La Pop-Pouffe de mai

 

Jessie J me dérange finalement bien moins que ce que j’avais pu redouter lors de son éclosion au niveau européen début 2011. Depuis, elle a fait son petit bonhomme de chemin, avec deux succès single au compteur en France (Price Tag et Domino), et pas moins de deux millions d’exemplaires de son premier album, Who You Are, vendus à travers le monde. Pour comparaison, le pourtant très visible MDNA, de Madonna, s’est vendu à 1,8 million d’exemplaires dans le monde (certes bien loin des scores habituels de la Madone, mais bon, la petite Jessie J a fait mieux sur ce coup-là). La jeune chanteuse a par ailleurs  continué son actualité outre-Manche en 2012 en exploitant encore son album, en faisant une prestation un peu pourrite à la cérémonie de clôture des J.O. de Londres, mais surtout en devenant (déjà) jurée/coach sur X Factor UK. Oui oui, à ce stade de sa carrière. C’est comme ça.

Mais en France, à part ses fans, on l’avait un peu perdue de vue. Rien d’alarmant, hein, mais à notre époque, deux ans sans nouveautés, c’est suffisant pour que le monde entier retienne son souffle et s’imagine que Lady Gaga est finie… Et puis il y a quelques jours, elle est donc revenue avec un premier single, Wild, annonciateur d’un nouvel album. Et deux artistes en featuring : Big Sean et Dizzee Rascal. A little crowded.

Enfin, ça, c’est selon qu’on est mauvaise langue ou pas. Deux artistes invités, ça peut effectivement paraître beaucoup, surtout deux rappeurs qui font chacun un couplet rappé. Et puis, en même temps, ça évite étrangement à Jessie J de passer pour une figurante dans sa propre chanson : les couplets rappés sont, mélodiquement, un peu limités, et le refrain, très dans la tendance actuelle des chansons et autres featuring un peu épiques de Sia Furler, n’en est que plus valorisé. D’autant plus que, niveau voix, ça assure pas mal. Cette foule sur le single de Jessie J l’aide, paradoxalement, à en émerger. Ce n’est pas le carton assuré, mais ça le mériterait, et ça correspond assez bien aux canons actuels de la pop.

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Niveau attitude, on s’échappe un peu, sans non plus opérer un virage à 180 degrés, de la créature énervée et cartoonesque qui évoquait irrésistiblement l’ado rebelle un peu attardée que Jessie J était encore à 23 ans, personnage qui lui a probablement valu de bâtir ses premiers succès sur des gamins de treize ans fans de Skins, pour passer à quelque chose d’un peu plus mature, élégant et référencé. Pas certain que ce soit un excellent calcul, mais on peut saluer la prise de risque, si minime soit-elle.

Reste le look, dont on ne peut que souligner la très troublante ressemblance avec les jeunes années de P!nk. Un vrai contraste après le carré noir à frange qui aurait pu devenir sa signature visuelle, mais après tout pourquoi pas… Je ne suis pas fan de Jessie J, mais elle a peut-être gagné ma tranquille bienveillance quant à ses singles à venir.

2 réflexions au sujet de « La Pop-Pouffe de mai »

  1. Je trouve cela également très efficace et agréable à écouter.
    Merci pour cette tradition qui perdure 😉

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