Super Fun Night, super boring ?

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C’était l’une des nouveautés séries de la rentrée attendues au tournant : Super Fun Night, où l’arrivée, tonitruante, à la manière d’une Zooey Deschanel dans New Girl en 2011, d’une vedette émergente du ciné dans sa série « rien qu’à elle », dans laquelle tout est (plus ou moins officiellement) misé sur son charisme et son registre humoristique de prédilection. Ici, c’est donc Rebel Wilson qui a cédé aux sirènes de cette offre de prestige, pour une série comique diffusée sur ABC le mercredi soir, avec pas une concurrence énorme en face (du moins, pas en sitcom).

Et le schéma est le même, donc, que pour Zooey Deschanel : une actrice au charisme un peu atypique repérée dans quelques succès ciné (Deschanel, c’était pour Yes Man, (500) Days of Summer ou Phénomènes, tandis que Rebel Wilson a illuminé de ses performances scene stealing dans Bridesmaids, Bachelorette ou Pitch Perfect), voit une chaîne lui faire les yeux doux pour une série qui la mette en valeur autant que possible (Deschanel avec son personnage quirky, Wilson, espérait ABC, avec un personnage de grosse, grande gueule, qui assume)…

 

 

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Le premier problème, c’est, du coup, que le personnage de Kimmie Boubier n’est pas une grande gueule qui dit des énormités ou des trucs dégueu’ avec un aplomb désarmant : c’est en fait une gentille fille pas très sûre d’elle parce qu’elle a toujours été grosse, manque d’éloquence, se sent peu à l’aise socialement… justement parce qu’elle n’a pas eu l’occasion d’intégrer les codes sociaux cool au lycée ou lors de ses études.

En coloc’ avec ses deux meilleures amies (une asiatique à lunettes et une coach de tennis hommasse, supposées incarner d’autres versions de « la fille gentille mais maladroite parce qu’elle n’a jamais fait ses armes en se mélangeant aux cool kids »), elle prend la résolution de faire de ses soirées des « super fun nights », pour grandir, évoluer, améliorer leur vie sociale.

Une bonne résolution incarnée par une « boîte à idées » dans laquelle les filles puisent le thème imposé du jour (karaoké, bar, speed dating…) et font l’expérience, généralement, de la désillusion. Mais comme on est sur ABC, on est clairement sur de la désillusion saine, positive, dont on tire une leçon, pour faire mieux la fois suivante. Les personnages de la série sont donc appelés à évoluer, à prendre de l’assurance, à élargir leurs cercles sociaux, etc.

 

super fun night ep 2

 

Super Fun Night est donc une série « initiatique » sur le parcours de jeunes filles qui vont progressivement devenir des nénettes cool, différentes mais intégrées socialement. Bon.

Mais comme Rebel Wilson est plus connue pour ses prestations de grande gueule blasée qui dit des horreurs sur un ton monocorde, forcément, on est un peu déçu. La bêtise habituelle consistant à s’attendre à se voir proposer toujours la même tambouille par la même actrice. Gageons que la série trouvera ses marques d’ici quelques épisodes, comme Girls ou New Girl les ont trouvées avant elle.

L’autre souci de Super Fun Night, toutefois, c’est l’intégration artificielle du lieu de travail de Kimmie, certainement supposé créer des interactions avec sa vie privée, que les scénaristes ont tenté d’opérer. Au bout de deux épisodes, on ne voit pas trop ce que cela apporte, les scènes au boulot étant assez anecdotiques (hormis la scène de la jupe prise dans la porte d’ascenseur). Leur seul mérite est de donner prétexte à l’intervention de Kevin Bishop (l’inoubliable William de L’Auberge Espagnole, pour le public français, vu aussi dans le marrant A Few Best Men en 2011), qui servira plus ou moins confusément de love interest pour Kimmie, et de Kate Jenkinson dans le rôle de la supérieure hiérarchique allumeuse et arriviste. Reste que ce sont, pour le moment, les personnages les moins drôles et les moins indispensables au déroulement des épisodes. Il faudra probablement muscler un peu les enjeux de leur présence dans la série.

Au final, Super Fun Night est une semi-déception, d’ailleurs pas très performante au niveau des audiences pour le moment, n’osant pas assez le trash ou le politiquement incorrect qu’on aurait attendu d’une série créée et en partie écrite par Rebel Wilson. Plus que quelques semaines pour convaincre, ABC n’ayant commandé qu’une demi-douzaine d’épisodes pour le moment. Le fait que le pilote ait été jeté par ABC et remplacé in extremis par l’épisode 2 (d’où une impression confuse sur la présentation des personnages) pour sa diffusion en début de mois, et que Super Fun Night soit la remplaçante plus ou moins officielle, sur la chaîne, de la très regrettée Happy Endings, ne joue pas spécialement en sa faveur.

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