Top 40 des 90’s : n°28

n°28 : Queen – The Show Must Go On (1991)

 

Quand on écoute The Show Must Go On et … Baby One More Time de Britney Spears, on a du mal à croire que les deux chansons appartiennent à la même décennie. Et pourtant, à peine sept ans séparent l’enregistrement des deux singles. Mais là où Britney met fin aux années 90 pour faire entrer la pop mondiale dans les années 2000, la chanson de Queen est une sorte d’adieu définitif aux années 80. Voire aux années 70. C’est en tout cas la fin d’une époque pour un groupe qui existait alors depuis plus de 20 ans, et qui, s’il existe encore aujourd’hui, n’a plus jamais été le même.

 Live Aid Concert - Wembley Stadium

Cette chanson, on la connaît : c’est le dernier single, sorte de testament pop, de Freddie Mercury, qui mourra, emporté par le sida, à peine un mois après la sortie du single. J’avais déjà parlé de cette chanson ici, et de ce qu’elle représente pour moi. Et pour beaucoup d’autres, évidemment.

« Lorsque je l’entends, je pense à Freddie Mercury qui écrivit cette chanson avec le guitariste du groupe Brian May en se sachant condamné, et les montagnes russes dramatico-lyriques qu’effectue sa voix dans la dernière minute de la chanson me donnent des frissons.

Je crois que les paroles sont parmi les plus tragiques que l’on ait entendu sur une chanson pop, à force de descriptions de la féroce volonté de vivre et de l’affaiblissement déjà considérable causé par le Sida et les maladies opportunistes qui, quelques semaines après la sortie du single, allaient emporter Freddie Mercury. » 

Cela reste, aussi, l’une des chansons les plus intemporelles, et les plus importantes, que les 90’s nous aient livrées. Dans quelques décennies, si l’Humanité réussit à se débarrasser du sida, cette chanson restera un hymne, parlant de courage, de résistance et d’entêtement, face à toute tragédie. Il y a, quelque part, un état de grâce dans cette chanson, qui est peut-être l’une des plus plombantes du rock contemporain.

queen

Avec la disparition de Freddie Mercury, c’est aussi l’une des périodes les plus dures de la lutte contre le sida qui trouve son écho people le plus retentissant. Si Rock Hudson avait généré un retentissement mondial en 1985 en révélant qu’il souffrait du VIH (quelques mois avant sa mort, et à une époque où, pour une partie du grand public, la maladie était encore considérée comme un « cancer gay » – et révéler en souffrir l’équivalent d’un coming out), il avait presque 60 ans, et connu son heure de gloire près de trois décennies auparavant. Mercury, lui, n’en avait que 45, et était à la tête de l’un des groupes les plus populaires du monde. Selon toute vraisemblance, s’il n’était pas mort, il serait aujourd’hui encore en activité, comme le sont des « papys » du rock considérés comme des légendes. Avec son adieu musical flamboyant, Freddie Mercury nous a laissé entrevoir, une dernière fois, l’ampleur de ce qu’il a apporté à la musique pop contemporaine, et surtout ce que nous perdions : une grande figure de la pop, et une des premières superstar qui clamait son homosexualité sans la dire avec les mots. Après sa mort, et malgré la sortie de l’album Made In Heaven en 1995 (qui contenait certains inédits enregistrés par Freddie Mercury), ce ne sera plus vraiment la même chose.

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