Top 40 des 90’s : n°10

n°10 : Michael Jackson – Black or White (1993)

 

 

J’entame très mal ce Top 10 des 90’s avec une gloire des 80’s. Je l’ai beaucoup dit à l’époque de sa mort, Michael Jackson a, en ce qui me concerne, assuré l’essentiel de sa postérité plus de vingt ans avant sa mort, et même si Billie Jean, Thriller ou Bad sont d’énormes hits qui ont su traverser le temps, il fallait bien avouer que son aura était davantage due à ses tubes passés et à des fans à peu près aussi débiles intransigeants que ceux de Justin Bieber, qu’à une impression de superstar fauchée en pleine gloire : son dernier « tube » d’alors, You Rock My World, remontait à près de huit ans et personne n’était dupe du fait que certes ça avait marché, mais surtout parce que le King of Pop revenait d’une absence de presque cinq ans, et que les post-ados du monde entier s’étaient jetés sur son lead single sans réfléchir, tant ils avaient l’impression d’avoir attendu depuis deux siècles. Au final, You Rock My World aura été un succès public correct mais sans commune mesure avec le glorieux passé de Michael Jackson, plutôt pas très bien porté par la critique, et obligé, en son temps, de limiter les dégâts dans les charts dans une quasi-débâcle face à Can’t Get You Out Of My Head de Kylie Minogue, Family Affair de Mary J. Blige, ou Trackin’ de Billy Crawford. La teu-hon.

Michael Jackson

Bref, Michael Jackson, c’est les 80’s. Mais c’est aussi, un peu, les 90’s, avec le best of mégalo History et son affreuse ballade You Are Not Alone crachée sur commande par R. Kelly (pour ceux qui n’auraient toujours pas reconnu le sirop bien épais de I Believe I Can Fly), et les restes de sa gloire : après Thriller, Jackson a vendu de moins en moins d’albums, mais restait, à chaque nouvel opus, solidement ancré au-dessus des 10 millions d’exemplaires. Si They Don’t Care About Us ou Earth Song ne seront jamais ses plus gros hits intemporels, on tient peut-être quelque chose avec Black or White.

Michael_Jackson_-_Black_or_White_single

Non seulement la dimension tubesque est instantanée sur cette chanson (riff de guitare de génie), mais elle est, en plus, appuyée par un clip dément, 100% dans son époque, que ce soit avec cette fantastique utilisation du morphing (je parie que les figurants concernés le mettent encore sur leur CV) ou la présence de l’ami enfant-star de Michael, Macauley Culkin. C’est aussi par ce clip que j’ai découvert le visage de Michael Jackson, dont je n’avais jusqu’alors entendu que le nom sans trop savoir qui c’était : je fais partie de cette génération qui ne se souvient pas de Michael Jackson noir. Je n’ai connu, en fait, que la déchéance progressive de son image publique, à travers cette créature weirdo traumatisée, au nez trop fin et à la couleur de peau indéterminée dont le monde entier se gaussait, et que la célébrité ne saura pas sauver.

Michael_Jackson_Black_or_White

Black or White est aussi, par ses sonorités rock et funk, l’une des chansons les plus pop de Michael Jackson à mon sens : moins teintée de disco que beaucoup de titres des 70’s, moins dark que ceux des 80’s, peut-être moins personnel, aussi, c’est un vrai single commercial, bien formaté pour les radios et pour le grand public, sans distinctions de genres, de styles musicaux ou de chapelles quelconques. C’est dire, aussi, à quel point Michael Jackson a déterminé les standards de la pop actuelle, et combien Justin Timberlake, Usher ou Lady Gaga lui doivent.

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