Top 40 des 90’s : n°27

n°27 : Oasis – Wonderwall (1995)

 


 

 

Peut-être plus encore que Robbie Williams, les années 90 auront été marquées auront été marquées, pour la pop anglaise, par ce phénomène musical bizarre, qui semblait circonscrit aux années 94-97 mais qui, si je ne m’abuse, existe toujours bien au-delà de la rivalité médiatique entre Blur et Oasis : la britpop. Oasis, en Angleterre, c’est un peu comme Johnny Hallyday ou Indochine (qui a d’ailleurs repris Wonderwall sur l’une de ses tournées) chez nous : dans l’industrie musicale, c’est Dieu. C’est-à-dire qu’il y a un public et des détracteurs, comme pour tout groupe ou chanteur, mais une base de fans tellement solide que ça pond du numéro un à la chaîne, quoi que tu fasses. La critique est impuissante, tu peux pas lutter. Depuis leur spectaculaire séparation en 2009, le public anglais scrute les nouveaux travaux des frères Gallagher, mais rien à faire : c’est bien l’ombre d’Oasis qui imbibe encore leur image et suscite la curiosité. Lequel des deux réussira le mieux sans l’autre ? Lequel sera, du coup, considéré comme l’âme et le moteur d’Oasis, pour la postérité ?…

Oasis Wonderwall

En 1995, j’avais 10 ans, et j’étais donc un peu jeune pour être à donf’ sur la britpop, mais comme tout le monde, je n’ai pas pu échapper à Wonderwall (ni aux lunettes de soleil rondes), incontestablement le plus gros tube mainstream d’Oasis, peut-être LA chanson-testament de la Britpop. L’album What’s The Story Morning Glory reste aujourd’hui l’un des plus gros classiques de la pop anglaise (il remporta, en 2010, le Brit Award du Best British Album of the last 30 Years, et demeure parmi les cinq disques les plus vendus de l’Histoire au Royaume-Uni). Dans le sillage d’Oasis apparaîtront The Verve, Travis, Stereophonics, ou même Coldplay, tandis que la percée de Radiohead a aussi été associée au mouvement Britpop. On a donc mis un peu tout et n’importe quoi dans la Britpop, dans la mesure où le groupe ou l’artiste en question était de nationalité anglaise. D’ailleurs, Radiohead avait fait une reprise sarcastique de Wonderwall, à une époque où, au tournant des années 2000, la Britpop consistait surtout pour les groupes concernés à se chier à la gueule par presse musicale interposée.

 oasis

Ce qui m’amène d’ailleurs à la particularité de Wonderwall face à la plupart des chansons des 90’s : elle a été reprise ad nauseam. Non seulement dans les B.O. et illustrations sonores de reportages et de séries télévisées, mais aussi par d’autres artistes. Signe qu’elle a marqué son époque comme rarement une chanson pop a réussi à le faire : quelle chanson peut se vanter d’avoir été reprise, en studio ou en live, par Cat Power, Paul Anka, Metallica, Ryan Adams, les Beastie Boys… ? Et chez les ados qui faisaient des boums à la campagne aux alentours de 2000, on ne compte plus le nombre de gars qui ont, à un moment ou à un autre, gratté Wonderwall à la guitare et entonné les paroles au coin du feu avec quelques camarades de classe (dont la meuf qu’ils cherchaient à pécho). Wonderwall, sortie en plein milieu de l’année 95, a de faux airs de cœur : c’est le centre musical des 90’s.

2 réflexions au sujet de « Top 40 des 90’s : n°27 »

  1. En général on s’accorde à dire que la période Britpop s’achève en 1997 avec la sortie de Be Here Now d’Oasis.
    Car cet album était une telle caricature des principes de la Britpop qu’il a provoqué une vague générale d’agacement et de lassitude qui a sonné le glas de la Britpop.

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