Brenda Chenowith chez les louveteaux

camp nbc season 1

Moi qui ne pratique guère NBC, ce sont donc deux séries de la chaîne que j’ai entamées ces dernières semaines. Il faut dire que cet été 2013 est assez pauvre en nouveautés séries, mais que bon, je vais quand même pas sortir de chez moi pour aller boire des verres en terrasse, quoi. Voila comment je me retrouve, ainsi, avec deux séries NBC au compteur. Pour deux déceptions, pour l’instant, hélas. Après l’audacieux mais pas assez téméraire Siberia, c’est Camp que j’ai entamé ce week-end. Le pitch : Mackenzie ‘Mack’ Greenfield (Rachel Griffiths) (honnêtement, c’est uniquement pour elle que j’ai daigné jeter un œil au pilote) est la patronne du Little Otter Family Camp, un camp d’été pour enfants (une colo, quoi), où les parents lâchent leurs bambins pour l’été, pendant que de jeunes étudiants viennent y faire le service et l’animation pour se payer leurs études. C’est en grande partie sur ces derniers que l’action va se concentrer puisque jeunes + plutôt beaux + issus de milieux sociaux différents + n’ayant pas tous les mêmes raisons d’être là + amenés à bosser ensemble et à cohabiter dans des bungalows =  hormones en ébullition. Ça va niquer, devenir BFF et se castagner, quoi. Mack a aussi ses propres chats à fouetter, puisque son fils est l’un des djeunz qui bosse au camp, qu’elle est fraîchement divorcée et qu’un concurrent voisin veut lui racheter son business de castors juniors.

 

Jusque-là rien de bien novateur, si ce n’est de s’intéresser un peu à ce cliché vacancier de la colo, pas si souvent que ça exploré dans l’univers des séries, et évidemment en s’intéressant plutôt aux adultes qu’aux enfants (intrigues plus intéressantes, plus crédibles si ça part un peu en sucette, moins contraignant en termes de tournage). Le problème, c’est que c’est à peu près tout ce que la série nous donne, comme point d’accroche, à l’issue du pilote. La série est, pour le moment, assez faible en termes d’enjeux : le rachat du camp par le rival ? A la moitié de ce premier épisode, ce n’est déjà plus vraiment une menace. Les problèmes d’adaptation du jeune « héros » Kip envoyé ici par ses parents contre son gré ? C’est déjà quasiment résolu dès le début de l’épisode, puisqu’on voit au bout de 45 secondes que c’est l’amûûr qui va le convaincre de rester, en la personne d’une fille qui lui tape dans l’œil à l’instant même où il descend de voiture. Les autres étudiants/collègues de Kip ? Ils sont cinq en tout, et dès la fin de l’épisode les « paires » amoureuses semblent déjà, si ce n’est formées, au moins tracées d’avance (la nageuse et le chef des activités, le héros et la fille rejetée par toutes les autres filles, le fils de la directrice et la fille du couple gay). Tout cela met bien en place la « diplomatie » de la série et les forces en place, mais ne crée malheureusement aucune tension, aucun suspense quant à la suite. Le triangle amoureux vers lequel se dirige Mack est tellement grossier qu’on se foutrait presque des péripéties qui l’amèneront à choisir le « right guy », et les potentielles tensions entre les ados sont des vieilles grosses cordes usées. Concrètement, il n’y a pour le moment aucun obstacle crédible en vue. Ah si, la nageuse pourrait tomber amoureuse de l’écrivain ténébreux qu’elle a croisé au milieu du lac, mais bon, ça va nous faire quoi, trois épisodes ?

camp nbc mack buzz

Outre le peu d’intérêt scénaristique, la série se heurte à un problème plus important : elle n’est pas très drôle. En fait, ça pue à dix kilomètre la série familiale proprette avec option « tensions sexuelles édulcorées » qui aurait été refusée par ABC Family avant d’être repêchée par NBC. L’humour est très léger, mignon, sans deuxième niveau de lecture. C’est très gentillet, même pas un méchant correct pour sortir de la grosse vacherie qui tâche, ou de cheerleader coconne ou vicieuse pour dire des énormités. Juste des personnages gentils confrontés à des dilemmes et des contraintes, et qui feront, d’épisode en épisode, de bons ou de mauvais choix. Dawson mais en plus lisse. Enfin, peut-être pas beaucoup plus lisse, mais bon, on est en 2013 quoi, on est en droit d’attendre un peu de nouveauté quand il s’agit de prendre prétexte à explorer les atermoiements adolescents et les rites initiatiques de passage à l’âge adulte dans une série. Je ne vois qu’une solution pour que Camp gagne en piquant dans les prochaines semaines : la saupoudrer d’un peu de danger. Introduire Jason Voorhees dans un bungalow et lui faire égorger quelques gourgandines, par exemple (je propose, hein). Ou alors rendre au moins l’un des personnages un peu méchant (le concurrent de Mack ? le flirt de la nageuse ?). Je me donne en tout cas deux épisodes supplémentaires avant de décrocher. Et je trouve, pour l’instant, que c’est bien payé.

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