Top 40 des 90’s : n°20

n°20 : R.E.M. – Losing My Religion (1991)

 

 

R.E.M. a eu une durée de vie de trente ans, ce qui est honorable pour un groupe de rock dont les membres sont globalement restés les mêmes et, surtout, étaient toujours vivants lorsque le groupe s’est séparé : 1981-2011. Et c’est au bout de dix ans tout pile qu’est survenu le « pic » de leur carrière, avec la sortie de l’album Out Of Time (le septième, sur quinze sortis en tout) et, bien sûr l’exploitation de ses deux premiers singles : Losing My Religion et Shiny Happy People. Deux singles qui marquent pour le groupe la fameuse « percée mainstream », sorte de Graal espéré en vain (et/ou en secret) par bon nombre de groupes de rock alternatif (même si on se positionne comme un groupe d’avant-garde et qu’on affectionne particulièrement un discours d’artiste incompris ou trop bon pour le grand public, être reconnu comme un génie et ramasser les royalties d’un tube comme Losing My Religion doit faire plaisir).

 

R.E.M._-_Losing_My_Religion

Il faut avouer que la chanson est un classique instantané, dont le refrain reste en tête dès la première écoute, et qu’elle est servie par un clip superbe, qui a très peu vieilli même s’il a désormais plus de vingt ans. La voix de Michael Stipe et ses intonations si particulières font également mouche, et on peut soupçonner que cela a contribué au succès de la chanson et du groupe, à une époque où ce genre de voix manquait à la pop internationale. On sortait tout juste des années 80, hein… Car depuis, des chanteurs pop rock mainstream, avec un air pas trop bête, sans brushing impeccable, veste de costume façon gendre idéal ni larges épaules avantageusement mises en scène, et à la voix oscillant entre le rauque et le geignard, on en a vu à la pelle. Michael Stipe a probablement contribué, pour la génération biberonnée à MTV, à valoriser et rendre « tubesquement acceptables » des voix comme celles de John Mayer, de Daniel Powter ou d’Adam Levine. Le plus gros tube de R.E.M., quant à lui, définit l’entrée des années 90 dans une ère plus rock, moins disco et moins frime que les années 80.

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