Top 40 des 90’s – n°39

n°39 : Savage Garden  – Truly Madly Deeply (1997)

 

 

C’est peu dire que j’ai été imperméable à la tendance des boys bands, notamment durant la seconde partie des années 90, où les pires travers musicaux et stylistiques ont pu être observés et, bizarrement, plébiscités par un public international dont il faudra bien, un jour, se décider à accepter qu’on n’y comprend rien. Et puis, parfois, un groupe surgissait, ça ou là, avec l’étrange prétention de faire de la musique pop, avec du songwriting et tout, en plus de défiler dans des clips avec un air mi-allumeuse mi-pensif.

 

Les australiens de Savage Garden font partie de ces quelques groupes à avoir tenté une approche différente du « groupe à minettes », avec un packaging légèrement différent, moins d’abdos et de chemises orange fluo ouvertes jusqu’au nombril, et finalement plus de pop propre et gentille, empreinte d’une masculinité clean et rassurante valorisée par des clips un peu léchés et aux couleurs neutres (entre le beige et le bleu clair) : c’est con à dire, mais ce n’est en fait rien de plus que la recette des boys bands du début des années 90 (les Take That ou East 17), ces gentils garçons jolis mais à peine sexués pour qui la rébellion se limitait, visuellement, au fait de porter une casquette ou un bonnet, dans une tentative modeste de street credibility. N’empêche que, face à des déformations du genre comme les Worlds Apart ou les G-Squad, les Savage Garden passaient presque pour des héritiers de Bob Dylan. Genre « Ouais, eux au moins c’est un vrai groupe, avec un vrai chanteur ». Et ça cartonnait grave, au point que Truly Madly Deeply s’est retrouvé au sommet du Billboard Hot 100, le classement U.S. réputé pour ne pas trop laisser les artistes non américains s’imposer à la place de n°1.

Du coup, en 1997-1998, dans toutes les boums, alors même qu’on ne savait pas trop comment danser dessus (slow ou pas slow ?), on a tous pensé que Truly Madly Deeply détendrait l’atmosphère pour qui voudrait tenter une approche de séduction particulièrement subtile. Merci à ce refrain ultra simple à comprendre (merci aux Savage Garden de s’être limités à un vocabulaire accessible aux collégiens, et d’avoir appris à articuler aussi) : I want to stand with you on a mountain / I want to bathe with you in the sea / I want to lay like this forever  / Until the sky falls down on me

Depuis, le chanteur du groupe, Darren Hayes, s’est lancé dans une carrière solo et, comme à peu près la moitié des chanteurs de boysbands dans années 90, a fait son coming out. Pas de bol, les filles. Et comme Beverley Craven, la chanson de Savage Garden a connu une reprise dance, cette fois-ci par Cascada, en 2006. Preuve que la mélodie de départ représentait un matériau de qualité, même dix ans après.

 

 

2 réflexions au sujet de « Top 40 des 90’s – n°39 »

  1. Petit bichon, je souscris entièrement à ton billet, toujours si juste (qui me fait dire q’un jour on boira un verre ensemble car on aura TANT de choses à se dire !), et je rajoute quelques points ou impressions :
    1) Ah ces vestes en peau retourné à bordure faux agneau de Mongolie ! On en a vu partout ! Mode néo hyppie oblige, y en avait m chez Hélène et les garçons… Horreur !
    2) Il faisait qd m très très gai le mec, je ne m’en souvenais pas à ce point…
    3) Ah, les vestes en cuir long cheap pre Matrix! On a tous en un métalleux, un cassos, un pre geek qui en avait une… Horreur aussi !
    4) Perso, ma préférée c’était plutôt Buy a ticket to the moon and back.
    RIP Savage garden… <3

    1. Savage Garden incarne en tout cas, à mon sens, quelque chose que le public a cherché, à un moment, dans les 90’s : essayer de donner du sens, d’aller au-delà du superficiel, de rendre la pop « meaningful »… et donc de se rassurer en ayant l’impression qu’un simple boys band avait de vrais talents de musiciens et des choses à dire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*