Ground Floor : Dharma & Greg au bureau

 

 

 

ground floor affiche

Si la sitcom familiale est de retour depuis quelques mois à la télévision US, l’autre grand terrain de jeu des séries à rires enregistrés, c’est bien évidemment le boulot : The Office, 30 Rock ou même les récents Dads ou Sean Saves The World confrontent leurs personnages aux affres du travail, et bien souvent aux incidences que celui-ci a sur la qualité de leurs vies privées. Ground Floor, la nouvelle sitcom de TBS, mise aussi sur cette complémentarité/contradiction entre lieu de travail et expression des aspirations personnelles des personnages. Pas étonnant puisqu’elle est Bill Lawrence, à qui l’on doit deux références du genre, Spin City et Scrubs.

 

 

 

Le pitch :
Brody, jeune banquier de chez Whitestone, passe la nuit avec Jennifer, une jolie fille rencontrée dans un bar. Lorsqu’il découvre que cette dernière travaille en réalité dans le même établissement que lui, mais à un poste bien moins important, leurs mondes entrent soudainement en collision…

 

 

ground floor brody jennifer

 

 

Bon, en gros, c’est Dharma et Greg, mais sur un lieu de travail, quoi. On n’a pas encore droit aux parents hippies de l’un et bourgeois psychorigides de l’autre, mais on y viendra probablement. En tout cas le principe, vieux comme le monde, des opposés qui s’attirent et du choc des cultures, est bien là. Avec en arrière-plan un discours plus ou moins subtil sur la crise et les conflits sociaux.

Il bosse au 34e étage, elle est au rez-de-chaussée (« ground floor »), et l’on se demande s’il pourra concilier ses ambitions et son attirance pour la « fille d’en bas », tandis qu’on ne sait pas trop si elle saura dépasser ses préjugés à l’égard des financiers carriéristes et laisser une vraie chance à ce sympathique jeune requin.

Quelques blogs féministes ont déjà commencé à attaquer la série sur ce pitch, les rapports homme-femme se superposant difficilement de façon neutre à une barrière socioprofessionnelle. On aurait aimé, pour une fois, que ce soit la femme qui bénéficie de la plus belle carrière. Mais dans le fond, les attaques seraient venues quand même, dans ce contexte, vu que la série aurait alors attendu de Jennifer qu’elle « négocie » ses ambitions professionnelles au rabais pour pouvoir se rendre « compatible » avec un gentil branleur, donc bon… Dans un sens ou dans l’autre, ce genre de pitch comique est casse-gueule, alors autant ne pas s’attarder et voir ce que cela donne, concrètement, en termes de rythme et de vannes.

 

 

ground floor

 

Je n’ai vu que le pilote, et comme bien souvent, j’ai trouvé ça moyen drôle : l’exercice du pilote exige de mettre en place le décor, les premiers enjeux relationnels de la série, de situer les personnalités des deux héros, de vaguement mettre en lumière des seconds rôles stéréotypés (collègue asiatique sympa, collègue barbu amoureux de l’héroïne et limite stalker, le roublard mythomane qui réussit plus à pécho en rêve qu’en vrai, le boss paternaliste et fou furieux – ce dernier étant d’ailleurs incarné par le Dr Cox de Scrubs…). Mais il y a aussi des atouts : l’écriture est assez rythmée mais sans chercher à tout prix à enchaîner les one liners, les personnages sont stéréotypés mais avec suffisamment de flou pour leur donner plus de profondeur que les clichés entraperçus (on sent que les auteurs veulent faire quelque chose avec le personnage de Harvard et le « triangle amoureux » qu’il essaye de créer), les deux personnages principaux sont assez lisses mais peuvent également développer un peu plus de folie que ce que l’on a cru voir pour le moment…

Les deux acteurs principaux, d’ailleurs, ne sont pas sans rappeler, physiquement, Becki Newton et son personnage mythique d’Amanda Tannen Summers dans Ugly Betty, et Ted Mosby de HIMYM. Skylar Astin (Brody) m’avait déjà marqué dans Pitch Perfect avec son visage trop mignon de Ted Mosby-like, et Briga Heelan (Jennifer) a déjà été vue dans Cougar Town ou Happy Endings. On croise les doigts pour que leurs préjugés et leurs méchancetés éventuelles s’expriment un peu plus cruellement à l’écran dans les prochains épisodes.

Mais pour ce qui est de l’attachement aux personnages, il y a la matière pour qu’on finisse par sincèrement les aimer, et par se laisser convaincre au bout de quelques épisodes, lorsque les scénaristes leur auront donné un peu plus de matière pour s’exprimer et pour approfondir ou corriger les aspects les plus lisses de leur personnalité.

 

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