Top 40 des 90’s – n°35

n°35 : Destiny’s Child – Bills Bills Bills (1999)

 

 

Oui, on a tendance à l’oublier, mais Beyoncé est un produit issu des 90’s… On les a longtemps cherchées, les nouvelles Supremes. Le concept de girls band R’n’B (en fait, la plupart du temps, de simples girls band pop estampillés R’n’B parce que les filles étaient noires et que les producteurs étaient liés au milieu hip-hop) était ainsi monté en puissance progressivement au cours de la décennie, avec les succès de En Vogue, Zhané, Total, Xscape, Eternal ou bien évidemment TLC, mais c’est bien en 1999, avec The Writing’s On The Wall, que Beyoncé et ses copines interchangeables font exploser le concept, dont de malheureux ersatz essaient depuis, en vain, de reproduire le succès (Mis-Teeq, The 411, 3LW…).

 

 

Pourtant, et vu d’aujourd’hui, ce n’était pas forcément gagné d’avance, tant on est désormais habitués à ce qu’une « révélation » débarque avec un énorme smash hit en guise de premier single (faute de quoi, sa maison de disque ne lui laisse guère plus de deux fours au Top 50 pour lui rendre son contrat). Car si Bills Bills Bills est le premier single de The Writing’s On The Wall, un premier album, sobrement intitulé Destiny’s Child, avait vu le jour un an avant. On a tendance à l’oublier, mais le groupe avait dès 1997 connu un petit succès avec No, No, No, et avait sorti un second single au succès plus modeste, intitulé With Me. No, No, No, notamment, n’est plus du tout assumé, par la suite, par le groupe en dépit de sa popularité. C’est que, déjà, la valse des membres avait commencé…

 

"Michelle ? There's no Michelle in Destiny's Child... Oh sorry I forgot I fired the other ones..."
« Michelle ? There’s no Michelle in Destiny’s Child… Oh sorry I forgot I fired the other ones… »

 

 

 

Ce qui n’empêche pas Bills Bills Bills de devenir le premier numéro 1 au Billboard pour Destiny’s Child. Et de les lancer pour de bon puisque, en 2000 puis 2001, suivront Say My Name, Survivor, Bootylicious et à peu près tout ce que le groupe a fait et qui est, depuis, passé à la postérité. Trois années d’ultra-domination du R’n’B et de la pop, c’est peu et c’est en même temps beaucoup, puisque Destiny’s Child finira sa carrière classé parmi les girls bands plus vendeurs de tous les temps. Quand on voit le stylisme outrageusement 90’s arboré par les filles dans le clip de Bills Bills Bills, leur leitmotiv à base de « Can You Pay My Bills ? » (la chanson consistant essentiellement à reprocher à un mec, qu’on suppose fictif, de ne pas assurer sur le plan matériel et d’avoir besoin de sa copine pour finir le mois) et la présence de deux intruses (LaTavia et LeToya, les premières membres virées par Beyoncé), on comprend pourquoi le groupe ne se sert guère de Bills Bills Bills pour entretenir sa légende (la période Survivor reste la plus prisée par MTV et par les fans). C’est dommage, car c’est pourtant une bonne chanson, et surtout c’est un peu leur « Baby One More Time » à elles : elles ont accompli tellement plus depuis, mais c’est bien comme ça qu’elles ont décollé.

 

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