Take Me To Church

 

Il y a bien sûr la claque du clip, qui tout en étant assez métaphorique, renvoie à une violence bien actuelle avec un réalisme troublant. On pourrait lui reprocher son aspect un peu arty, avec ce noir et blanc stylisé et maniéré qu’on retrouve dans les clips dès qu’un single veut paraître un peu triste et sérieux, ou cette distance un peu froide qui n’est pas sans rappeler les poses qu’affectionnent les artistes pop indé de chez Kitsuné ou Glassnote. Vocalement, on pense aussi un peu à Woodkid. Mais tout cela, c’est un peu occulter le fait que la chanson est bonne : triste, poignante dans son refrain montant en puissance, pont musical plutôt réussi au dernier tiers…

 

Hozier Take Me To Church EP

 

J’ai le goût de la pop triste depuis l’adolescence, et je dois avouer que même si je ne crache pas sur le fun, c’est bien la mélancolie entrevue chez un chanteur ou une chanteuse qui, plus encore que le reste, va me pousser à en savoir plus. Cela fait de moi le pire client de l’industrie musicale actuelle : n’importe quelle attention whore qui saura me faire croire qu’elle a une âme et des failles derrière son masque de paillettes va réussir à m’intéresser. Miley et sa crise d’adolescence, Britney et son regard las, Robbie et sa fausse assurance, Rihanna et sa séduction outrancière, Janet et son sourire plastifié, Whitney et sa dégaine titubante… S’il y a du fun, de la pop et le soupçon d’une détresse intérieure, un chanteur va réussir, à un moment ou à un autre, à me passionner. Ne serait-ce que parce que, une fois de temps en temps, des choses vont transparaître dans un album, une chanson. Le storytelling est roi dans ma « culture » musicale, surtout quand il laisse entrevoir une profondeur sous une surface rutilante. Et donc, la tristesse dans la pop, c’est l’un de mes dadas. Pas quand c’est une posture permanente et larmoyante façon James Blunt ou Hélène Ségara (dans leurs visions les plus caricaturales, dans la mesure où les deux ont essayé de faire des efforts pour sortir du registre dépressif qui fit leur succès), mais quand cela fait partie du package.

 

Hozier

 

Hozier, ça ne fait que quelques jours que je sais qu’il existe. Je sais juste que c’est un irlandais, ancien du Trinity Orchestra qui, d’après les autres contenus de son EP Take Me To Church et de sa chaîne YouTube, part plutôt sur du blues et de la pop alternative, quelque part entre Woodkid et Coconut Records. Il n’y aura donc probablement pas de suite à ce coup de cœur, vu qu’en ce qui me concerne il faut bien sûr un peu d’âme et de fun, mais aussi et surtout être capable d’enchaîner deux ou trois hits pour vraiment retenir mon attention, en règle générale. Mais les envolées lyriques de Take Me To Church vont au moins m’accompagner pour entrer dans l’hiver, et permettront peut-être à d’autres de ne pas oublier les LGBT russes qui, eux, sont entrés dans la nuit.

2 réflexions au sujet de « Take Me To Church »

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