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Berlin Marks World AIDS Day

 

Who Is Britney Jean Spears, And Why Do We Care?

 

 

« What was so magical about watching Britney Spears lose her mind? What people don’t seem to understand is: Britney is never going to strike a chord with an album like 2007’s Blackout again. It was her gritty and experimental hadal zone opus. She executive produced the record and the lyrics; they reflect the chaos that was her life at the time. It’s a dark pop album where everything seems to go right, yet the person who is performing it is being told that her life is going down the wrong path. It was a confusing moment in time that will never happen again. »
(Thought Catalog, 27.11.2013)

Alors que Britney Jean vient de paraître, le web fleurit depuis une semaine d’analyses sur la tracklists et les lyrics de cette nouvelle livraison, mais aussi de questionnements, face à l’aura mondiale d’une superstar de la pop qui, qu’on le veuille ou non, vend de moins en moins de disques au fur et à mesure que sa laborieuse carrière se déroule sous nos yeux. Et si le regard des fans de Britney se résume sans cesse, depuis quinze ans, à regretter la période précédente, c’est peut-être avant tout parce que cette fille n’existe jamais aussi bien que dans nos souvenirs. De ses performances live, on semble retenir qu’elle a une présence de moins en moins énergique, et qu’à la limite, si elle mettait un sosie sur scène à sa place (R. Kelly-style) et venait s’asseoir avec nous dans le carré or, ça aurait pratiquement plus de sens : la légende Spears se construit en clips et en singles, et à ce titre, elle pourrait aussi bien ne pas exister, être un hologramme ou un cyborg. Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est plus l’ado vaguement trash de ses débuts, ni l’épave médiatique de 2007, ni même la post-dépressive figée de 2011. On attend donc de voir dans quelle période britneyienne on entre en cette fin d’année, mais ce qui est sûr, c’est que l’unique combinaison de facteurs et de talents qui donna naissance au très bon album Blackout en 2007 ne se présentera plus… Peut-être faut-il arrêter de regretter des époques révolues et essayer de comprendre pourquoi une daube comme Work Bitch sera culte dans cinq ans.

What Young Gay Men Don’t Know About AIDS

« Why do people refuse to vaccinate their children against measles or whooping cough? In many cases, because they have never seen measles and have no idea what it might do. (For perspective, more than a hundred and fifty thousand people died of measles in the developing world last year.) HIV is far more dangerous than measles, but also much more complicated. HIV is tied up with sex, a basic human need, but also with desire, shame, discrimination, and fear. What twenty-year-old man, enjoying his first moments of sexual adventure, is going to be scared because, ten years before he was born, people like me saw gay men writhe and vomit and die on the streets where he now stands? For a while, in the nineties, gay men were scared, and the statistics showed it. They used condoms regularly, and tested themselves to see if they were infected. Many still do, but others began to weary long ago of the sexual and emotional straitjacket. »
(The New Yorker, 29.11.2013)

Pourquoi les gens (et notamment les gays) se protègent-ils moins du sida ? Pour la même raison qu’ils ne vaccinent plus leurs enfants contre la rougeole : parce qu’ils ne l’ont jamais vu tuer quelqu’un. Malgré la génération dont je fais partie (celle des gens devenus sexuellement actifs alors que les « pires » années de la maladie en occident semblaient passées, notamment grâce aux trithérapies, qui ont eu le mérite de freiner la mortalité des patients contaminés au VIH dans les pays développés, mais le tort de repousser le VIH et le sida dans l’ombre), je suis assez flippé et n’envisagerait pas une seconde d’avoir des rapports non protégés avec quelqu’un avec qui je n’en ai jamais eu et dont j’ignore le statut sérologique. Mais pour certains, si on en croit les études sur les comportements à risques, et sans jugement de valeur de ma part, tout porte à croire qu’une seule journée par an pour parler du sida dans les médias et faire de la sensibilisation et de la prévention, c’est hyper léger. Ce n’est pas parce que, en France ou dans les autres pays d’Europe ou d’Amérique, on a la chance de ne pas crever la bouche ouverte comme le tiers-monde et d’avoir accès aux médicaments, qu’il faut s’en contenter et baisser la garde, laissant des gamins de 19 ans se coller une épée de Damoclès au-dessus de la tête pour toujours juste parce qu’ils croient que la pilule contraceptive protège du sida ou qu’une déclaration de test HIV remontant à six mois est un passeport pour se passer de préservatif. Si la lutte contre le sida existe, c’est pour guérir les personnes atteintes, mais aussi pour que les personnes non-atteintes ne s’exposent pas inutilement. Et ça, ça ne se martèle pas que le 1er décembre.

Désaturer le sexe

« Les gens qui veulent créer le facebook du sexe, l’instagram du sexe, le twitter du sexe, se plantent les uns après les autres, parce que fondamentalement pas grand-monde ne veut bouffer du sexe H24.
[…] Je veux du sexe au milieu de petits chats, de burgers et de chouettes illustrations, parce que ma vie ressemble à ça. Je n’ai pas envie d’aller sur une plateforme dédiée pour trouver des contenus sexuels. Je ne veux pas aller sur un site de cul pour y rajouter encore du cul – quel intérêt ? Une cent millième paire de seins ? La milliardième fellation avec la joue bien tendue ? Bonjour la déprime, franchement. »
(Sexactu, 28.11.2013)

C’est marrant ça, je me posais la question il n’y a pas longtemps. On dit souvent « si ça existe, il y a une version porno qui existe aussi », même si ça s’applique plus souvent aux succès du cinéma « traditionnel », dont on trouve fréquemment un remake X. Mais pourquoi n’y a-t-il pas un Facebook du sexe ? Probablement pour les mêmes raisons qu’il n’y a pas de boutons « tweet this » ou « share on Facebook » sur YouPorn : qui a envie de partager et de dialoguer avec une communauté en ligne sur la pornographie et sur ses sous-branches préférées du genre ? Que ce soit via les réseaux sociaux « traditionnels » (ou la communauté d’amis en place et les conditions d’utilisation jettent généralement le X dans l’opprobre – on est quand même en public, ou quasiment) ou via un réseau social dédié, le porno n’a pas trop la fibre sociale. La logique du X est une logique de contenus, descendante (diffusion par le site hébergeur), à la limite de partage (fichiers peer-to-peer, uploads, dialogues avec les stars du genre), mais pas vraiment de participation : ça reste un truc plutôt intime et solitaire, dont le visionnage rigolard bien gras avec des potes ou ta meuf ou ton mec reste l’exception, et surtout dont le terrain est circonscrit à quelques petites périodes de la vie quotidienne, plus ou moins espacées mais pas destinées à vivre H24 sur une plateforme où la participation s’étendrait à plus que de la consommation de contenus. Il y a des choses dont on ne parle simplement pas. Pas parce qu’elles sont honteuses, mais plutôt parce que ce n’est pas leur sens : on n’a pas besoin des likes, de la validation ou de la condamnation, explicite ou non, de nos potes, pour consommer du X ou vivre sa fanitude de François Sagat, de Katsuni ou de Damien Crosse. Pas besoin d’un réseau social uniquement dédié à cela, en tout cas.

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