Top 40 des 90’s : n°21

n°21 : Bruce Springsteen – Streets of Philadelphia (1993)

 


 

Quatre Grammy Awards et l’Oscar de la meilleure chanson originale, c’est la partie émergée de l’iceberg du fabuleux bilan dont Bruce Springsteen peut se prévaloir, en fin d’exploitation de cette immense chanson, écrite à la demande de Jonathan Demme. Devenant un tube majeur en Europe en 1994, Streets of Philadelphia rappelle le Boss au souvenir d’un grand public européen qui, en dépit de sa conséquente discographie, ne se voit servir en radio que Born in the USA. C’est aussi, à ce jour, le dernier gros succès single en date d’un artiste qui demeure essentiellement connu comme un géant de la scène. Le single a été n°1 en France, en Italie, en Allemagne, au Canada et dans quelques autres pays. Aux Etats-Unis, il n’a pas fait mieux qu’une neuvième place au Billboard Hot 100, qui reste toutefois une performance honorable pour une chanson rock mid-tempo à la mélodie clairement triste.

 

bruce springsteen streets of philadelphia

 

Streets of Philadelphia, le film dont elle est extraite (Philadelphia) et la performance de l’acteur principal dudit film (Tom Hanks) sont surtout des jalons importants de la triste histoire culturelle du sida, à une époque où la maladie fait encore des ravages et où Jonathan Demme (alors tout juste auréolé du triomphe critique et public du Silence des Agneaux) bouscule un peu le public en proposant le premier grand film hollywoodien mainstream sur le fléau, en ne se privant pas de mettre en scène plusieurs personnages gays et leur confrontation, dans la maladie ou non, à un monde majoritairement hétérosexuel. Cette chanson, avec sa mélodie lancinante et son message d’une tristesse déchirante sur la solitude des malades, reste l’un des grands classiques du rock et de la pop de cette décennie si particulière qui connaissait le sida mais le maîtrisait encore si mal, et où l’ignorance et l’intolérance faisaient autant de dégâts que la maladie elle-même. Aujourd’hui, journaux et reality shows regorgent encore de ces histoires de gamins rejetés par leurs familles ou leurs écoles pour des raisons dégueulasses et inadmissibles. Avec un peu de chance, après les progrès médicaux contre le sida, ce sont peut-être les progrès contre les esprits étriqués qui, d’ici vingt ans, feront passer ces histoires pour un passé lointain aux pratiques sociales aberrantes.

 

 

I was bruised and battered and I couldn’t tell
What I felt
I was unrecognizable to myself
I saw my reflection in a window I didn’t know
My own face
Oh Brother are you gonna leave me
Wastin´away
On the streets of Philadelphia ?…

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