Don Jon, le porn ou la vie

 

don jon gordon levitt johansson

Allez. Un dernier post pour 2013 avant d’aller festoyer, prendre d’illusoires résolutions et souhaiter mieux pour 2014. Joseph Gordon-Levitt, intronisé icône du cool au tournant des années 2000 grâce à Mysterious Skin et (surtout) 500 Days of Summer, qui l’a vraiment fait connaître du grand public tout en mettant en place son image de meilleur pote de Zooey Deschanel et le terreau de ses futures collab’ de prestige avec Christopher Nolan ou Steven Spielberg, avait suscité la curiosité en annonçant son premier film en tant que réalisateur, qui serait une comédie romantique traitant de l’addiction au porno. Très James Frco-esque, comme projet (en moins gay). Il y a deux mois, j’avais loupé le coche pour l’avant-première organisée à l’UGC des Halles, qui avait été littéralement pris d’assaut, et je me suis donc rabattu sur la sortie en salles pour découvrir Don Jon.

don jon movie

Le pitch, donc : Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques.
Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant.
Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation.

Le tout servi par une bande-annonce assez sympathique rythmée par la sainte combinaison des italo-américains catholiques et célibataires : My Body, My Pad, My Ride, My Family, My Church, My Boys, My Girls, My Porn.

don jon danza

Le film manque parfois un peu de rythme, mais réserve de vrais bons moments, notamment des dialogues de très bonne facture permettant aux personnages et aux spectateurs de prendre conscience de réalités trop souvent tues, y compris dans les comédies romantiques. Tony Danza est une momie, mais aussi une bonne surprise. Julianne Moore est toujours géniale, et on sent bien que Joseph Gordon-Levitt et Scarlett Johansson s’en sont donnés à cœur joie pour le côté « ghetto love ». Les caméos de vraies-fausse stars de comédies romantiques sont aussi les bienvenus.

don jon johansson

Il est cependant regrettable qu’après avoir passé une partie du film à poser de vraies questions taboues sur le sexe, les relations et la pornographie (pourquoi tout le monde en regarde, pourquoi les mecs en regardent même lorsqu’ils ont une copine, pourquoi est-il socialement valorisant de préférer le « vrai » sexe, pourquoi on peut y trouver plus de plaisir que dans une relation sexuelle avec un(e) partenaire…), Gordon-Levitt prenne le parti de proposer une fin assez « morale », s’épargnant probablement une classification malencontreuse aux Etats-Unis, mais reléguant du même coup le porno au rang de simple addiction pour gamins affectivement immatures. C’est dommage, la liberté de ton du film sur le sujet (assez rare au cinéma US « grand public ») aurait pu permettre de faire exister d’autres points de vue – pas forcément dithyrambiques, hein, juste différents – sur cette industrie et ses produits. Mais ça peut meubler un 1er janvier. Allez, belle soirée.

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