Top 40 des 90’s : n°11

n°11 : Céline Dion – My Heart Will Go On (1997)

 

 


 

Difficile de nier, rétrospectivement, l’emprise de la carrière de Céline Dion sur les 90’s. Si pour ma part, je n’avais jamais entendu parler d’elle avant D’Eux en 1995 (mais tu auras fini par comprendre que je suis pas une référence), sa carrière aura vraiment connu une explosion au tournant des années 80-90, que ce soit au niveau francophone ou international. A l’époque, j’avais donc réussi à échapper à Ne partez pas sans moi, à sa victoire à l’Eurovision, à ses premiers succès internationaux, à The Colour Of My Love… Autant de jalons aujourd’hui considérés comme les grandes heures de son parcours, mais qui la positionnaient plus, pour le marché français, comme une espèce de diva variétoche kitsch option Barbra Streisand : on dira ce qu’on veut, on n’est pas le cœur de cible de ce type de produit très américain.

 

  céline dion my heart will go on

Puis vient l’immense succès de sa collaboration avec JJG en 1995, et là, non seulement elle entre enfin à portée de mon radar (je pense qu’à peu près chaque foyer français de classe moyenne ou bourgeoise possède sa copie de D’Eux), mais surtout, la France commence à la regarder de plus près. Après tout, cette fille a pondu l’album francophone le plus vendu de la planète, et lancé dans son sillage la mode du produit cité plus haut et a priori tellement trop kitsch pour notre patrie des chanteuses « à personnalité » qui font semblant de faire du rock ou de la soul pour justifier leur présence sur les ondes et dans les bacs (Maurane, Axelle Red, Catherine Ringer, Patricia Kaas, c’est vous que je regarde) : la mode de la chanteuse – québécoise de préférence – à voix. Une mode dont peu de survivantes peuvent se vanter de bénéficier encore aujourd’hui (allez, Isabelle Boulay et Natacha St Pier si on est très sympa, Lara Fabian si on se borne encore à la considérer comme une sous-Céline Dion belge incapable d’avoir une attitude naturelle et détachée plus de trois secondes d’affilée)…

Bref, quand elle refait des albums, par la suite, qu’ils soient en anglais ou en français, les Français regardent Céline, et son public désormais acquis achète. Donc, lorsque vient My Heart Will Go On en 1997 (et plutôt 1998 de notre côté de l’Atlantique), non seulement personne n’est surpris de trouver Céline Dion sur le plus gros single de B.O. de film depuis I Will Always Love You, mais en plus personne ne moufte sur la kitscherie de l’ensemble, ni sur le risible gimmick d’ouverture à la flûte. Au collège, comme bien des gamins de ma génération, il a fallu que j’apprenne à me servir d’une flûte pour les cours de musique (instrument essentiellement choisi par l’Education nationale pour son faible prix, sa maniabilité, sa transportabilité et sa facilité d’apprentissage pour mettre en pratique les balbutiements de solfège – malheureusement au détriment de nos oreilles, tant 30 élèves qui jouent mal de la flûte peuvent légitimement donner à un prof des désirs de saut par la fenêtre). Et bah je peux te dire que si on nous avait fait jouer l’intro de My Heart Will Go On, on aurait été vachement plus motivés. Céline Dion, le casse du siècle.

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