R.I.P.D. Brigade Fantôme : un film avec Ryan Reynolds habillé dedans

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Certes, c’est l’été, mais les rats de cinéma ne renoncent pas si facilement à leurs toiles hebdomadaires, d’autant que les salles sont (la plupart du temps) climatisées. Alors on bouffe du film, parfois par vraie curiosité, parfois sans trop y croire (ce qui permet parfois – rarement – une bonne surprise), et d’autres fois encore sans rien attendre de génial, mais bon, comme on a une carte UGC, on fait pas trop attention. Ce fût le cas aujourd’hui. En l’occurrence, c’est l’arnaque du moment : la comédie d’action, certes bien dans les clous et les standards du genre, mais où le rôle principal est confié à Ryan Reynolds… sans lui faire retirer le haut une seule fois en 1h30 ! Nan mais allo ? Tu m’expliques l’intérêt de caster Ryan Reynolds si c’est pour qu’il reste dans sa chemise contractuelle Hugo Boss et son gilet pare-balles pendant tout le film ? Même pas une petite scène inutile dans laquelle il décroche son téléphone en sortant de la douche ? Au réveil, au lit, ce serait trop Rated R de lui enlever son marcel de nuit ?…

Je te jure, c’est une vraie déception. Quand il joue dans un film « sérieux », à la limite, je veux bien qu’il cache ses abdos pour nous montrer sa grosse formation Actors Studio, mais dans une comédie d’action, bordel ???

 ripd ryan reynolds

Bon, si encore le film sortait un peu des sentiers battus, que ce soit au niveau du scénario, des dialogues, des effets spéciaux ou des numéros d’acteurs… Mais même pas.

Le pitch : Roy Pulsifer et Nick Walker sont des flics d’un genre très spécial, puisque défunts, et envoyés par leur unité de police, le R.I.P.D. (Rest in Peace Department), pour protéger notre planète d’une recrudescence de créatures néfastes qui refusent de passer tranquillement dans l’autre monde.
Le shérif Roy Pulsifer est un vétéran de cette brigade dédiée à la traque d’âmes belliqueuses se faisant passer pour des citoyens ordinaires. Sa mission : appréhender les criminels qui tentent d’échapper au Jugement Dernier en se dissimulant parmi les vivants.
L’irascible et indiscipliné Roy se voit assigner comme nouveau coéquipier feu Nick Walker, un jeune policier de Boston récemment défunt. Les deux «hommes» vont devoir ravaler leur antipathie respective pour mener à bien leur mission. Quand ils découvrent un complot susceptible de mettre fin à la vie telle que nous l’avons toujours connue, les deux cracks du R.I.P.D. n’ont qu’une option : rétablir l’équilibre cosmique pour que le tunnel qui mène vers l’au-delà ne remplisse pas soudain la fonction inverse et ne précipite pas l’avènement des morts.

Oui, ça pue la série B. D’ailleurs c’est adapté d’un comics, on n’est donc pas surpris de trouver des personnages assez caricaturaux (méchants dont la laideur extérieure, contenue et cachée aux yeux des humains, reflète la pourriture de l’âme, gentils aux égos mal placés, etc.). Mais à 130 millions de dollars de budget, on s’attend aussi à ce que l’adaptation soit réussie, que le scénar’ soit malin, que les effets spéciaux soient pas trop dégueu’. A ces niveaux-là, on est hélas déçus. C’est, somme toute, une comédie d’action standard (deux flics que tout oppose contraints de faire équipe, et qui deviennent copains malgré leurs différences – âge, old school vs. jeune recrue, motivations…), mais pas très drôle et bourrée d’incohérences… avec des effets spéciaux dégueu’.

ripd jeff bridges ryan reynolds

Je sauve quand même Mary-Louise Parker pour sa drôlerie tranquille, et l’amusant tour de passe-passe qui veut que les avatars des flics du R.I.P.D. ne correspondent pas nécessairement à leur âge ni à leur sexe : l’un des running gags du film consiste donc à voir Jeff Bridges, qui aux yeux des humains a l’apparence de Marisa Miller, se faire siffler et mater par les passants pendant la moitié du film, obligeant le vieux barbu à défendre sa vertu de femme, ce que j’ai trouvé mignon et malin. Pour le reste… c’est Ghost meets Men In Black meets Ghostbusters meets Down To Earth meets Leathal Weapon. C’est le bordel et ça ne veut pas dire grand’chose. A part si on y voit une gigantesque métaphore pro-peine de mort pour les « âmes pourries », mais bon, on ne va pas faire de mauvais esprit, hein. Kevin Bacon n’aura donc réussi à être gentil que dans sa série The Following, et le film met en place une sorte de fonctionnement « logique » entre notre monde et l’au-delà, qui se goupille beaucoup moins bien que des mythologies S.F. précédentes, comme par exemple celles de Dead Like Me ou de The Adjustment Bureau. La S.F. américaine aime bien proposer des interprétations plus ou moins rassurantes de la notion d’au-delà, de jugement dernier, et de possibilité pour chacun de se racheter par-delà la mort. Je préfère le Père Noël, au moins l’échéance du jugement et de sa récompense revient tous les 25 décembre. Du coup on bâille tranquillement en attendant que l’affrontement final ne ravage la moitié de Boston, sans conséquences visibles, par la suite, sur le R.I.P.D., la paranoïa de l’espèce humaine ou le plan vigipirate local. On a juste perdu un peu de temps, et gagné une petite envie de revoir Ghost. Ce qui fait peu, même pour un film de Ryan Reynolds.

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