Du logique dézingage de l’émission de Sophia Aram

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Moi, j’aime bien Sophia Aram. J’ai senti venir le dézingage de son émission tout l’été, mais je l’aime bien. D’abord, il y a le souvenir de ses chroniques sur France Inter, où elle a réussi à ne pas se faire jeter par la direction malgré les nombreuses têtes coupées (Stéphane Guillon, Didier Porte, Gérald Dahan) tout en se livrant à quelques instants de bravoure limite kamikaze face à Jean-Marie Le Pen ou Nadine Morano. Je l’aime aussi pour ses prises de positions sans concession sur le mariage pour tous ou la place des femmes en politique : c’est peut-être politiquement correct, mais en vrai, ça ne l’est pas tant que ça, quand on voit à quel point ces enjeux ont du mal à s’imposer comme allant de soi, en dépit des belles paroles. Avoir le courage de se prononcer clairement et distinctement pour des choses « politiquement correctes », dans un métier et à une époque où les « gentils » sont moqués ou se font épingler la gueule par les fachosphère, blogosphère blasée et autres cercles médiatiques plus ou moins cyniques, c’est une rareté dont la plupart des chroniqueurs et caricaturistes, par peur de ne pas être assez féroces, ne peuvent se prévaloir. Et puis il y a aussi son spectacle, Crise de foi, que j’ai vu cette année et qui pointe du doigt les crispations de notre époque. Lancé peu avant le fameux débat sur « la laïcité » (dont tout le monde avait bien pigé que c’était surtout un débat sur l’islam, dans une laïcité subtilement catholique). Sophia Aram, au moins en tant que chroniqueuse, m’a convaincu depuis longtemps : un peu comme Zemmour, on aime ou on n’aime pas, mais au moins on sait ce qu’elle pense, et elle tire à vue.

Mais quand son nom a été annoncé pour la présentation de la case access de France 2, j’ai un peu balisé. Animatrice TV, pendant une heure à l’antenne en direct, ce n’est pas exactement le même exercice qu’une chronique de quatre minutes en radio. Et puis bizarrement, je pressentais qu’elle n’était probablement pas assez populaire. Trop tôt. Trop marquée politiquement. Trop parisienne. Trop un tas de chose. J’avais envie de voir, mais je n’étais pas sûr du tout qu’elle était adaptée, à ce stade de sa carrière ou dans l’absolu, à une émission TV de fin d’après-midi.

Et donc, même si je croisais les doigts la semaine dernière avant le lancement de Jusqu’ici tout va bien (que je vais me contenter de désigner par son hashtag/acronyme #JITVB), j’étais un peu inquiet du résultat. Le dézingage en règle dont l’émission fait l’objet, en ligne, depuis une semaine, ne m’a donc qu’à moitié surpris. C’est en fait, d’ores et déjà, le Gérard de l’accident industriel quasiment assuré (je suggère d’ailleurs à Sophia Aram, qui a de l’humour, si elle est nommée, de se rendre à la cérémonie pour récupérer son très probable prix). Pour dix raisons au moins, dont deux me semblent tenir à Sophia Aram elle-même. Mais franchement, je ne parviens pas à la blâmer.

 

Sophia Aram n’était pas prête
C’est bête à dire, mais Sophia Aram n’était pas encore mûre pour #JITVB : en-dehors de travaux d’écriture pour des émissions d’Arthur et de ses chroniques sur France Inter, elle n’a en fait pas de grosse expérience d’animatrice vedette, que ce soit en radio ou en TV. Résultat : non seulement c’est la première fois qu’elle passe une heure à interagir avec une caméra en direct (et ça se voit, malgré ses réflexes de scène), mais en plus, la majorité de ses téléspectateurs n’avaient jamais entendu parler d’elle avant lundi dernier. Et, manque de bol, s’ils lisent un peu la presse ou le web, depuis cette date, ils n’entendent plus parler d’elle qu’en mal.
Pas assez connue du grand public, sur un format magazine où le présentateur vedette draine généralement les premiers téléspectateurs sur son nom, Sophia Aram était quasiment condamnée à nous faire une Elizabeth Tchoungui : la nénette intéressante, issue de la diversité, mais lâchée toute seule, trop vite, sur une case trop stratégique et un concept pas assez novateur…

Le soupçon politique
L’autre point faible de Sophia Aram (mais, pareillement, peut-on vraiment le lui reprocher ?), c’est qu’il est difficile d’oublier ses accointances politiques ou ses idées. Idées que je partage en grande partie, hein. Mais il n’y a pas que moi devant ma télé. Pire, à l’heure où Sophia passe à la télé, en fait, je ne suis même pas devant, en principe. Très orientée dans ses propos et dans son ton, l’éditorialiste ressort de la présentatrice. Dans les premières émissions, je trouvais même qu’elle avait de fausses intonations de Maïtena Biraben, une autre animatrice que j’adore, mais dont je vois bien qu’elle agace le mâle hétéro blanc aisé de droite (rayer les mentions inutiles, ou aucune, selon qu’on est ou non à la foire aux clichés). Si l’on ajoute qu’en plus, elle a toujours été bien plus virulente, dans ses éditos humoristiques, envers les personnalités de droite qu’envers les personnalités de gauche (en gros, elle attaque les premiers sur le fond quand elle se moque des seconds sur la forme – et pour cause), elle a presque l’air d’avoir été favorisée en haut lieu, elle qui s’amusait d’être associée à la gauche bien-pensante par l’ancienne majorité de droite. Évidemment, il n’en est probablement rien, mais la manière dont France 2 a communiqué (sur un ton qui se voulait humoristique) sur le fait que Sophia Aram n’était pas le premier choix de la chaîne et que des grosses figures du PAF (Daphné Roulier, Ariane Massenet, Flavie Flament, Marie Drucker, etc.) avaient refusé de se « griller » sur la tranche casse-gueule de 18h (on a vite fait de faire la carrière de Fred Courtadon), semblait presque maladroite. Comme si on voulait détourner l’attention du fait qu’une humoriste notoirement anti-sarkozyste avait décroché une émission sur France 2. Alors que, franchement, après avoir refait une saison sur France Inter après l’élection présidentielle de 2012, pourquoi irait-on la critiquer d’avoir saisi une opportunité ?

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L’absence de concept
Outre son animatrice et les critiques, injustes (laissons-lui le temps de mettre son émission en place et de prendre ses marques – regardez la tronche du Grand Journal en 2004, ça pue l’amateurisme par rapport à aujourd’hui) mais prévisibles, la communication pré-lancement de #JITVB était aussi bizarre : Sophia Aram annonçait qu’il n’y avait « pas vraiment de concept ». Léger, au mieux, pas rassurant du tout, au pire. Désastreux, quand on est sur le service public et que le téléspectateur un peu sensible à la démagogie estime que c’est lui qui paye le contenu diffusé.
A l’écran, dès le premier jour, ça se confirme : l’émission n’est pas au point. Enchaînements mal réglés, silences et blancs un peu gênants, et une invitée, Carole Bouquet, visiblement mal briefée et pas trop consciente de ce qu’elle doit faire.
Côté téléspectateur, c’est un peu pareil : les rubriques s’enchaînent mais ne fonctionnent pas ensemble, et du coup il n’y a pas d’idée directrice. L’invité doit faire une performance Actor’s Studio en chantant la météo ou en glapissant les infos (pour un résultat souvent plus gênant que drôle). Un spectateur du public est supposé pouvoir intervenir à tout moment avec son micro, mais ne le fait pas (trop timide, pas poussé comme il le faudrait). La rubrique « A votre avis » consiste en des faits divers énumérés devant l’invité, qui doit donner son avis sur chacun d’eux en quelques secondes (mais pas chronométré). « Il faut qu’on parle » est une sorte d’échange « en aparté » mais apparemment sans questions bien préparées à l’avance. A un moment, l’invité doit expliquer en une minute au « spectateur du public » sélectionné par la prod’, en copains mais en moins de deux minutes, ce pour quoi il est venu faire de la promo… On ne sait pas si tout cela est un jeu, si l’invité accumule des points ou pas. On est paumés, un peu. Du coup, c’est moche à dire, mais moi qui écoute l’émission au casque au travail, je regarde dix secondes avant de changer d’onglet, d’écouter distraitement et de ne pas avoir la moindre curiosité de découvrir ce qui se passe dans les cinq minutes suivantes. Avec les jours, le format évolue un peu, mais c’est toujours un peu le même sentiment général : une sorte de wannabe Late Show (on cherche à avoir le nôtre, en France, depuis deux-trois ans), ponctué de sketches, de chroniques, d’informations sans grand intérêt, et marketé de manière vieillotte (la voix off du générique me rappelle irrésistiblement Qui est qui ?, le plateau est joli mais aurait eu exactement la même tête il y a dix ans, bref c’est du talk show et ça ne révolutionne pas la mayonnaise). Là où l’émission aurait pu jouer à fond sur la personnalité de son animatrice (comme les Late Shows américains le font avec Stephen Colbert, Jon Stewart ou David Letterman) et ne garder l’invité que vingt minutes, elle prend ici son invité en otage pendant une heure d’exercices enchaînés laborieusement. Être passé à deux invités par émission, cette semaine, devrait améliorer le rythme. Mais ça reste un peu pénible…

Les chroniqueurs
C’est à mon sens LE gros point faible de l’émission : les rubriques des chroniqueurs en plateau ne sont pas très claires, et les pastilles humoristiques ne sont pas très drôles. Dorothée Kristy est « l’archiviste » et Laurent Guimier le « journaliste » de l’émission, et au lieu de les confronter sur des analyses passé-présent d’une même actu, on rend leurs rubriques respectives absolument pas complémentaires, pas profondes, pas drôles, et consistant principalement à aller chercher des vidéos et des photos sur le web (pas beaucoup mieux que chez Morandini, donc). Jennie-Anne Walker ne tiendra pas longtemps avec son numéro de québécoise qui n’a jamais entendu parler des invités français et qui ne comprend pas trop les us et coutumes hexagonaux. Charlotte Gabris est soit pas encore bien dans ses marques, soit vraiment mauvaise. Arnaud Tsamère a enfin rejoint la table des chroniqueurs ce lundi, après une semaine passée sur un fond vert, en duplex de cinq mètres derrière Sophia Aram, pour faire ses jeux de mots pourris. La Télécommande d’Elie Semoun ressemble à un mix entre Scènes de Ménage (pour les histoires mises en scène) et Caméra Café (pour le plan fixe depuis un objet vers lequel les protagonistes sont tournés) : pas nullissime mais pas original. Le Cabinet de François Berléand est décalé mais un peu « vieux con » dans l’idée (ça consiste, grosso modo, à dire que la télé-réalité c’est de la merde, que la parité c’est pas facile à atteindre à cause du sexisme, ou que la rentrée littéraire c’est parfois un peu artificiel) : SOS portes ouvertes bonjour.

Le pompage
Outre l’esprit Late Show, #JITVB s’inspire assez fortement de formats existants, consciemment ou non. La Télécommande a clairement été inspirée par les formats « courts » de type Caméra Café ou Scènes de ménage (et pourrait d’ailleurs exister indépendamment du reste de l’émission). Certaines rubriques sont assez confusantes : « A votre avis » ressemble à une interro surprise, et dans la première émission Carole Bouquet croyait qu’elle devait répondre vrai ou faux, et non commenter des actualités bien réelles. En fait, on dirait un peu le News Show de Canal Plus. L’éphéméride de Charlotte Gabris ressemble à une Météo du Grand Journal qui ne s’assume qu’à moitié. Le face à face entre Sophia Aram et l’invité n’est absolument pas exploité comme instant « privilégié » ou en aparté, susceptible par exemple d’évoquer des sujets spécifiquement plus personnels, intimes ou plus drôles que le commentaire d’actualité. A la limite, si #JITVB avait osé inviter des personnalités moins « visibles » (des intellectuels, des historiens, des artistes émergents) pour leur faire commenter l’actualité de manière humoristique et découvrir leur personnalité, on aurait eu une émission moins « redondante » par rapport au reste du PAF. Mais assister à une sorte de Méthode Cauet avec un seul invité en une heure et des chroniqueurs pas très marrants, c’est difficile…

Les informations traitées
Devant la débâcle des premiers jours, le concept de l’émission se précise, le déroulement devient un peu plus fluide, et on insiste donc sur l’actualité, faisant officiellement de #JITVB une sorte de JT décalé. Mais faute de pouvoir faire de bonnes vannes sur l’actualité sérieuse (les blagues sur Angela Merkel, son look et son décolleté étaient d’une assez flagrante platitude, ce lundi), on se rabat sur des actualités insolites, décalées et globalement insignifiantes, genre le record du plus gros cornet de frites battu ce week-end dans le ch’nord, pour meubler. Une opération marketing montée par un restaurateur, en plus, à qui on fait de la pub au passage. Mais surtout une info grotesque, insignifiante, vide de tout sens à critiquer ou commenter. A la limite, l’émission gagnerait à se « thématiser » (avec un boulot éditorial en amont) pour proposer selon les jours les records à la con de la semaine, les exploits sportifs du jour, l’obsession du moment, que sais-je. Mais ce gloubi-boulga informe, sans fond ni forme, sans ambiance géniale ni originalité de traitement, ne permet pas à l’émission de se distinguer.

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La cible
18h, c’est la case casse-gueule par excellence en TV, généralement dédiée à des séries en rediffusion ou des retransmissions sportives. En fait, c’est l’horaire bâtard où les cadres qui putent sur Twitter à propos de l’invité dans Le Grand Journal ne sont pas encore rentrés chez eux, et où les inactifs (retraités, femmes au foyer) sont entre la fin des émissions ou séries de l’après-midi, et le repassage, la préparation du repas, ou whatever. C’est pourtant avant tout à ces inactifs en train de zapper ou d’éteindre la télévision que les programmes de 18h s’adressent. Et non pas aux haters de Twitter qui glandent au boulot et qui attendent des choses beaucoup plus « edgy » que ce qu’on propose aux desperate housewives pas très connectées. Mais voila, #JITVB est à la fois trop pointu pour les ménagères, qui se foutent un peu de savoir pourquoi le dernier cliché Instagram de Rihanna a fait scandale en Asie, et pas assez pointu pour les haters du web, qui connaissent cette info depuis la veille. Faute de pouvoir être à la pointe, il faudrait être particulièrement drôle ou profond dans l’analyse, mais à l’évidence, l’émission pêche encore (ou se cherche ?) à ce niveau-là.

Le France bashing
Au-delà du sexisme dont Sophia Aram fait l’objet, l’un des points faibles de #JITVB, qui la rend perméable à la critique, c’est aussi, et peut-être surtout, sa présence sur le service public. Le service public, en France, c’est nul, c’est forcément caca, c’est tout pourri : en France on ne s’aime pas, on n’aime pas nos champions, nos chaînes publiques, nos rayonnements internationaux. Le service public français, c’est cette branche vieillotte du PAF qui n’ose pas bosser avec Endemol, mettre du fric sur une émission nouvelle ou dérangeante, essayer de faire mieux. Alors quand ils essayent de faire une sorte de Daily Show mais sans John Stewart ni Stephen Colbert, on leur rit au nez, on dit qu’en France on sait pas faire, et que de toute façon même quand l’émission est bonne, recevoir Elie Semoun et Franck Dubosc ça fera jamais autant rêver que de recevoir George Clooney ou Jennifer Lawrence. On aurait mis Sophia Aram à 23h le soir, avec un déroulement d’émission plus clair, qu’elle se serait quand même fait dégommer au niveau des audiences. Parce que notre service public, on lui réclame des magazines originaux, des nouveaux formats, mais quand on les a, on ne les regarde pas, on dit que c’est de la merde, et on ne laisse pas le temps au truc de s’installer. Parce que regarder des séries HBO ou Showtime, ou se foutre de la gueule des agriculteurs de M6, c’est tellement mieux.

Le web
Clairement, depuis la semaine dernière, le web social s’enflamme contre #JITVB, et suivre le hashtag de l’émission vers 18h est une expérience assez triste, consistant à se prendre un énorme flot de désamour dans le tronche, pour une émission certes balbutiante et un peu embarrassante, mais pas bien pire que les magazines matinaux ou de début d’après-midi de la chaîne (auxquels, certes, les haters ne se croient pas destinés, contrairement à #JITVB dont ils espéreraient vraisemblablement que ce soit une sorte de Touche pas à mon poste). Les haters sont souvent bien plus audibles que les soutiens. Le défaut de France 2, ici, est de ne pas avoir vu les signaux d’alerte en amont du lancement de l’émission, l’antipathie apparemment bien établie de la presse média à l’encontre de Sophia Aram, les premiers tweets et articles sceptiques… et donc de ne pas avoir corrigé le tir. On peut imaginer qu’ils lisent désormais les critiques les plus constructives et logiques observées sur Twitter pour faire évoluer l’émission (qui fait déjà un peu moins de peine à regarder/écouter qu’il y a une semaine – chacun, sur le plateau, commence à comprendre son rôle)… J’espère seulement qu’ils ne commettront pas l’erreur suprême de se générer eux-mêmes des tweets positifs émanant de comptes mange-boules fake.

Le manque de boulot ?
Enfin, on a beau être indulgent et bien l’aimer, on peut quand même reprocher à Sophia Aram (et à ses chroniqueurs aussi, parfois) d’être un peu en roue libre et de ne pas beaucoup préparer ce gros bousin. Le Grand Journal est chronométré à la seconde, formaté et limite inhumain, mais au moins ça roule : pas ou peu de blancs, les rubriques s’enchaînent, les chroniqueurs ont (à peu près) lu leurs fiches… Sophia Aram donne parfois l’impression d’improviser, de découvrir son invité ou de ne savoir que cinq infos sur lui, ce qui fait peu comme point d’accroche pour meubler une conversation d’une heure à bâtons rompus. Hier, ça parlait de basket à la suite de la victoire de l’équipe de France à l’Euro, et ça a donné un truc du genre « La France est la nation étrangère la plus représentée dans la NBA aux Etats-Unis, avec 13 joueurs. Donc il y a bien sûr Tony Parker, Joachim Noah, et, euh… bah les autres je les connais pas, hihihihi. Et vous Jérôme Commandeur vous aimez le basket ? Ah non ? Ok. Hihihihi. ». Ok… Bon, les gars, on vous demande pas d’énumérer les 13 noms, hein, mais bon, en connaître la moitié et être capable de dire où ils jouent et s’ils sont en équipe de France, par exemple, ce serait pas mal.

Au final, pas une émission génialissime, mais bon, c’est un talk show de fin d’aprèm’, on s’attendait quand même pas au Saturday Night Live, si ? Brouillonne, pas complètement pro, un peu dure au démarrage, Jusqu’ici tout va bien a plein d’atouts pour se casser la gueule. Mais si France 2 a le courage de faire fuir les annonceurs pendant quelques semaines en attendant que l’émission trouve son ton et son rythme (davantage d’implication des spectateurs présents dans la salle ? un format plus ludique pour l’invité ? faire venir des gens qui n’ont pas de promo à faire mais des choses à dire ?), comme la direction de la chaîne l’a sous-entendu en défendant son animatrice contre le lynchage dont elle est l’objet, on pourrait assister à la douloureuse naissance d’une bonne émission, bien adaptée à sa case horaire, et ayant eu l’humilité d’évoluer face aux critiques. Mais clairement, là, on n’y est pas encore.

4 réflexions au sujet de « Du logique dézingage de l’émission de Sophia Aram »

  1. Donc au fond, on est bien d’accord que le principal problème, c’est l’absence de réflexion préalable et de concept de l’émission?

    Parce que dans n’importe quelle chaîne, un type qui débarquerait en voulant faire une nouvelle émission mais sans aucun concept défini se ferait jeter avant même que l’on songe à le produire.

    Ceci dit, je suis d’accord que la pauvre Sophia Aram ne mérite nullement un tel déchaînement stupide et aveugle.

    Mais soyons honnêtes : #JITVB, c’est pas bon.

    1. On sent le côté News Show / JT Décalé pas complètement abouti : soit par manque de finitions dans la conceptualisation du truc, soit par peur de se prendre une accusation de plagiat dès le premier jour. Mais s’il fallait vraiment isoler un point faible parmi ceux que j’ai énumérés, ce serait les chroniqueurs. A l’époque de La Minute Blonde, de Louise Bourgoin, de Guillaume Gallienne, ou de Bref (en gros, à chaque fois qu’il y a eu un « temps fort » dans l’émission, pastille attendue de tous, en plateau ou hors plateau), tout le monde pardonnait à Michel Denisot d’être un passe-plat qui s’emmerde.

      Des chroniqueurs pertinents aux rôles identifiés et des pastilles comiques réussies, ça te sauve n’importe quel talk show, même quand l’animatrice est un peu stressée au début.

  2. Je suis bien d’accord les chroniqueurs sont terrifiants car chaque chronique se finit par un silence gêné de « ok soit » alors qu’elles devraient nous laisser avec un sourire ou au moins le sentilent d’avoir appris quelque chose. L’enchaînement est aussi pénible car on n’a pas hâte de voir la suite mais plutôt peur… Espérons qu’elle se rattrape car sinon on n’est pas prêt de retrouver ce genre de personnage atypique en tv

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