Sawyer s’est lavé et rasé (mais n’a pas atterri dans une bonne série)

intelligence meghan ory cbs

On ne savait pas trop ce que devenait Josh Holloway depuis la fin de Lost. Bizarrement, la plupart des troisièmes couteaux de la série-culte de JJ Abrams ont depuis réussi à se maintenir via des apparitions et des seconds rôles ici ou là dans d’autres séries, pendant que les « stars » de la séries (Matthew Fox, Evangeline Lilly et donc Josh Holloway, le triangle amoureux « central ») ont de leur côté sérieusement galéré à exister (ou alors, ont cherché à se faire discrètes ?) (c’est un peu con). A leur décharge, les tentatives de Terry O’Quinn (666 Park Avenue) et Dominic Monaghan (Flashforward) pour revenir sur le devant de la scène dans une grosse série tête de gondole se sont sévèrement viandées, ce qui n’encourage pas forcément à se jeter sur le premier projet venu.

C’est donc avec un certain étonnement que je vois Josh Holloway revenir, en ce début d’année 2014, dans une série au pitch aussi con :

Gabriel Vaughn est un agent très spécial à l’intelligence augmentée. Grâce à une puce intégrée dans son cerveau, il peut se connecter à l’ensemble du spectre électromagnétique : Internet, Wi-fi, téléphone, satellite. Une révolution technologique qui lui permet d’accéder à une mine d’informations et de détourner les pare-feux les plus redoutables. Un tel élément peut être assigner à des missions de la plus haute importance. Mais aussi être une arme très convoitée. Lillian Strand, à la tête de cette agence gouvernementale à la pointe de la technologie, engage Riley Neal, l’un des meilleurs éléments de l’équipe de sécurité Présidentielle, pour protéger Gabriel, assurer ses arrières et le recadrer au besoin lors de ses interventions à l’extérieur. Plutôt téméraire, le jeune homme peut en effet se montrer assez imprévisible et ignorer le protocole. (Allociné)

Je passerai sur le fait qu’un élément puisse être assigner avec -er, ou que Lilian Strand soit à la tête de « cette agence gouvernementale » dont il n’avait pas été fait mention jusqu’alors, pour me concentrer sur l’aspect ridicule d’une technologie de ce type, genre indétectable, pas traçable, et ne fournissant pas le début d’une miette d’explication sur la manière dont la puce sélectionne et « traduit » les informations hackées auxquelles elle a accès, une fois ces dernières reçues dans la cervelle du malheureux Gabriel : il voit des lignes de code défiler devant ses yeux ? une voix lui lit les e-mails de ses voisins ? son cerveau est modifié aussi pour être capable de traduire les codes informatiques en rapports de piratage bien lisibles ? Comme ça se passe ?

intelligence josh holloway

A la fois trop ambitieux dans son principe et trop paresseux dans son exécution, le concept d’Intelligence nous donne l’impression de regarder une série d’anticipation, sur un futur tel qu’on le fantasmait dans les années 80, mais sans la capacité de faire intelligemment le lien, de plus en plus courant ces dernières années dans les bonnes séries de SF, avec les technologies et le vocabulaire que nous connaissons déjà : on se sent aussi éloigné et déconnecté de cet Homme qui valait 3 milliards que des voitures volantes des films supposés se dérouler au 23ème siècle. Mais comme Intelligence est supposé se dérouler de nos jours… Résultat, les super agents jargonnent dans le vide dans le but à peine dissimulé de bullshiter le téléspectateur, les seconds rôles n’ont pas vraiment de personnalité ou d’humour pour exister au-delà de leur fonction professionnelle, les héros ont la mono-expression (sourcils froncés en quasi-continu) des mauvaises séries d’action qui se prennent au sérieux et, comble du malaise pour une série qui se veut hyper technologique, c’est visuellement cheap. Après tout, même quand on a peu de moyen, il est possible de ne pas trop en montrer à l’écran et de limiter la casse (cf. Orphan Black) ou de s’en tirer avec un humour assumant son identité de série B (Jake 2.0, Chuck). Mais là, on se croirait en 1995, et les poncifs du chinois méchant pour ajouter un peu de tension diplomatique, de la femme morte mais en fait non (Zuleikha Robinson, la meuf qui jouait Roya Hammad dans la saison 2 de Homeland), du projet ultra-secret Clockwork qui est tellement ultra-secret que c’est écrit en énorme sur une enseigne à l’entrée du bâtiment, ou encore de la tension sexuelle surlignée au fluo entre le héros taciturne et blessé à l’intérieur et la jeune agent des services secrets qui a la moitié de son âge (Meghan Ory, la jolie Ruby de Once Upon A Time), nous mettent carrément dans le bain d’une vieille mauvaise série de la Trilogie du samedi, dont les seuls éléments nous indiquant qu’on est bien en 2014 sont les fringues et les smartphones des personnages.

A zapper ? En ce qui me concerne, oui, je pense, même si je vais tenter de regarder au moins trois épisodes avant de jeter l’éponge : ce n’est tout simplement pas assez bon, assez original ou assez addictif, a priori, pour venir s’ajouter à mon planning déjà bien chargé en séries.

Une réflexion au sujet de « Sawyer s’est lavé et rasé (mais n’a pas atterri dans une bonne série) »

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