F For You

 

Ça faisait un moment qu’on n’avait plus trop de nouvelles de Mary J. Blige, qui n’a plus vraiment fait parler d’elle depuis son album My Life II… The Journey Continues (Act 1), en 2011. D’ailleurs même à ce moment-là, on n’avait pas trop entendu parler d’elle, ce dernier opus n’ayant pas trouvé son public fait date malgré son statut officiel de « suite » de l’album culte My Life, son deuxième album sorti en 1994 (enfin culte, ça dépend pour qui, hein). On me signale à l’oreillette l’existence d’un album de Noël pondu par Mary en 2013, mais bon, on sait bien que ce genre de produit n’a quasiment aucune chance de se vendre chez nous, où le rapport à Noël (et aux albums musicaux de Noël) n’est pas du tout le même qu’aux États-Unis. C’est Disclosure qui va (peut-être) la remettre sur le devant de la scène avec F For You, un nouveau single pop dance lancé aujourd’hui et qui a déjà fait deux fois le tour de la blogosphère musicale.

 

 

Mais Disclosure, c’est quoi ? Enfin, je veux dire, à part des gars qui aiment faire des pochettes de disques avec des dessins creepy sur des visages photographiés ?

 

Disclosure_F_for_You

Disclosure_Settle

 

 

 

Bah c’est un peu les nouveaux Daft Punk. Ou les nouveaux Chemical Brothers. Ou les nouveaux [glisse ici le nom d’un groupe électro qui a marqué une année musicale avec son premier album]. Disclosure, ce sont deux frères anglais, Guy et Howard Lawrence, nés respectivement en 1991 et 1994 (des enfants, quoi), qui ont sorti en juin dernier leur premier album, Settle, porté par une presse musicale à genoux et un deuxième single, White Noise, en duo avec AlunaGeorge (un autre duo electro adoubé par la scène hipster) qui est devenu un énorme tube au Royaume-Uni.

 

Dans une musique électro qui, sur son versant commercial, verse de plus en plus dans la pop et les autres styles musicaux, Disclosure se distingue en ratissant large, invitant des chanteurs sur à peu près tous leurs titres, et construisant leurs chansons sur le même schéma que les singles de variété les plus classiques : refrain/couplets, plutôt que beat et mélodie montant crescendo. Les communautés et les chapelles musicales se rapprochent, fraternisent, trouvent des terrains d’entente, des artistes et des chansons à aimer tous ensemble dans le grand bain mainstream. Merci Daft Punk, les Chemical Brothers, les Basement Jaxx, C2C, Calvin Harris, The Prodigy, ou donc Disclosure. Enfin tous les mecs qui font de la synchro et se feront des fouilles en or grâce aux royalties publicitaires des marques de voitures ou de lessive. On ne sait plus trop, à force.

 

 

D’ailleurs, ils seront ce week-end en compétition contre Calvin Harris et Daft Punk pour le Grammy Award du meilleur album électro. Ils ont peu de chances de l’emporter, en revanche ils devraient faire un tabac aux prochains Brit Awards. Pour Mary J. Blige, qui n’a plus guère été à la fête dans les charts mondiaux depuis Be Without You en 2005 (ou, si on est sympa, son featuring sur la reprise de One, de U2, en 2006), F For You est peut-être l’opportunité de regagner en visibilité et en hipness, histoire de refaire un ou deux tubes solo, voire une petite tournée mondiale à succès, et de sortir de sa dynamique de featurings hip-hop, dans laquelle elle tourne un peu en boucle depuis dix ans (une cinquantaine d’apparitions en guest sur des titres d’autres artistes depuis 2004) (c’est plus que Rihanna ou Meuwahia Carey)…

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