people française alors même que le public français n’en a pas encore fait des vedettes.

Ariana Grande est peut-être la prochaine starlette à venir polluer notre presse people sans avoir vendu plus de douze disques en France. Ou pas, hein, nous verrons bien. Comme bien d’autres avant elle, Ariana est une transfuge de série TV pour enfants. Pas de l’écurie Disney (la référence en la matière), mais Nickelodeon, pour qui elle tourne la série Victorious, dont tu n’as probablement jamais entendu parler. Âgée de 19 ans (19 ANS, BORDEL), elle est donc née en 1993 en Floride, et incarne le renouveau du filon. Son nouveau single, The Way, est entré dans le Top 20 des ventes de singles aux Etats-Unis, et elle s’est invitée sur le nouveau single de Mika (qui n’est certes plus une référence infaillible niveau tubes, mais qui reste quand même une vraie star en Europe).

 

 

 

Pas une garantie de worldwide stardom, mais une démarche volontariste en direction du marché européen, donc. Avant d’entamer une dépression, ou une liaison avec un autre acteur, ou d’entrer en rehab, ou de faire la Une du numéro spécial « stars anorexiques à la plage » de Closer ? Nous verrons bien. Toujours est-il qu’elle a déjà annoncé être hypoglycémique ET hyperactive. Tout un programme, qui devrait facilement la rendre ingérable sur des tournées et des plateaux de tournage.

Ce qui me pousse à deux questions : les starlettes mineures sont-elles castées en fonction de leur capacité à exploser à l’âge adulte ? Ou bien est-ce le fait de devenir célèbres (au moins aux Etats-Unis) avant leurs quinze ans qui les dérègle et en fait des adultes à fort potentiel explosif (que presse et public s’empressent alors de scruter avec le désir morbide de le voir sombrer) ?

Qu’elles soient « famous for being famous » ou ex-enfants stars, des nénettes comme Britney Spears, Lindsay Lohan ou Miley Cyrus en viennent bizarrement à péter un câble dès qu’elles doivent sortir du « système » qui les a révélées et trouver une légitimité artistique au-delà de leur joli minois d’adolescentes. Elles passent généralement par une mise en scène de leur « devenir femme » avec dévoilement de leur nombril, tatouages, sensualité exacerbée, affichage au bras de bad boys… et les plus fragiles ou moins malines d’entre elles perdent pied à un moment ou à un autre. Ariana Grande, pour le moment, en est au stade de la jeunesse pimpante. Reste à savoir si elle aura autant de succès que ses prédécesseurs de la teen pop, et si elle s’en remettra.

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