Top 40 des 90’s : n°30

n°30 : Björk – It’s Oh So Quiet (1995)

 

Vu d’aujourd’hui, Björk est tellement une chanteuse islandaise givrée et underground qu’on a un peu de mal à croire qu’au milieu des années 90, c’était une star de la pop. Son album Post, en 1995, accoucha de trois singles ayant intégré le top 10 anglais (Hyperballad, Army of Me, et donc It’s Oh So Quiet), et son album Homogenic, en 1997, devint un classique. La chanteuse reste, aujourd’hui, pratiquement la seule célébrité islandaise d’envergure internationale, et de cette époque bénie de sa carrière nous sont parvenues quelques mélodies intemporelles, que les clips et la pub se sont chargées de faire vivre. Dont ma chanson préférée. Depuis, Vespertine, Medülla, Volta et Biophilia se sont chargés de paumer le grand public et de concentrer, autour de Björk, un public plus restreint de fans fidèles, et probablement un peu givrés aussi.

 

Bjork_POST

It’s Oh So Quiet, avec son clip barré et chorégraphié réalisé par Spike Jonze, est en tout cas symptomatique de cette période des 90’s, où les artistes d’un courant alternatif, mais pas nécessairement hype, pouvaient devenir des machines à tubes pendant quelques années : on pense au rock alternatif ou au trip-hop, et leurs plus fameux représentants ou assimilés Massive Attack, Tricky, The Smashing Pumpkins, Sigur Ros, Nellee Hooper… et donc la chanteuse des Sugarcubes. Et le clip est aussi, évidemment, l’une des premières grandes percées de Spike Jonze qui, comme d’autres au cours de cette décennie-là (Michel Gondry, David Fincher, Jonathan Glazer…), se construira une renommée de « clipeur » avant de devenir un célèbre réalisateur de cinéma. Björk, malheureusement, n’aura donc été une popstar que très brièvement, et est désormais trop perchée pour espérer vendre 10 millions d’album à chaque fois, être soutenue par les radios et décrocher des récompenses internationales prestigieuses (bizarrement, elle ne détient à ce jour aucun Grammy Award). Ses clips restent, pourtant, et malgré les années qui passent, de petits événements, proposant à chaque fois une expérience formelle intéressante… ou dérangeante.

 bjork

En un sens, Björk incarne aussi une époque où, sans être une diva, ou un mannequin Prada, ou une fausse perchée, on pouvait quand même devenir un phénomène pop au milieu des chanteurs FM et de l’eurodance moite. Et ce constat rassurant : on n’a pas attendu Amy Winehouse pour faire des tubes avec un son rétro et des cuivres…

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