29

madonna cocktail

 

Un an de plus, c’est devenu pour moi synonyme de plusieurs choses, mais surtout d’une, ici : prolonger la tradition du billet numérotée, piquée il y a quelques années chez le papa-blog de Matoo. Cette année, c’est pas encore la quille, mais on s’approche. Du coup, c’est pas encore la déprime, mais les questionnements affluent, dont le plus lourd qui soit, fin de décennie oblige. Qu’ai-je fait de mes 20 ans ? J’entrerai ce soir dans ma 30ème année, et comme à peu près tout le monde avant moi, l’approche des trente ans va m’amener à l’un des premiers bilans de mon existence. A 30 ans, je regarderai la décennie écoulée derrière moi et me demanderai quels moments retenir, quelles années furent les meilleures, de quelles réussites je pourrai me targuer. A 29 ans, peut-être parce que je ne suis pas inspiré, ou peut-être parce que je me suis vraiment laissé porter par les évènements, incapable de définir ce que je voulais vraiment faire, j’ai tendance à trouver le palmarès de ma vingtaine un peu maigre. Heureusement que ce n’est pas fini. En bon procrastineur que je suis, je me dis que c’est bien typique de mon fonctionnement habituel, d’attendre le dernier moment pour accomplir des choses pour lesquelles je disposais, au départ, de dix fois plus de temps.

 

2014 s’est logiquement imposée, ces derniers jours, comme une année pleine de résolutions, et en fin de compte je ne me suis décidé à en prendre aucune. Il y a tant à faire pour rendre sa vie plus intéressante, plus gaie, plus agitée, plus reposante, plus drôle, plus émouvante, plus riche. Tout cela se contredit, alors on prendra les envies une par une, comme chaque année, et le 31 décembre on se dira qu’on a encore passé une année sans avoir eu le courage d’aller faire du « sport » plus de deux semaines d’affilée ni atteint le stade enviable du rythme de croisière professionnel (tu sais, ce moment où on est à la fois payé comme on veut, occupé comme on veut, intéressé comme on veut et stable comme on veut), mais qu’on a bien bouffé des Kinder Bueno vautré devant 2 Broke Girls. Mais je commence à grandir, quand même, à accepter enfin cette idée que je connais depuis des années mais que ma tête a toujours refusé, par paresse ou par rêverie, de considérer comme utopique : que ma vie ne va pas devenir géniale, posée, adulte toute seule, du jour au lendemain, qu’elle ne va pas me tomber dessus par miracle, et qu’elle a, en fait, déjà commencé. Même si c’est parfois dur de se dire qu’on vit à presque 30 ans comme un post-ado de 20 ans en troisième année d’études. Un peu plus mûr qu’à 18 ans, mais tellement mal dégrossi, incapable d’avoir une vision claire du futur, du fric de côté et une relation apaisée avec ses casseroles personnelles.

N’empêche que ces 29 ans vont être décisifs, d’une manière ou d’une autre, pour mon moral et mon estime de moi. Je sais que c’est bête, normatif et inutile, mais quand même : je me suis toujours dit qu’à 30 ans, ma vie serait sur ses « rails ». Autrement dit, si à 30 ans je suis toujours un post-ado pas dégourdi ne parvenant pas à trouver sa vie épanouissante, il y a peu de chances que cela change jamais. Si je veux rester un peu curieux de connaître la suite de l’histoire, il va falloir que des choses se mettent en place dans les douze prochains mois. Des surprises, des changements, des rencontres, des voyages, des événements. Le problème (le même que tous les ans) étant de savoir ce que j’attends de cette année, ce que je veux. Alors, bon, faute d’idées, on va commencer par aller à la piscine au moins une fois par semaine, histoire que la pesanteur ne termine pas avec mon ventre ce que la junk food a déjà bien entamé.

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