Forget your balls, and grow a pair of tits

 

Lily Allen est une chanteuse démodée. C’est du moins ce qu’elle craint et assume à la fois, à en croire son nouveau clip. Hard Out Here, son nouveau single, ne parle pourtant pas tant de cela que de féminisme, de la place assignée aux femmes dans les sociétés occidentales, et encourage les hommes à « grow a pair ». Mais pas une paire de couilles, non, une paire de seins, car si un attribut sexué doit être synonyme de courage, dans ce monde, autant que ce soit un attribut féminin. Ce n’est pas moi qui irai la contredire, même s’il ne faut jamais généraliser et que les petites et grandes lâchetés nous sont communes, à toutes et à tous.

 
I suppose I should tell you
What this bitch is thinking
You find me in the studio
And not in the kitchen
I won’t be bragging ’bout my cars
Or talking ’bout my chains
Don’t need to shake my ass for you
‘Cause I’ve got a brain
If I tell you about my sex life
You call me a slut
Them boys be talking ’bout their bitches
No one’s making a fuss

There’s a glass ceiling to break, uh huh
There’s money to make
And now it’s time to speed it up
‘Cause I can’t move at this pace

Sometimes it’s hard to find the words to say
I’ll go ahead and say them anyway
Forget your balls, and grow a pair of tits

It’s hard, it’s hard
It’s hard out here for a bitch, It’s hard
(For a bitch, for a bitch)
For a bitch, It’s hard
It’s hard out here for a bitch, It’s hard
(For a bitch, for a bitch)
For a bitch, it’s hard
It’s hard out here

You’re not a size six
And you’re not good-looking
Well, you better be rich
Or be real good at cooking
You should probably lose some weight
‘Cause we can’t see your bones
You should probably fix your face
Or you’ll end up on your own
Don’t you want to have somebody who objectifies you?
Have you thought about your butt, who’s gonna tear it in two?
We’ve never had it so good, uh huh
We’re out of the woods
And if you can’t detect the sarcasm
You’ve misunderstood

Sometimes it’s hard to find the words to say
I’ll go ahead and say them anyway
Forget your balls, and grow a pair of tits

It’s hard, it’s hard
It’s hard out here for a bitch, It’s hard
(For a bitch, for a bitch)
For a bitch, It’s hard
It’s hard out here for a bitch, It’s hard
(For a bitch, for a bitch)
For a bitch it’s hard
It’s hard out here

A bitch, a bitch, a bitch
Bitch, bitch
A bitch, a bitch, a bitch
Bitch, bitch
A bitch, a bitch, a bitch
Bitch, bitch
A bitch, a bitch, a bitch
Bitch, bitch

Inequality promises
That it’s here to stay
Always trust the injustice
‘Cause it’s not going away
Inequality promises
That it’s here to stay
Always trust the injustice
‘Cause it’s not going away

Sometimes it’s hard to find the words to say
I’ll go ahead and say them anyway
Forget your balls, and grow a pair of tits

It’s hard, it’s hard
It’s hard out here for a bitch, It’s hard
(For a bitch, for a bitch)
For a bitch, It’s hard
It’s hard out here for a bitch, It’s hard
(For a bitch, for a bitch)
For a bitch, it’s hard
It’s hard out here

 

 

Alors évidemment, on retiendra plutôt le clip, le clin d’oeil à Robin Thicke avec le très joli ‘Lily Allen has a baggy pussy’, celui plus discret à la chirurgie esthétique de P!nk dans le clip de Stupid Girls, les danseuses qui twerkent, les paroles qui pourraient parfois laisser croire à un élan de slut-shaming adressé aux chanteuses qui se livrent sans vergogne à la tendance « chaudasse en body échancré sortie d’un vieux clip de 50 Cent » (Don’t need to shake my ass for you / ‘Cause I’ve got a brain) … Mais à mon sens, ce n’est pas du tout de ça que parle la chanson, et le clip lui-même relève plus du clin d’œil pop et de la gentille moquerie que du véritable jugement de valeur.

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La lecture que je fais du clip est plutôt celle-là : Lily Allen s’est demandée, après quatre années d’absence qui se sont révélées chargées pour elle sur le plan privé (relation avec l’un des Chemical Brothers, grossesse, fausse couche, dépression, hôpital psychiatrique, relation avec Sam Cooper, deuxième fausse couche, septicémie, fiançailles, mariage, bébé n°1, bébé n°2), si elle était encore pertinente sur le marché de la musique pop. Devait-elle perdre ses kilos et redevenir la primesautière quasi-lycéenne de ses débuts ? S’adapter aux nouveaux canons esthétiques ? Assaisonner son sens de la provoc’ avec la provoc’ généralisée d’aujourd’hui ? Comme on peut s’y attendre, elle n’en a rien fait. C’est toujours la petite peste qui se moque des travers des hommes et propose une pop à la fois légère et rageuse, et si elle a quelque chose à penser de la pop actuelle et des exploits de Miley Cyrus, Rihanna, Robin Thicke ou Britney Spears (les plus clairement visés par les petites moqueries de ses clips), ce n’est pas tant que « c’est toutes des putes faut les brûler » que « attention les gars, le twerk ça ne va pas à tout le monde, ça ne vous appartient pas forcément, et au final vous êtes plus comiques qu’autre chose ». Lily Allen elle-même se représente comme ridicule à tenter de suivre ces tendances qui ne lui vont pas, mais fait le plus important : elle s’amuse, et fait le job en livrant de la bonne pop, comme elle aime la faire, sans trop retoucher l’emballage. Elle n’a pas peur des tendances actuelles de la pop : elle sait qu’elle ne peut pas s’y inscrire, alors elle garde son registre à elle, et rit du genre de clip qu’elle se forcerait peut-être à faire si elle avait moins confiance en elle et en sa musique. Et ce ne sont pas ses cinq kilos de grossesse non perdus qui vont l’empêcher de convaincre son public. Elle se retrousse donc les manches parce que, même si l’image et la sensualité se libèrent plus ou moins artificiellement dans les clips, ça reste Hard Out Here for a bitch

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