Les Oscars 2014

Jennifer Lawrence

Déjà ? Ah oui. C’est qu’à force de ne pas avoir vu le printemps, j’ai fini par me croire en automne. Trépignant d’impatience à l’approche des nominations des Emmy Awards (qui sont pourtant dans un mois), je me prends donc à rêver de ce que seront les grosses cérémonies de l’hiver prochain. Golden Globes, BAFTA, Oscars, les bookmakers ont d’ores et déjà, dès le mois de juin, de premiers favoris qui émergent parmi les films en post-production et/ou à la sortie programmée entre octobre et décembre aux Etats-Unis. Pour ma part, je n’en ai bien évidemment vu aucun, hein (je ne suis invité ni à Cannes ni à Sundance) (la vie est bien cruelle), et je m’abstiendrai donc de m’aventurer sur le terrain du pronostic du meilleur film aux Oscars 2014. Tout, ou presque, peut arriver, et pour un « buzz » qui gonfle tranquillement jusqu’à l’apothéose (Argo, The Hurt Locker), combien de favoris coiffés au poteau sur la dernière ligne droite (Avatar, Moulin Rouge!, Brokeback Mountain, Babel) ou de favoris des critiques qui, après leur sortie en salle et un box-office médiocre, déçoivent, s’essoufflent peu à peu, au point de ne même pas faire le cut à la fin (Cloud Atlas)… Par contre, concernant les futurs meilleur acteur et meilleure actrice, il est bien plus simple, même avec plusieurs mois d’anticipation, de voir venir les premiers concurrents sérieux.

 

 

Sont d’ores et déjà en lice, même s’ils font semblant de ne pas le savoir, dans la course aux Oscars / Golden Globes / Satellite Awards / BAFTA / Screen Actors Guild, etc. du meilleur acteur :

 

Leonardo DiCaprio – The Great Gatsby / The Wolf of Wall-Street

 

Leonardo DiCaprio

 

Leonardo aura 39 ans en novembre. Et un peu comme Kate Winslet en 2009, ça commence à être ridicule d’enchaîner tous ces films de prestige et ces rôles à oscar, depuis vingt ans quasiment sans discontinuer, pour récolter au final quelques maigres nominations et prix de consolation. Leonardo a attendu son tour, vu des Jean Dujardin et des Jamie Foxx lui passer devant, mais maintenant il veut son oscar. Avec deux rôles particulièrement juteux au menu, 2013 pourrait enfin être son année : The Great Gatsby sera probablement l’un de ses derniers rôles iconiques de jeune premier romantique, tandis que The Wolf of Wallstreet, inspiré de l’histoire vraie de Jordan Belfort, sera rien moins que sa cinquième collaboration avec Martin Scorsese (un autre maudit des oscars qui a dû attendre février 2007 pour enfin être récompensé par l’Académie – pour The Departed)… Si ça ne passe toujours pas cette année, le pauvre Léo va vraiment finir par croire que ça ne passera jamais…

 

 

 

Tom Hanks – Saving Mr Banks / Captain Phillips

 

Tom Hanks

 

Un ex-favori de chaque année, un peu plus discret depuis le milieu des années 2000, Tom Hanks reste un candidat sérieux aux grosses récompenses du cinéma, lui qui demeure le seul acteur à avoir gagné deux oscars du meilleur acteur coup sur coup (en 1994 et 1995). Cette année, il sort la grosse artillerie avec non pas un, mais deux biopics : Saving Mr Banks, sur l’existence de Walt Disney pendant la production de Mary Poppins (sorti en 1964, dernier gros projet de Walt Disney avant sa mort en 1966), et Captain Phillips, d’après l’histoire vraie de Richard Phillips, Capitaine de la Marine américaine pris en otage par des pirates somaliens en 2009. Evidemment, le biopic n’est pas une garantie d’oscar, mais c’est la quasi-certitude d’être sur les rangs pour les nominations…

 

 

 

Bradley Cooper – Serena

 

Bradley Cooper

 

Susanne Bier a réussi un joli coup : réunir, un an après Silver Linings Playbook, Jennifer Lawrence (Oscar de la meilleure actrice en février dernier) et Bradley Cooper (nommé aussi cette année mais pas récompensé) au casting de Serena, dans le rôle d’un couple marié prospérant dans les affaires durant l’entre-deux-guerres, mais devant faire face à des problèmes personnels. Hollywood aime bien la répétition et les belles histoires : est-ce que ce ne serait pas trop mignon de retrouver Jennifer Lawrence, un an après, sur la scène du Kodak Theatre en train de remettre un oscar à son pote et collègue Bradley ?

 

 

George Clooney – Monuments Men / Gravity

 

George Clooney Gravity

 

Encore un solide concurrent, fidèle au poste depuis des années, qui compte se distinguer cette année dans deux projets d’envergure : Gravity, d’Alfonso Cuarón, une arlésienne en production depuis 2010, avec Sandra Bullock et donc George Clooney dans les deux rôles principaux d’astronautes se retrouvant coincés dans l’espace sans communication avec la Terre ni avec leur vaisseau à la suite d’un incident. Comme c’est du Alfonso Cuarón et que Robert Downey Jr., Marion Cotillard, Scarlett Johansson, Natalie Portman et Angelina Jolie ont été sur les rangs pour les rôles principaux, on peut imaginer un film à la Apollo 13 et des performances dramatiques pensées pour les récompenses. Mais le vrai morceau de choix, ce sera probablement Monuments Men, un film réalisé par George Clooney lui-même, sur les « Monuments Men » envoyés par Eisenhower en 1944 dans le sillage des Alliés pour retrouver les œuvres d’art confisquées par les nazis. Film historique + rôle principal + c’est lui qui réalise + casting quatre étoiles (Cate Blanchett, Matt Damon, Bill Murray, John Goodman) + un rôle offert à son rival Jean Dujardin qui lui chipa l’oscar en 2012 (grande classe) : George sera à coup sûr sur les rangs pour les oscars, l’année prochaine.

 

 

Josh Brolin – Old Boy / Labor Day

 

Josh Brolin

 

Toujours sur les bons coups, mais rarement récompensé, voire même pas nommé (No Country For Old Men, Milk, True Grit, W.), l’ex-héros des Goonies n’est pas un favori des professionnels. C’est pourtant lui qui a été choisi par Spike Lee pour le rôle principal de Old Boy, remake du film de Park Chan-wook Grand Prix du Festival de Cannes en 2004. Un rôle à la Monte-Cristo, avec ce personnage de type ordinaire retenu prisonnier et à l’isolement total pendant 20 ans, sans raison apparente, et qui une fois libéré essaye de comprendre qui est responsable de ce qui lui est arrivé. L’exercice du remake est un peu périlleux pour les récompenses suprêmes, mais si la performance est excellente, pourquoi pas… Sinon, un rôle d’évadé dans Labor Day, face à Kate Winslet pourrait bien l’imposer dans la compétition.

 

Bruce Dern – Nebraska

 

Bruce Dern

 

Un prix d’interprétation masculine à Cannes, ça aide un peu. Y’a qu’à demander à Jean Dujardin. Quand, en plus, il s’agit du premier rôle d’un film réalisé par Alexander Payne (Sideways, The Descendents), c’est carrément bien parti. Quand, pour ne rien gâcher, on est un acteur de 77 ans, actif mais discret depuis plus d’un demi-siècle, et que l’on a trouvé le rôle de sa vie en la personne d’un vieillard acariâtre qui traverse les Etats-Unis pour aller chercher le gros lot qu’il a gagné dans le Nebraska, on devient l’outsider tout désigné…

 

Christoph Waltz – The Zero Theorem

 

Christoph Waltz

 

L’acteur autrichien doit désormais deux oscars à Quentin Tarantino, mais il tente cette année un rôle principal dans The Zero Theorem, de Terry Gilliam le maudit. Le rôle en question : Qohen Leth, un génie de l’informatique travaillant sur une formule mathématique susceptible de déterminer le sens de la vie. Le genre de pitch un peu philosophique qui plaît souvent aux critiques (sauf si la théorie en question est très foireuse ou cucul) et qui pourrait donner à Terry Gilliam un peu de la reconnaissance qu’il cherche désespérément depuis les Monty Python.

Michael Fassbender  – The Counselor

 

Michael Fassbender

 

Une histoire d’avocat impliqué dans une affaire de drogue, très probablement un film de genre (thriller / enquête), donc typiquement un film dont l’acteur principal a toutes les chances de repartir bredouille (cf. Michael Clayton, Tinker Tailor Soldier Spy). Mais c’est Ridley Scott, un ancien favori, qui adapte du Cormac McCarthy, avec dans le rôle principal l’acteur en vogue dans tous les films d’auteurs et blockbusters un peu classes de ces dernières années, et qui l’entoure de Brad Pitt, Cameron Diaz, Javier Bardem et Penelope Cruz. Un cadre de rêve, donc, pour homologuer Michael Fassbender, l’autre Ryan Gossling de 2011.

 

 

Forest Whitaker – The Butler

 

Forest Whitaker

 

Déjà récompensé en 2007, Forest Whitaker fait le job, discrètement mais parfois avec un gros pic de reconnaissance (Bird, Ghost Dog : The Way of the Samurai, Panic Room, The Last King of Scotland), depuis plus de 30 ans. Cette année, c’est son rôle dans le biopic sur Eugene Allen, majordome de la Maison-Blanche ayant servi sous huit Présidents américains, qui devrait le remettre dans la lumière. Avec Oprah Winfrey dans le rôle de l’épouse aimante et dévouée : la presse américaine bande déjà. De là à imaginer un second oscar pour Whitaker ?

 

 

Oscar Isaac – Inside Llewyn Davis

 

Oscar Isaac

 

Oublié du palmarès cannois, Oscar Isaac pourrait bien bénéficier de l’aura inévitable dont bénéficiera ce film (Frères Coen + Grand Prix à Cannes) en fin d’année. On est d’ailleurs toujours en quête d’un jeune acteur un peu outsider sur les bords pour les Golden Globes, Oscars et autres, afin de contrebalancer des sélections généralement trustées par des acteurs de plus de 50 ans. Un problème que rencontrent moins les catégories féminines, où ce sont au contraire généralement des actrices de moins de 40-45 ans qui bénéficient de gros rôles juteux (il faut croire qu’il faut être fraîche et jolie pour rendre un rôle intéressant, quand on est actrice : pour une Judi Dench ou une Emmanuelle Riva, combien de Jennifer Lawrence, de Charlize Theron ou de Halle Berry qui arrachent la récompense ultime)…

 

 

 

 

 

Chez les dames aussi, la compétition est lancée à distance, sans même que la presse people n’ait l’outrecuidance d’en faire des caisses. Pourtant, il y a de petits événements en vue…

 

Nicole Kidman – Grace of Monaco

 

Nicole Kidman

 

Olivier Dahan a peut-être trouvé son nouveau La Môme, et une nouvelle actrice à porter jusqu’à l’Oscar, avec ce projet de biopic centré sur Grace Kelly et ses obligations familiales et diplomatiques au début des années 60. Bon, au début des 60’s, Grace de Monaco avait genre 30 ans, tandis que Nicole Kidman en a quinze de plus, mais après tout, pourquoi pas. On a fait des progrès de dingue en matière de crèmes de jour, en un demi-siècle, et on peut difficilement imaginer une actrice plus capée, plus altière et plus iconique que Nicole Kidman pour, en 2013, arriver à la cheville du mythe Grace Kelly. C’est aussi typiquement le genre de rôle qui pue les oscars à cent kilomètres, mais il faut se méfier de l’effet « Hollywood se regarde le nombril » : Anthony Hopkins, longtemps pressenti pour être de toutes les fêtes avec Hitchcock en 2012, s’est finalement mangé le mur…

 

Naomi Watts – Diana

 

Naomi Watts

 

 

Encore une actrice australienne, encore un biopic iconique, encore un futur oscar des meilleures perruques. Naomi Watts a certes huit ans de plus que Lady Diana au moment de sa mort, mais sa respectabilité et sa blondeur candide en ont fait une incontournable au casting d’un rôle pareil. Très active depuis sa percée avec Mulholland Drive en 2001, Naomi Watts n’a en fait connu que trois vrais gros temps forts dans sa carrière depuis dix ans : 21 Grams, King Kong, et The Impossible l’année dernière. A 44 ans, il est temps pour elle d’accéder à l’éternité du palmarès des plus grosses cérémonies mondiales. D’autant qu’entre Elizabeth II, George VI et Margaret Thatcher, l’Académie des Oscars a montré qu’elle aimait beaucoup les personnages britanniques de premier plan…

 

Julia Roberts / Meryl Streep – August : Osage County

 

Meryl Julia

 

Deux géantes. Voila deux valeurs sûres, probablement condamnées désormais à s’effacer au palmarès devant des actrices plus jeunes ou moins gâtées qu’elles. Mais tout de même : une comédie dramatique adaptée d’une pièce à succès ayant reçu le Pullitzer + Meryl Streep en maman atteinte d’un cancer et dépendante aux médocs + Julia Roberts pas maquillée en plein conflit mère-fille avec Meryl Streep sur fond d’obsèques = FOR YOUR CONSIDERATION, BITCHES. Les deux actrices, même si elles gagnent désormais moins de récompenses (c’est bon, ça va, elles ont déjà tout raflé), restent en effet tellement populaires qu’elles sont nommées à la moindre occasion : c’est au moins l’assurance qu’elles se pointeront sur le tapis rouge et que le cadreur pourra proposer un plan de leurs sourires ravis pendant la cérémonie.

 

 

 

Elizabeth Olsen – Thérèse Raquin

 

Elizabeth Olsen

 

Et si on sous-estimait le pouvoir des soeurs Olsen ? Elizabeth, la petite soeur de Mary-Kate et Ashley, a fait son petit effet en 2011 dans le premier rôle de Martha Marcy May Marlene, et elle pourrait bien faire office de jeune outsider aux dents longues cette année. Elle sera en effet au générique du remake de Old Boy par Spike Lee, mais aussi et surtout dans une nouvelle adaptation de Thérèse Raquin, le roman d’Emile Zola. Un rôle, en costume, de femme mariée à son cousin (coucou Christine Boutin !), incarné par Drago Malfoy en plus (la pauvre), mais amoureuse d’un autre. L’histoire a une dimension fantastique qui pourrait nuire à la reconnaissance critique du film, mais après tout, c’est une adaptation d’un classique de Zola, hein…

Amanda Seyfried – Lovelace

Amanda-Seyfried

 

 

Cela fait un peu plus de trois ans que les deux biopics de Linda Lovelace (Inferno : A Linda Lovelace Story, le projet avorté ayant vu passer Lindsay Lohan et Malin Akerman au casting, et donc celui-ci) se toisent à distance. C’est finalement le projet porté par Amanda Seyfried qui aura abouti le premier, présenté à Sundance en début d’année et plutôt suivi de critiques positives. Le fait qu’il s’agisse d’un biopic un peu sulfureux sur une star du X pourrait à la fois servir et desservir le film dans les grandes cérémonies de récompenses, mais dans la mesure où Amanda Seyfried galère depuis Mean Girls à obtenir un semblant de reconnaissance de la part de ses pairs (rien pour Les Misérables, rien pour Mamma Mia!), je suis un peu pessimiste pour le moment.

 

Cate Blanchett – The Monuments Men

Cate Blanchett

 

Le rôle féminin souvent placé en contrepoids du premier rôle masculin (pour créer tension sexuelle ou intrigue romantique, au choix) peut s’effacer dans les catégories principales de récompenses, mais là, face à George Clooney, Cate Blanchett aura ses chances à défendre, dans le rôle de Rose Valland, historienne d’art française, membre de la Résistance contre l’occupant nazi, officier de l’armée française à la Libération… Récompensée en 2007 pour The Aviator (second rôle), Cate Blanchett court encore après son oscar de la meilleure actrice, loupé à deux reprises dans le rôle-titre d’Elizabeth

 

Kate Winslet – Labor Day

 

Kate Winslet

 

 

Récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice en 2009 (pour The Reader, et non pour Revolutionary Road),  Kate Winslet est de tous les gros films, de toutes les nominations prestigieuses, de toutes les collaborations avec les réalisateurs les plus en vue, et ce depuis plus de vingt ans : elle a ainsi tourné sous la direction d’Ang Lee, de James Cameron, de Sam Mendes, de Todd Field, de Michel Gondry, de Peter Jackson ou de Kenneth Branagh… Et même quand elle tourne une grosse comédie romantique commerciale (The Holiday), elle ne choisit pas une bouse. Cette année, c’est Jason Reitman (Juno, Up In The Air) qu’elle accompagne sur le projet Labor Day, une adaptation d’un roman de Joyce Maynard, où elle joue le rôle principal d’Adele, une mère de famille qui, avec son jeune fils, accepte de transporter en voiture un homme blessé dont ils croisent le chemin… avant de se rendre compte, mais trop tard, qu’il s’agit d’un dangereux prisonnier en cavale. Mère courage, un rôle qui ira forcément comme un gant à Kate Winslet, qui ne se laisse plus snober comme ça…

 

Greta Gerwig – Frances Ha

 

Greta Gerwig

 

S’il y avait une chose à sauver dans le film Greenberg, c’était bien la jeune Greta Gerwig. Sorti en mai, son nouveau film avec Noah Baumbach (entretemps devenu son mec), Frances Ha, a reçu un très bel accueil critique outre-Atlantique, notamment autour de sa prestation de jeune danseuse paumée qui se retrouve soudain face à des défis matériels. Bon, ça ferait un peu Lena Dunham, comme success story, mais si ça se trouve, les votants sont mûrs pour ça. Et puis, si Jennifer Lawrence peut remporter l’Oscar à 22 ans, pourquoi Greta Gerwig serait-elle trop jeune, même face à Meryl Streep, pour l’emporter à 29 ?

 

 

Sandra Bullock – Gravity

 

Sandra Bullock

 

Alors qu’on la verra cet été dans The Heat (Les Flingueuses en français), réalisé par Paul Feig (Bridesmaids) et avec Melissa McCarthy, Sandra Bullock pourrait, en cas de gros succès au box-office, nous refaire le même coup qu’en 2009 avec La Proposition / The Blind Side, où l’énorme succès commercial de l’un avait mis en lumière sa performance dans l’autre, Oscar de la meilleure actrice à la clé. Si elle s’intègre bien dans l’univers d’Alfonso Cuarón et qu’elle n’est pas ridicule face à Clooney en astronaute, elle a une carte à jouer sur Gravity, qu’on sent quand même comme un gros rôle dramatico-héroïque. Mais bon, ne rêvons pas, à moins qu’elle ne propose la performance de l’année, le coup de chance de 2010 ne se reproduira pas.

 

 

Jessica Chastain – The Disappearance of Eleanor Rigby

 

Jessica Chastain

 

 

Jessica Chastain, depuis deux ans, semble lancée : The Help, The Tree of Life, Zero Dark Thirty, The Debt, Lawless… Clairement, cette fille est pressée : elle a 36 ans, a percé un peu tard, et n’a plus beaucoup de temps pour rentabiliser son statut d’égérie L’Oréal… Annoncée au casting d’Interstellar, le prochain Christopher Nolan, en 2014, elle risque toutefois, comme assez souvent chez Nolan, de se retrouver bouffée par le concept du film et d’échouer dans la catégorie second rôle pour cause de partage d’affiche avec environ la moitié d’Hollywood. Mais avec The Disappearance of Eleanor Rigby, un film dramatique en deux volumes de deux heures chacun, annoncé pour l’automne avec James McAvoy et Viola Davis à ses côtés, elle nous fait clairement de l’œil.

 

Marion Cotillard – The Immigrant

 

Marion Cotillard

 

L’air de rien, depuis 2007, Marion Cotillard a vachement bien capitalisé sur sa notoriété internationale et son oscar. On l’a vue dans Nine, Inception, Midnight in Paris, Contagion… Au dernier Festival de Cannes, des rumeurs la donnaient favorite pour le prix d’interprétation féminine pour son rôle dans The Immigrant, de James Gray (Two Lovers, We Own The Night), et puis finalement non. Mais les bookmakers resteront-ils insensibles à son Odyssée américaine actuelle, entre ce film où elle partage l’affiche avec Joaquin Phoenix et Jeremy Renner, et Blood Ties, de son compagnon Guillaume Canet, où l’on retrouvera également Clive Owen, Zoe Saldana et Mila Kunis ? Pour un oscar « coup de bol », on avouera que la carrière américaine de Marion Cotillard met du temps à s’essouffler…

Chloë Grace Moretz – Carrie

 

Chloe Moretz

 

L’enfant star, l’ingénue, l’icône trash de presse people qui vient s’aventurer dans la cour des grands… Chloë Grace Moretz est un peu tout ça, elle qui, à 16 ans, compte déjà dans sa filmo Amityville, Let Me In, Kick-Ass, Dark Shadows, (500) Days of Summer, ou encore Hugo Cabret. Si Kick-Ass 2 devrait la rappeler au bon souvenir du grand public cet été, c’est peut-être le remake de Carrie, rôle iconique qui valut déjà une nomination à l’oscar de la meilleure actrice à Sissy Spacek en 1976, qui la fera reine du monde. Reste à savoir si ce mythe du cinéma d’horreur, déjà surexploité et bien essoré (roman de Stephen King, films, téléfilms) a vraiment quelque chose à gagner à être revu en 2013…

 

 

 

Shailene Woodley – The Spectacular Now

Shailene Woodley

Sundance et ses buzz font rarement la course jusqu’au cut des Oscars. Les Golden Globes, à la limite, les journalistes étrangers d’Hollywood aimant bien laisser entendre qu’ils ont plus de goût que ces rednecks d’amerloques. Shailene Woodley, rôle principal de The Specatcular Now, une romance adolescente également portée par Miles Teller (Projet X, Rabbit Hole), aura peut-être ses chances, dans la mesure où elle avait été bien identifiée par la profession il y a deux ans en fille rebelle de George Clooney dans The Descendents. Le genre de référence qui peut faire de vous, aux yeux de l’Académie des Oscars, une Jennifer Lawrence (jeune et zarb’, mais juste comme il faut) ou une Zoey Deschanel (jeune et zarb’, mais trop « indé-cool »)…

 

 

Il y a probablement du déchet dans tous ces pronostics, et des oublis qui me sembleront impardonnables dans quelques mois. C’est que, à Hollywood, on aime bien les premiers de la classe qui font de bonnes prestations dans des films à oscars tout le temps, mais on aime encore plus l’outsider, jamais considéré et jamais primé, qui livre soudain la performance de sa vie. Toujours est-il que, tu en conviendras, vu de juin 2013, la compétition pour les Oscars 2014 ne semble pas si floue et lointaine, non ?

 

 

7 réflexions au sujet de « Les Oscars 2014 »

  1. Franchement, beau travail !

    Si je peux me permettre, je rajouterais :

    Meilleur acteur :
    Casey Affleck (« Ain’t Them Bodies Saints »)
    Ethan Hawke (« Before Midnight »)
    Michael B. Jordan (« Fruitvale Station »)
    Christian Bale (« American Hustle »)
    Benedict Cumberbatch (« The Fifth Estate »)
    Idris Elba (« Mandela: Long Walk to Freedom »)
    Matthew McConaughey (« The Dallas Buyers’ Club »)
    Robert Redford (« All is Lost »)
    Ben Stiller (« The Secret Life of Walter Mitty »)
    Chiwetel Ejiofer (« Twelve Years a Slave »)
    Colin Firth (« The Railway Man »)
    Hugh Jackman (« Prisoners »)

    Meilleure actrice :
    Julie Delpy (« Before Midnight »)
    Rooney Mara (« Ain’t Them Bodies Saints »)
    Berenice Bejo (« Le Passé »)
    Emma Thompson (« Saving Mr. Banks »)
    Cate Blanchett (pour « Blue Jasmine » aussi)
    Judi Dench (« Philomena »)
    Adele Exarchopuolos (« Adèle »)
    Felicity Jones (« The Invisible Woman »)
    Samantha Morton (« Decoding Annie Parker »)

  2. Pour certains, je n’en avais même pas entendu parler (des films, hein, pas des acteurs). Merci pour ce complément en tout cas, je n’ai plus qu’à piétiner d’impatience jusqu’à la fin de l’année ! ^^

  3. Aussi saugrenu que ça puisse paraître, je laisserais bien un petit billet sur la nomination de Carell en lutteur fou (Foxcatcher, de Bennett Miller, encore un habitué des Oscars), bien que je doute que les très conservateurs membres de l’Académie soient prêts à un peu d’audace!
    Sinon, j’ai bien peur qu’on se retrouve inlassablement avec les mêmes nominés (Léo, Tom, George…)
    Intéressant en tout cas!

    1. Carell ? Pas (encore) possible aux Oscars. Aux Golden Globes, en revanche, une petite chance. Après tout, Very Bad Trip a bien obtenu un Golden Globe du meilleur film, Bridesmaids a été nommé, Sandra Bullock a eu une nomination pour The Proposal et même pour Miss Congeniality, Sacha Baron Cohen l’a eu pour Borat…

  4. Les GG, je ne dis pas. Mais les Oscars, ça aurait de la gueule. Et puis les Américains raffolent du combo contre-emploi + tragédie + histoire « vraie » + sport.
    Donc je maintiens, Steve Carell aux Oscars 🙂

    1. Tu sais quoi ? Je n’avais pas lu le pitch de Foxcatcher, et je me dis que c’est possible finalement. Mais bon, ça supposerait un certain changement de mentalités au sein de l’Académie. Quand on pense que Jim Carrey n’a jamais été nommé, ni pour Man on the Moon, ni pour The Truman Show, ni pour Eternal Sunchine of The Spotless Mind, on se dit qu’il y a quand même un blocage quelque part…

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