Top 40 des 90’s : n°3

n°3 : The Cranberries – Zombie (1994)

 


Peut-être le groupe le plus symptomatique des années 90, avec son combo son pop-rock mélodique bien adapté à la FM + prise de tête + engagement politique irlandais post-U2, The Cranberries n’a pas vraiment survécu à l’an 2000, même si le groupe est toujours actif et possède toujours sa base de fans. J’aurais pu choisir Linger, extraite de leur premier album, ou bien les deux autres tubes issus de l’album No Need To Argue (Ode To My Family et I Can’t Be With You), ou même une chanson plus tardive (Salvation, Promises, Animal Instincts), mais je crois que c’est quand même Zombie qui résume le mieux l’image et le son du groupe aux yeux du grand public, vu d’aujourd’hui.

 

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L’exploit de The Cranberries, c’est donc d’avoir produit un son FM plombant mais énergique, pour parler de guerre, de mort et d’horreur, et d’en avoir fait des tubes, jusqu’aux Etats-Unis. Comme U2 ou Ken Loach, le groupe fait partie de ces quelques créateurs ayant réussi à intégrer la question irlandaise dans les esprits à travers l’Europe. Pour dire la vérité, sans quelques films et des chansons de U2 et The Cranberries, je ne saurais probablement rien de l’IRA. Zombie est à ce titre une vraie vitrine pop sur le sujet, puisque les paroles de la chanson évoquent sans équivoque les attentats de Warrington, qui ont tué 2 enfants et fait plusieurs dizaines de blessés en mars 1993. Déjà à l’époque, les attentats et catastrophes de l’actualité faisaient réagir des groupes dès les semaines suivantes, écriture de chansons, voire d’albums entièrement dédiés, à la clé.

La voix de Dolores O’Riordan est également typique des voix un peu gémissantes de certaines nénettes (et même chanteurs) du pop rock contemporain qui, bon an mal an, auront bénéficié de cette ouverture vers des voix qui font le grand huit : Alanis Morissette, Brian Molko de Placebo, Avril Lavigne, Andrea Corr des Corrs, etc. La musique pop n’a jamais tant aimé les voix capables de passer du gémissement émis par un sac de chatons jeté dans les escaliers à un alto net et sans bavure en quelques secondes, qu’à la fin des 90’s. The Cranberries n’y est peut-être pour rien, mais n’en demeure pas moins l’une des grandes réussites du genre. On pardonnera d’autant moins l’existence de cette horreur :

 

 

 

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