La Pop-Pouffe de septembre

 

Elle me rend un peu triste, Avril Lavigne. Certes, il y a bien pire qu’elle dans le showbiz, que ce soit au niveau de la respectabilité musicale, de la longévité ou des ventes de disques (par contre, être la femme de Chad Kroeger, là, j’ai beau chercher…), mais bon, elle en est désormais à deux retours ratés, et il faut bien avouer qu’elle tourne en rond. Et donc, après Goodbye Lullaby en 2011, un échec qu’on pensait compris et digéré (sa soupe de petite peste pop rock qui allume de pauvres post-ados commence à sentir le rassis), la voilà qui revient avec Avril Lavigne, un cinquième album studio placé sous le signe… de la continuité. Il faut dire qu’Avril pense avoir déjà fait des efforts considérables pour se renouveler : en 2007, pour l’exploitation de The Best Damn Thing, elle est ainsi passée d’un look de collégienne skateuse à celui de vamp flashy, optant pour les talons aiguilles, les guêpières à couleurs criardes et les mèches roses sur cheveux blonds platine. Une petite révolution visuelle dans sa jeune carrière, qui cachait toutefois bien mal la triste réalité : son style musical n’avait pas changé d’un iota. Avril Lavigne était juste marketée différemment.

 

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Ainsi, même si c’est un de ses plus gros hits, qui lui a permis de s’affirmer comme une chanteuse qui a enfin remarqué qu’elle était mignonne, en introduisant au passage son personnage de dragueuse inconséquente, Girlfriend introduit le début de la chute pour la chanteuse : des singles qui se vendent de moins en moins, des fans qui se démobilisent, les chaînes musicales qui passent à autre chose à cause de produits de substitution (Kelly Clarkson, Pink, Lady Gaga, Jessie J… la décennie écoulée a apporté son lot de jeunettes peinturlurées énervées)… Et donc, au quatrième album, forcément plus personnel, sombre et introspectif car écrit dans la foulée de son divorce avec Deryck Wimbley (le lead singer de Sum 41, autre ersatz de rock issu de la vague néo-métal made in MTV au début des 2000’s), c’est le flop.

Le lead single, What the hell, est plutôt efficace, dans son genre, mais il faut bien avouer qu’il n’apporte rien de bien neuf par rapport à ce qu’elle a pu proposer avant. Quant au reste de l’album, il est beaucoup plus mélancolique, low tempo… bref, quasi-inexploitable pour une chanteuse (ou son label ?) qui ne veut jamais s’adresser qu’à des collégiens.

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Résultat, à 29 ans, Avril Lavigne est un peu la Chantal Goya des teenagers : incapable d’avoir fait évoluer (ou au moins d’avoir sérieusement essayé) le registre qui fit sa gloire, elle se condamne à le répéter. Même Lorie a fait plus d’efforts pour se démarquer du style Ta Meilleure Amie, c’est dire…

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Alors, certes, Avril tente aujourd’hui de sauver le monde dans un clip façon Mad Max meets Tarantino meets DC Comics meets Thelma & Louise meets Lady Gaga, dans une vaste soupe épico-lesbienne. N’empêche que c’est toujours la même musique. Et quand on voit avec quelle fierté mal placée elle ressortait ses vieilles frusques de skateuse dans son précédent clip Here’s to never growing up (où, grosso modo, elle se vantait de ne pas grandir, de ne pas changer… de ne pas évoluer), il n’y a guère de quoi être rassuré pour la suite. Mes chéries les Pop-Pouffes, petit message : il faut vraiment que vous perdiez l’habitude de vous auto-référencer et de rendre hommage à vos glorieuses heures passées par des clins d’œil lourdingues à vos vieilles tenues et perruques cultes. Quand on a moins de vingt ans de carrière, trois pauvres albums et cinq pauvres hits sous le pied, et qu’on n’est pas Madonna (et encore…), c’est plus mauvais signe qu’autre chose.

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