La Pop-Pouffe de juillet

 

Accroche-toi à ton slip, c’est ma sixième Pop-Pouffe de juillet ! C’est donc la sixième année de Pop-Pouffes que j’entame depuis l’été 2008. J’en pleurerais presque, tiens. Mais je n’ai pas d’âme, hélas. Recentrons-nous donc. On sous-estime tristement Selena Gomez de ce côté-ci de l’Atlantique. A l’image de Miley Cyrus évoquée ici le mois dernier, elle pâtit injustement de son image persistante de gamine joufflue, de produit Disney imbibé de country et d’Amérique profonde, forcément pas adapté au marché français. Le même genre d’image qui, si elle ne s’en débarrasse pas, empêchera toujours Taylor Swift d’enchaîner les albums et les singles n°1 en France. Bah Selena a fait la bêtise de naître au Texas et de percer dans une série Disney Channel. On a, par ailleurs, le tort de la réduire à son allure de gamine de 14 ans et à son histoire d’amour médiatique avec Justin Bieber (dont la longévité reste pour moi un mystère, tant son immense célébrité dépasse de loin le succès de ses derniers singles en termes de ventes de notre côté de la Manche : Beauty and The Beat n’a pas dépassé la 28ème place du top single en France, Boyfriend – qui n’est pourtant pas une mauvaise chanson – a été 17ème à son meilleur, ce qui est faiblard pour quelqu’un qui est supposé être la plus grosses star masculine actuelle de la pop).

D’abord, Selena Gomez a proposé de très bons singles avec The Scene (un « groupe » apparemment créé uniquement pour la mettre en avant et qui a probablement réalisé 90% de ses ventes en carrière aux Etats-Unis), même si, entre sa notoriété minuscule auprès du grand public à l’époque des Sorciers de Waverly Place et son triste statut figé de « copine de », ils n’ont pas vraiment eu de succès chez nous.

On peut en penser ce qu’on veut, mais Naturally est un titre dance plutôt pêchu et efficace, un peu girly-kid sur les bords peut-être, mais qui n’a pas à rougir face à certains produits teen pop actuels, ou même face à des bouses réussies de Cascada.

 

 

 
Hit The Light aurait très bien pu être chanté par Britney Spears lorsque, comme Selena Gomez, elle n’avait pas encore tout à fait laissé exploser son personnage de nympho pop susurrant son désir d’être ton esclave.

 

 
Love You Like A Love Song est un vrai petit bijou de romantisme désabusé, et est illustré par un clip bien plus intéressant que le tout venant de la teen pop.

 

Bref, si on se décidait à lui donner une chance et à l’écouter pour de vrai, on se rendrait compte que Selena Gomez est peut-être un peu plus qu’une égérie de Star Club, et que si un public et des médias un peu plus « adultes » daignaient s’intéresser à ses singles, sa notoriété n’aurait aujourd’hui rien à envier à celles d’une Katy Perry, d’une Rihanna ou d’une Lady Gaga, qui ne sont pas forcément de plus grandes voix mais qui ont des armées de fans débiles en ligne environ deux fois supérieures en volume.

 

selena-gomez-stars-dance

 

Reste donc ce visage poupin, ces lèvres en bouton de rose et ce regard innocent qui, en effet, vont devoir s’effacer peu à peu derrière des looks sophistiqués et une allure un peu plus adulte (elle s’y attelait déjà dans le clip de Come and Get It, qui avait déjà un titre à légère connotation sexuelle, il y a un mois), parce que pour le moment on dirait une pub pour une ligue lycéenne en faveur de l’abstinence. Ou une collégienne qui a volé les fringues et le maquillage de sa grande soeur pour faire le mur, quelque part dans la banlieue de Los Angeles. On n’y croit pas, quoi. Si on craint l’avènement d’un courant « pédo-pop » dans la musique, c’est bien évidemment à cause de « trucs » comme Rebecca Black lancés dans la « musique » et surtout à la face du web pour faire des buzz lolifiants, mais c’est aussi parce que Miley, Selena, Justin et leurs sous-produits (Connor Maynard, Hunter Hayes) leur donnent l’illusion que c’est faisable. Pourtant Slow Down (et plus largement, probablement, l’exploitation de l’album Stars Dance) pourrait, enfin, renverser la tendance, en cessant de surjouer la corde de la femme-enfant / adolescente-nymphette. Quand Selena Gomez arrivera à avoir un, puis deux, puis peut-être trois vrais tubes en France, et qu’elle aura rempli un Bercy (pour l’instant, on devra se contenter d’un Zénith en septembre prochain, sold out mais dont on peut craindre que la moyenne d’âge dans la salle n’y dépasse guère 13 ans), elle aura accompli un gros chemin. Et vu le peu de volonté que les médias et le public français y mettent, elle aura eu bien du mérite.

2 réflexions au sujet de « La Pop-Pouffe de juillet »

  1. Love you like a love song est une de mes chansons pop-pouffantes favorites… Il y a dedans un recul sur celui qui aime, une auto ironie, mais aussi une passion inquiète, soucieuse qui me fascinent… C’est l’impossibilité d’être aimé autant qu’on aime ! <3

    1. Je ne vois pas autant de choses, mais je cherchais à exprimer le fait qu’on attend peut-être trop cette fille avec un couteau entre les dents et que si on prenait la peine de l’écouter, ce n’est ni mieux ni pire que Katy Perry ou Britney. Le look et le marketing autour sont simplement différents.

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